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Poutine joue le tout pour le tout

L’artillerie ukrainienne pilonnait des positions russes hier à un lieu non divulgué par l’armée.
L’artillerie ukrainienne pilonnait des positions russes hier à un lieu non divulgué par l’armée. Photo AFP
Photo portrait de Normand Lester
2022-09-22T09:00:00Z

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Poutine annonce une mobilisation de 300 000 militaires et menace l’Occident de représailles nucléaires.

Biden à l’ONU a dénoncé les « menaces irresponsables » de Poutine. Le recours à des armes nucléaires tactiques, bien qu’improbable, ce n’est pas à exclure totalement.

Le leader de l’opposition russe emprisonné, Alexeï Navalny, croit que la mobilisation va mener à « une énorme tragédie ». Le chancelier allemand, Olaf Scholz, parle d’un « acte de désespoir » de Poutine.

L’escalade et la menace nucléaire sont destinées à miner la détermination de la coalition internationale pro-Ukraine déjà ciblée par les interruptions de livraisons de gaz russe. On verra le printemps prochain si le manque d’énergie russe va avoir une influence sur les opinions publiques occidentales.

L’ordre de mobilisation s’applique aux soldats et sous-officiers réservistes de moins de 35 ans, aux officiers subalternes de moins de 45 ans et à certains militaires spécialisés âgés jusqu’à 65 ans. C’est donc que les mercenaires et les volontaires (dont des criminels emprisonnés) recrutés par Poutine sont insuffisants pour contenir les Ukrainiens. Les forces russes sont déployées sur une ligne de front de plus de 1000 kilomètres. 

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Des services de renseignement et des analystes militaires occidentaux estiment que les forces armées russes ont eu des pertes pouvant atteindre plus de 80 000 militaires tués, blessés, faits prisonniers ou qui ont déserté.

300 000 militaires pour quoi faire ?

Si les Ukrainiens maintiennent la pression, ce qui est probable, la Russie ne sera pas en mesure d’utiliser ses 300 000 soldats pour renverser la situation.

Ça va être difficile et compliqué d’intégrer ces nouveaux appelés dans des unités largement épuisées, désorganisées et démoralisées, manquant d’officiers expérimentés, dont beaucoup ont été tués ou blessés. Ces renforts manqueront aussi d’équipements, comme des véhicules blindés, des missiles, des roquettes et des munitions, perdus au combat ou autrement inutilisables.

Enfin, le faible moral des troupes russes actuelles de première ligne est susceptible de se propager aux nouveaux arrivants. Les pertes ont été tellement grandes en six mois de guerre que les mobilisés auront l’impression de n’être que de la chair à canon.

Et la déprime pourrait être amplifiée si l’opposition à la guerre prend de l’ampleur en Russie.

Poutine : la menace intérieure

L’opposition russe a appelé à des manifestations contre la mobilisation à travers le pays. Plus de 1300 manifestants ont été appréhendés hier lors de rassemblements anti-mobilisation. L’agitation se propagera-t-elle suffisamment à l’extérieur de Moscou et de Saint-Pétersbourg pour menacer le régime ? C’est à voir.

Le danger pour Poutine pourrait également venir des forces armées et des services secrets d’où parviennent des échos de tensions et d’exaspérations grandissantes. Assez pour forcer son départ ?

Pour contrer les succès ukrainiens sur le champ de bataille, Poutine a aussi décidé d’annexer à la Russie quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia). Il espère ainsi éviter des contre-attaques ukrainiennes qui viseraient alors le territoire de la Russie, qu’il considérerait comme une escalade majeure du conflit. Comment Zelensky et l’OTAN relèveront-ils le défi ?

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