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Pourquoi le Canadien ne s’est-il jamais payé un Juan Soto?

Riley Barber est l'un des 70 joueurs que le Canadien a embauchés comme joueur autonome au cours des 10 dernières années.
Riley Barber est l'un des 70 joueurs que le Canadien a embauchés comme joueur autonome au cours des 10 dernières années. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-12-10T00:00:00Z

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Quand c’est la saison morte, c’est Noël pour les partisans des glorieuses équipes de la MLB. De grandes vedettes vont s’ajouter au club qu’ils chérissent. Quand arrive la même période dans la LNH, les partisans des Glorieux, le Canadien, savent que ce sera encore ultra plate et que peut-être qu’un gars dont on n’avait jamais entendu parler et dont on n’entendra jamais parler se joindra au club.

• À lire aussi: Juan Soto signe le plus gros contrat de l'histoire du sport: 765 beaux millions $

Le Canadien et les Mets de New York, qui viennent d’accorder un contrat de 765 M$ à Juan Soto, se ressemblent beaucoup.

Depuis un peu plus de 30 ans, les deux équipes n’ont jamais remporté les grands honneurs.

Les deux clubs vivotent la plupart du temps dans le bas du classement.

Seulement deux fois, les Mets ont atteint la finale depuis leur dernier championnat en 1986. C’est trois fois pour le Canadien, qui l’a gagnée une fois.

Ce n’est pas la joie pour les Mets depuis 30 ans. La pression est forte. Les partisans sont impitoyables. On a vu des joueurs insulter des partisans.

Comme New York au baseball

Ce n’est pas non plus la joie de jouer pour le Canadien depuis 30 ans. Les partisans sont aussi exigeants. Pour les athlètes qui veulent passer incognito à l’extérieur de la glace, ce n’est pas évident, Montréal. Comme New York au baseball.

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Pourtant, les Mets n’ont eu aucun problème à convaincre l’un des plus grands joueurs au monde de s’entendre avec eux.

C’est 765 M$ de raisons convaincantes, vous allez me dire. C’est vrai. Mais Soto avait plusieurs offres mirobolantes devant lui. Il aurait pu aller ailleurs pour un salaire comparable.

Photo Getty Images via AFP
Photo Getty Images via AFP

Il a choisi les Mets. Il sait que le propriétaire veut tout faire pour gagner et ça lui plaît.

J’ai commencé à lire le bouquin Le CH et son peuple, du journaliste Brandon Kelly. Je connais plutôt bien l’histoire du Canadien, mais vous comprenez que lorsqu’on les appelle les Glorieux, ça sonne bizarre pour moi. J’avais cinq ans lors de la dernière Coupe. Je ne me souviens de rien de ces années, sauf qu’un gars des Rangers s’appelait Jeff Beukeboom. Il était méchant et il avait un nom drôle.

Bref, chères générations qui ont plus de 40 ans, je suis jaloux des belles années que vous avez vécues avec le CH.

Je sais très bien que gérer une équipe de baseball dans la MLB est différent d’une équipe dans la LNH. Il n’y a pas de plafond salarial officiel au baseball. Les plus riches peuvent se payer les joueurs qu’ils veulent.

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Triste, le pouvoir d'attraction

Cela étant dit, il y a quelque chose de triste quand je regarde le pouvoir d’attraction de la Sainte-Flanelle.

On voit, au baseball, une équipe aussi triste que les Mets réussir à attirer le joueur autonome le plus convoité.

On voit les plus gros marchés de baseball, les Yankees et les Dodgers, aller chercher des vedettes chaque année.

Et au hockey, un des plus gros marchés, Montréal, n’a signé aucune super-vedette depuis ma naissance. Je parle d’un joueur étoile. Le plus important a été Brian Gionta, il y a 15 ans. Il n’avait pas fait plus de 60 points durant les trois années qui ont précédé son arrivée à Montréal.

Photo d'archives, Martin Chevalier
Photo d'archives, Martin Chevalier

Depuis 10 ans, le Canadien a offert environ 70 contrats à des joueurs autonomes. Les meilleurs qui ont été là plus d’un an ont été David Savard et Ben Chiarot. Sinon, ce sont des Riley Barber, Brandon Baddock et Zach Redmond.

Le 1er juillet ce n’est jamais excitant dans le plus beau, glorieux et gros marché de hockey au monde. Le Canadien n’est jamais là. Si on veut attirer une vedette, on espère qu’un directeur général d’une autre équipe sera assez épais pour l’échanger avant qu’elle brille ou on va en chercher une de 38 ans.

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Ou on l’obtient car personne d’autre ne la veut, comme Patrik Laine.

Je ne dis pas que le Canadien devrait aller chercher une vedette au plus vite dans n’importe quel contexte. Je dis plutôt que ce n’est pas normal que ce ne soit jamais arrivé et que les amateurs méritent plus que ça.

Ce n’est pas le temps pour le Canadien de se tirer dans le pied en accordant un énorme contrat à une vedette alors que l’équipe n’est pas prête à gagner. Mais ce qui est triste, c’est de constater à quel point ce n’est jamais arrivé. C’est ça qui dénature l’image glorieuse qu’on a jadis attribuée au Canadien. Les vedettes n’ont pas tant le goût de venir ici.

Ça risque d'être long

La plupart des équipes ont eu plus de succès que le Canadien pour attirer des joueurs autonomes. Ça ne vire pas toujours bien, au contraire.

Mais une chance que les Panthers avaient Sergei Bobrovsky l’an dernier, pour soulever la Coupe. Une chance que les Golden Knights avaient Alex Pietrangelo, l’année précédente, pour être sacrés champions. Je ne crois pas que ces signatures de joueurs autonomes ont été regrettées.

Toutes les raisons du monde peuvent avoir justifié que le Canadien n’a pas attiré de vedettes: on est en reconstruction, on a donné tout l’argent à Price et Weber, on ne veut pas surpayer des joueurs le 1er juillet, on veut avoir de la flexibilité sur la masse salariale, les joueurs ne veulent pas jouer au Canada, la pression est trop forte à Montréal...

C’est vrai. Mais ce n’est pas la faute des amateurs qui paient le salaire de tout ce monde-là. Il est temps que ça change. Et c’est un objectif de Martin St-Louis et Kent Hughes, soit de changer la perception des joueurs vis-à-vis de Montréal.

Parce qu’il n’y a rien de glorieux dans une équipe qui n’attire jamais une seule vedette. Et ça risque d’en prendre avant longtemps une si l’équipe veut atteindre le prochain niveau.

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