Pourquoi la camisole et le doigt d'honneur, c'est non

Antoine Roussel
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Il doit y avoir pas mal d’enfants dans les cours d’école qui ont fait des doigts d’honneur dans les derniers jours, après avoir vu la séquence où William Nylander en dirigeait un vers un caméraman. Malheureusement...
Nylander, c’est tout un joueur de hockey. Et des écarts de conduite, ça peut arriver, c’est vrai. L’attaquant vedette des Maple Leafs a aussi écopé d’une amende de 5000$ pour son geste.
Mais si on ajoute à cela sa sortie en camisole sur la galerie de presse (j’y reviendrai plus bas) et même toutes les fois où on l’a vu s’obstiner sur le banc avec l’entraîneur-chef, Craig Berube, du point de vue du comportement, ce n’est pas le top du top, cette année.
C’est peut-être parce que la pression monte, à Toronto. Mais il reste qu’en tant que joueur de la Ligue nationale, tu as ce devoir de montrer l’exemple.
Nylander n’est peut-être pas égoïste. Sauf que c’est ce qu’il projette, de l’extérieur, et ce n’est pas l’idéal.
Pas pratique partout
C’est ce qui me ramène à l’autre incident, celui de sa présence en camisole, survenue environ deux semaines plus tôt. Je comprends que la LNH a assoupli ses règles, parfois trop sévères en ce qui concernait l’habillement.

En tant que joueur, tu n’as pas forcément envie de porter un complet partout. Parce que ce n’est pas si confortable, par exemple en avion, et parce que ce n’est pas adapté nécessairement à tous les climats.
Tes beaux souliers, tu n’as pas envie de les briser en marchant dans la neige à Winnipeg.
Mais comme dans tout, on est passé d’un extrême à l’autre. De Lou Lamoriello qui, à l’époque où il était avec les Devils du New Jersey, par exemple, exigeait que ses joueurs soient complets, barbe rasée et cheveux courts, partout où ils vont, à William Nylander en camisole sur la galerie de presse.
S’exprimer, ça peut rapporter
Les joueurs voulaient du changement. Ils voulaient pouvoir exprimer leur personnalité. Ils voyaient bien, les joueurs de la NBA ou de la NFL, qui débarquaient de l’autobus avec leur style bien à eux.
En exprimant ton identité, ça te permet de t’associer à certaines marques, pas seulement pour ce que tu projettes sur la glace, mais en dehors aussi.
Cet assouplissement des règles, je le trouve cool pour certains joueurs comme Auston Matthews, David Pastrnak, Mikhail Sergachev – et même Nylander – qui, clairement, ont un intérêt pour la mode.
En même temps, on voit encore certains joueurs qui portent le veston et la chemise à leur arrivée aux matchs. Ce n’est pas tout le monde qui a le budget pour avoir 82 tenues différentes.
Mais la LNH ne pourrait-elle pas trouver un juste milieu qui imposerait une certaine rigueur à ses joueurs, qui, comme je le disais au départ, représentent la ligue et leur équipe?
T’as qu’à changer de chemise
Quand je jouais en Arizona, les Coyotes organisaient des journées «fashion», où l’on pouvait exprimer notre style. Ils mettaient même un photographe à notre disposition.
C’était parfait, parce que moi, ce n’est pas trop mon style de prendre un «selfie» de ce que je porte. Mais ça nous permettait de partager la photo prise de nous, avec notre style personnel, si on en avait envie.
D’ailleurs, si je jouais encore dans la Ligue, je continuerais à porter des complets. Un complet bleu, tu peux le porter 82 fois dans une saison, si tu changes la chemise en dessous, ça ne paraît pas vraiment!
En fait, ça paraît moins que de porter plusieurs fois ton chandail avec un gros bonhomme sourire dessus, comme ceux de la marque Drew, qui sont pas mal populaires.
Bref, pourquoi la Ligue ne s’inspirerait pas des Coyotes pour que les samedi soirs, les joueurs puissent exprimer leur style. Sans que ce ne soit trop fréquent, pour éviter les faux-pas modes comme celui de Nylander?
- Propos recueillis par Jessica Lapinski