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Pour rester mince, il faut surtout manger moins!

Photo portrait de Richard Béliveau

Richard Béliveau

2025-08-17T21:00:00Z

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Une recherche récente confirme que l’obésité est principalement liée à un excès de l’apport calorique et non à un manque d’activité physique.

L’obésité est devenue l’une des principales causes de mortalité, étant directement responsable de plus de 4 millions de décès chaque année dans le monde.

Le développement économique des sociétés semble représenter l’un des principaux moteurs de cette crise moderne de l’obésité: par exemple, alors que l’obésité était un phénomène très rare au 19e siècle (et le demeure encore aujourd’hui dans les communautés traditionnelles d’agriculteurs et de cueilleurs), elle est devenue très courante au cours des 50 dernières années dans la plupart des populations industrialisées du globe.

Déséquilibre énergétique

À la base, la prise de poids est le résultat d’un déséquilibre causé par une consommation de calories qui excède les besoins énergétiques du corps.

Deux grands changements apportés par le mode de vie moderne peuvent favoriser ce déséquilibre: 1) la plus grande disponibilité de nourriture qui encourage la surconsommation de calories et 2) la diminution de l’activité physique associée au développement économique (les populations industrialisées sont beaucoup moins actives physiquement que les communautés traditionnelles d’agriculteurs et de cueilleurs).

La contribution exacte de ces deux aspects du mode de vie moderne à la crise actuelle d’obésité demeure cependant mal comprise: sommes-nous devenus trop gros parce que nous mangeons trop ou parce que nous ne dépensons pas suffisamment de calories?

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Dépenses énergétiques constantes

Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs a comparé les dépenses énergétiques de 4213 hommes et femmes vivant dans des dizaines de pays aux conditions socio-économiques très variées (pays industrialisés, chasseurs-cueilleurs, agriculteurs) (1).

Pour mesurer précisément ces dépenses énergétiques, une élégante méthode de référence est d’utiliser l’eau lourde, où l’hydrogène est remplacé par son isotope, le deutérium (donc D2O au lieu de H2O).

Lorsque nous brûlons des calories, certains atomes d’oxygène présents dans l’eau sont utilisés pour produire le dioxyde de carbone (CO2) que nous expirons. En mesurant l’excès d’hydrogène lourd dans l’urine d’une personne quelques jours après avoir bu l’eau marquée, les scientifiques peuvent estimer la quantité d’oxygène transformée en dioxyde de carbone, et donc très précisément la quantité d’énergie métabolique brûlée.

Les résultats obtenus par cette méthode sont très surprenants: les habitants des pays économiquement développés, bien que moins actifs physiquement, dépensent chaque jour environ le même nombre de calories que ceux vivant dans des pays moins industrialisés et qui sont plus actifs.

Il semble que le corps possède des mécanismes de contrôle qui cherchent à maintenir notre dépense énergétique totale à un niveau constant: par exemple, si nous faisons énormément d’exercice, le cerveau va diminuer en contrepartie le métabolisme de base pour compenser. Les mécanismes moléculaires en cause restent à être mieux compris, mais il semble néanmoins clair que la sédentarité n’est pas la principale cause de la forte incidence d’obésité dans les pays riches.

Suspect numéro 1: les aliments ultratransformés

Dans un autre volet de l’étude, les chercheurs ont noté une forte corrélation entre un pourcentage de graisse corporelle plus élevé et la consommation d’aliments ultratransformés. La contribution de ces aliments industriels à l’épidémie d’obésité est également soutenue par un très grand nombre d’études qui ont noté une association entre la consommation de ces produits et l’incidence d’obésité (2).

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L’effet obésogène de ces aliments serait dû à une combinaison de facteurs, notamment leurs propriétés orosensorielles particulières (texture moelleuse, absence de fibres) qui encouragent la surconsommation de calories, leur densité énergétique très élevée, ainsi que leur contenu en additifs divers (émulsifiants, en particulier) qui perturbent le métabolisme.

En somme, ces résultats indiquent qu’une modification des habitudes alimentaires, en particulier en ce qui concerne les aliments industriels ultratransformés, représente la priorité absolue pour lutter contre l’obésité. Cela ne signifie aucunement que l’activité physique n’est pas importante: au contraire, l’exercice est possiblement l’aspect du mode de vie qui a le plus d’influence positive sur la santé, autant physique que mentale.

En termes de contrôle du poids corporel, cependant, c’est d’abord et avant tout ce que nous mangeons quotidiennement qui demeure l’aspect le plus important. Le même raisonnement s’applique pour ceux et celles qui désirent perdre du poids: c’est d’abord et avant tout une diminution de l’apport calorique qui doit être priorisé pour y arriver. Pour paraphraser le vieil adage, rien ne sert de courir, il faut manger à point.


Références

(1) McGrosky A et coll. Energy expenditure and obesity across the economic spectrum, Proc. Natl Acad. Sci. U.S.A 2025; 122: e2420902122.

(2) Juul F et coll. The role of ultra-processed food in obesity. Nat. Rev. Endocrinol., publié le 14 juillet 2025.

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