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Alouettes: pourquoi ne pas vendre?

Danny Maciocia, répondant aux questions des journalistes hier, lors de la présentation du nouvel entraîneur-chef des Alouettes de Montréal.
Danny Maciocia, répondant aux questions des journalistes hier, lors de la présentation du nouvel entraîneur-chef des Alouettes de Montréal. Photo Pierre-Paul Poulin
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2022-12-21T10:00:00Z

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Les avocats qui gèrent la succession de Sid Spiegel sont d’odieux stratèges. Ils ont laissé Danny Maciocia se débrouiller avec le dossier du départ de Mario Cecchini pendant le point de presse confirmant l’embauche de Jason Maas au poste d’entraîneur-chef. 

La question a été posée à la 16e minute de la séance d’information. 

« Vous connaissez mes sentiments pour Mario, a répondu Maciocia.

« Ce n’est pas caché, ce n’est pas un secret. Vous savez comment je me sens. Mais aujourd’hui, c’est une journée où on embauche un entraîneur en chef et je pense que le focus devrait rester sur l’embauche de l’individu qui va nous amener au prochain niveau.

« Ce n’est pas que je ne veux pas répondre, mais c’est une belle journée pour les Alouettes de Montréal. Et, je vous dirais que, probablement, Mario Cecchini espérait ce genre de réponse », a continué Maciocia, mot pour mot.

Propriétaires dysfonctionnels

Par cette réponse, le directeur général des opérations football des Alouettes parlait le langage de la compagnie pour une entreprise qui n’a rien à foutre de cette équipe, de ses partisans, des Montréalais et des Québécois.

C’est tout ce que Maciocia pouvait faire, du moins pour l’instant. 

Il reste dans le nid en raison de sa passion pour le football et de son attachement pour les Alouettes. Mais il n’est pas dit qu’il s’accrochera toujours.

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L’équipe est dirigée par des partenaires pour la plupart inconnus et dysfonctionnels. On connaît Gary Stern, mais personne d’autre.

Son beau-père Sid Spiegel est décédé avant d’avoir vu son équipe jouer. Quant à Stern, il a été écarté des opérations de l’équipe par la succession, en août dernier. Il semble que ce soit la pagaille entre les deux camps.

Jeté comme une vieille chaussette

Si aucun communiqué n’a été émis à ce jour pour annoncer le non-renouvellement du contrat de Cecchini, c’est parce que les avocats de la succession n’en voient pas la nécessité.

C’est sans remords ni vergogne qu’ils ont envoyé Maciocia se dépêtrer devant les journalistes, hier.

Les Alouettes viennent loin dans les priorités de la famille Spiegel. Elle n’a assisté qu’à un match depuis qu’ils ont hérité de l’équipe.

Mystère total

À ce compte-là, on se dit qu’elle n’a qu’à vendre si elle ne tient pas à s’impliquer.

C’est la solution, c’est ce que tout le monde dit dans l’entourage de l’équipe.

Personne ne comprend.

Tout le monde sait que les Alouettes ont connu rarement des années rentables depuis leur résurrection en 1996.

Tout ce que l’organisation possède, c’est des uniformes et l’équipement des joueurs. Tout le reste est loué.

Le stade Percival-Molson, les locaux des opérations football et le terrain d’entraînement au Stade olympique, ainsi que les bureaux administratifs, coin Robert-Bourassa et Sainte-Catherine au centre-ville.

Le pire est-il à craindre ?

Il en a toujours été ainsi, mais il y a eu des époques où le produit se portait à merveille. Les Alouettes ne roulaient pas sur l’or, mais ils donnaient un très bon spectacle.

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Dans les années 1970, ils ont participé à six matchs de la coupe Grey en 12 ans sous la direction de Sam Berger.

Le bonhomme n’était pas gratteux. Il a sorti les dollars pour embaucher des gros noms comme Johnny Rodgers et Tom Cousineau.

Son équipe était dirigée professionnellement sur le terrain par le grand Marv Levy, le meilleur entraîneur à n’avoir jamais gagné le Super Bowl.

Larry Smith a rebâti la concession brique par brique lorsque Bob Wentehall a fait appel à ses services pour relancer le football canadien à Montréal.

Aujourd’hui, les Alouettes sont de retour où ils étaient quand le commissaire de la Ligue canadienne, Randy Ambrosie, a trouvé deux personnes qui nous étaient totalement inconnues pour s’en porter acquéreurs.

Ça ne sent pas bon, cette histoire.

Si cette équipe a disparu une fois, rien ne dit que ça ne pourrait pas arriver une deuxième fois.

Un sage, ce Constantin

Danny Maciocia a tendu une perche à Glen Constantin, mais l’idée de l’entraîneur des champions de la coupe Vanier était faite.

Quel aurait été l’intérêt de Constantin de quitter le poste d’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval pour tenter sa chance avec les Alouettes ?

S’il avait su ce qu’il sait maintenant, Danny Maciocia aurait fait comme son bon ami Constantin. Il n’aurait pas quitté les Carabins de l’Université de Montréal.

Non aux Wetenhall

Maciocia s’était juré de ne jamais travailler pour la famille Wetenhall lorsqu’après quelques rencontres infructueuses au fil des années, celle-ci lui avait offert la présidence de l’équipe.

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Il avait été insulté que les Wetenhall ne veuillent pas l’embaucher pour ses connaissances de football. Avec la venue des nouveaux propriétaires en 2020, l’occasion semblait belle.

Maciocia avait confiance au duo Spiegel-Stern, tout comme son bon ami Mario Cecchini. Les deux compères avaient carte blanche pour faire leur travail.

C’était parfait !

Aujourd’hui, Cecchini se retrouve au chômage, même s’il n’est pas à plaindre financièrement. Il tenait à relancer les Alouettes et à ramener la coupe Grey à Montréal.

Maciocia va tenter d’y arriver.

À condition qu’il obtienne les moyens financiers pour mener son équipe à bon port.

Quand un confrère lui a demandé hier s’il pensait avoir la latitude budgétaire pour garder ses meilleurs joueurs et embaucher des joueurs autonomes, sa réponse traduisait bien la situation dans laquelle il se trouve.

« Je dirais oui, je pense que oui, je te tiens au courant », a-t-il répondu avec un sourire.

C’est ce qu’on appelle de l’improvisation.

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