Premier joueur exceptionnel au Québec, Joe Veleno ne regrette rien: «Je savais que ce statut me suivrait toute ma carrière»


Kevin Dubé
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En 2015, Joe Veleno est devenu le premier joueur de la LHJMQ à demander puis obtenir le statut de joueur exceptionnel, ce qui lui a permis de débuter sa carrière junior à 15 ans, plaçant ainsi sur lui des attentes astronomiques. 10 ans plus tard, le nouvel attaquant du Canadien ne regrette rien de cette décision et assure qu’il referait exactement la même chose.
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Veleno demeure à ce jour l’un des neuf joueurs à avoir obtenu cette permission spéciale dans la Ligue canadienne de hockey, en plus de John Tavares (2005), Aaron Ekblad (2011), Connor McDavid (2012), Sean Day (2013), Shane Wright (2019), Connor Bedard (2020), Michael Misa (2022) et Landon DuPont (2024).
Du lot, il n’y a que Sean Day qui n’a pas réussi à percer, ne jouant que deux matchs dans la LNH. Il a passé la dernière saison en Suède. Il faudra également attendre de voir ce qu’accompliront Misa et DuPont dans la grande ligue.
Mais bref, quand Veleno a obtenu ce statut, il n’était que le cinquième à y parvenir, et trois des quatre premiers étaient devenus des vedettes dans la LNH en Tavares, Ekblad et McDavid.
«Ce statut amène de la pression, c’est certain, a-t-il reconnu lors d’un entretien téléphonique accordé au Journal, vendredi. Je savais que ça me suivrait toute ma carrière et que les gens allaient se rappeler de moi comme du premier exceptionnel au Québec. Mais c’est ça, le hockey. Ça vient avec de la pression et de gros moments. J’étais préparé mentalement à accepter ça.»

En fin de compte, il n’est peut-être pas devenu un premier choix au total comme les trois joueurs mentionnés plus haut, mais il a tout de même été repêché dans la LNH et y a joué de manière régulière lors de la majorité de ses quatre dernières saisons.
Si c’était à refaire, il débuterait encore sa carrière junior à 15 ans, assure-t-il.
«Mes années juniors ont été l’une des plus belles expériences de ma carrière, et j’y ai créé de nombreuses relations avec des gens à qui je parle encore. Avec le changement de règlement, j’aurais peut-être décidé d’aller dans la NCAA à 18 ou 19 ans, je ne sais pas. Mais j’ai vraiment eu de belles années dans la LHJMQ.»
Changer d’identité
En 230 parties dans la LHJMQ, Veleno aurait inscrit 266 points, dont 104 lors de sa dernière année avec les Voltigeurs de Drummondville, en 2018-2019.
Joueur offensif depuis son très jeune âge, il a toutefois frappé un mur en arrivant chez les professionnels.
«Quand tu arrives dans la LNH, tous les gars que tu as affrontés ont eux aussi fait 80, 90 ou 100 points dans le junior. Je suis arrivé dans une équipe, à Detroit, où on m’a demandé de jouer un rôle plus défensif.
«Ç’a été difficile à accepter au début, avoue-t-il. Dans la Ligue américaine de hockey, je jouais 20 minutes par match et j’étais utilisé en avantage numérique et en désavantage numérique.»
De la fierté
Mais avec le temps, il a compris que ce serait le rôle qu’il devrait jouer s’il espérait faire carrière dans la meilleure ligue au monde.
«Je retire maintenant beaucoup de fierté à jouer un style plus défensif. Tu regardes les séries et tout le monde doit être capable d’être responsable défensivement. Ce que je veux être, c’est un joueur complet, un gars qui peut être responsable défensivement tout en amassant des points à l’occasion.»
C’est d’ailleurs ce qu’il espère faire à Montréal.
«Ils ont perdu des gars comme Christian Dvorak et Joel Armia qui faisaient que, l’an passé, leur désavantage numérique était vraiment bon. Je pense qu’il y a une opportunité là pour moi. Je pense que je peux faire ce travail», mentionne-t-il, lui qui a également redoublé d’ardeur cet été afin de s’améliorer au cercle des mises au jeu.