Que cache Gary Bettman derrière cet entêtement à garder l’État de l’Arizona dans le décor de la LNH?


Yvon Pedneault
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Il faudra bien que Gary Bettman explique un jour pourquoi il tient tant à ce que le hockey s’implante en Arizona.
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Les résidents de Tempe lui ont signifié par voie d’un referendum qu’ils n’en ont rien à cirer du hockey de la Ligue nationale et, par conséquent, des Coyotes de l’Arizona.
Ils ont tout simplement rejeté la proposition de la construction d’un mégadomaine immobilier de plus de 2 G$ US. Une proposition que le maire de Tempe a qualifiée du projet le plus gigantesque dans l’histoire de sa municipalité.
Pourtant, malgré de nombreux plaidoyers pour bien informer la population, le conseil de ville de Tempe et, à cet égard, la Ligue nationale et son commissaire Bettman, ont essuyé une solide gifle.
Le temps de quitter l’Arizona ne fait pas l’ombre d’un doute.
Sauf que, si vous consultez quelques intervenants de la Ligue nationale, on vous répond: «Attention à Gary. Dans ce dossier des Coyotes, il trouve toujours un moyen pour convaincre les propriétaires de la ligue qu’il faut poursuivre l’aventure.»
«Regarde tout ce qu’il a réussi à faire pour contourner les obstacles. Regarde comment il a réussi à trouver des solutions pour permettre aux Coyotes de poursuivre leurs activités dans le désert. C’est un acharné et le dossier de l’Arizona, il en fait une affaire personnelle.»
Dans les bureaux de la Ligue nationale à New York, mercredi matin, Bettman a sans doute réuni sa garde rapprochée. Il doit sûrement avoir un plan «B», Bettman a toujours un plan «B».
Les options
«Mais cette fois-ci, lui reste-t-il des options?», m’a demandé un intervenant.
Est-ce que la ville de Tempe représentait sa bouée de sauvetage? Sans doute. Tout semblait couler dans le béton. Un projet gigantesque, des investissements majeurs, un amphithéâtre pour les Coyotes, bref, une ville moderne à l’intérieur d’une ville prestigieuse de l’Arizona, Tempe.
Les gens de Tempe, disait-on, vont facilement donner leur accord.
Personne ne doutait du plan Bettman et des propriétaires des Coyotes. Encore moins le conseil de ville de Tempe. Ne restait qu’à attendre le résultat du referendum. Mais, il s’agissait pour les investisseurs d’une question de formalité.
Jamais le commissaire Bettman ne pensait encaisser une solide droite au menton lui qui d’habitude terrasse ses rivaux avec des arguments étoffés, toujours bien présentés, livrés avec aucune faille dans les conditions de la transaction.
De Winnipeg à Phoenix, puis de Phoenix à Glendale, puis de Glendale à l’Université de l’Arizona, des assistances anémiques, une équipe changeant de propriétaires tous les trois ou quatre ans, autant d’obstacles que le commissaire à contourner avec, et je dis bien avec, l’approbation des propriétaires de la ligue.
Quatre ans à financer
Pendant quatre ans, Bettman et la LNH ont financé les opérations quotidiennes de la concession des Coyotes. Ils ont payé les salaires des joueurs et des employés.
Mais là, on vient de frapper un mur.
Va-t-il finalement se résigner à jouer dans la cour des grands? Quand la NFL éprouve des ennuis avec une concession, elle procède rapidement à un transfert. Les Rams de Saint-Louis ont quitté cette ville. Les Raiders d’Oakland sont maintenant à Vegas. Le baseball majeur a maintenant adopté cette politique administrative puisque les A’s auront également pignon sur rue dans le Nevada.
La NBA n’hésitera jamais à déménager une concession qui ne répond pas aux exigences du sport professionnel. Avait-il lésiné sur le départ de la concession de Seattle, il y a plusieurs années? Vancouver a perdu sa concession. Bref, rien ne traîne en longueur.
Mais Bettman n’aime pas les transferts sur le plan des concessions. Faudra-t-il un jour qu’un ou des propriétaires l’informent que la situation ne peut plus continuer ainsi, qu’il faut maintenant s’assurer l’équilibre financier passe pas des organisations en bonne santé. Que les Coyotes de l’Arizona représentent un boulet à la cheville de la ligue. Pire, c’est l’image du hockey professionnel qui est ternie. D’ailleurs, peut-on comparer le hockey professionnel aux autres sports en Amérique? Pas du tout. Au contraire.
Bettman pourrait facilement corriger la situation en regardant du côté de Houston et d’Austin au Texas. Salt Lake City, grande ville de l’état du Utah, a manifesté un intérêt pour accueillir une concession de la Ligue nationale. Kansas City souhaiterait un retour.
Les possibilités d’élargir les horizons de la ligue existent, une augmentation des revenus est assurée avec une concession en bonne santé. Qu’attend-il?
Que cache-t-on?
Que cache-t-il derrière cet entêtement à garder l’état de l’Arizona dans le décor de la LNH? C’est un secret bien gardé, un secret qu’il partage avec les propriétaires. On peut toujours blâmer Bettman et avec raison, mais les propriétaires n’ont rien fait pour améliorer la situation.
Ils ont toujours approuvé les décisions du commissaire.
Ils sont 32 propriétaires. Sont-ils hypnotisés par Bettman?
Difficile à croire que 32 hommes d’affaires, des gens riches et, pour la plupart, à la tête de grandes entreprises, ne s’objectent pas aux propositions du commissaire dans un dossier qui jusqu’à maintenant a jeté de l’ombre sur la crédibilité du hockey professionnel.
Le temps n’est-il pas venu pour les propriétaires d’inviter le commissaire à revoir sa politique de gestion dans le dossier des Coyotes et également lui dire: «Assez, c’est assez!»