Pour mieux régner, le président Donald Trump tente d’écraser les médias


Karine Gagnon
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Après avoir allègrement piétiné la liberté de la presse, comme l’a dénoncé l’organisme Reporters sans frontières, le président américain Donald Trump tente désormais de l’écraser, littéralement.
Utilisant la bonne vieille méthode des dirigeants de régimes autoritaires, le président controversé et son administration ont bloqué l’accès, cette semaine, à deux journalistes de l’Associated Press. Cette agence de presse mondiale, dont le siège social est à New York, a été créée en 1846 et a obtenu un grand nombre de prix Pulitzer.
Le reproche fait à ces journalistes? Ils devraient, selon Trump et ses sbires, utiliser l’appellation golfe d’Amérique et non plus golfe du Mexique. Le président a décidé de cette nouvelle désignation dans un décret que rejettent les autres pays concernés, et qui ne s’applique qu’en sol américain.
Geste inconstitutionnel
À ce rythme, on pourrait quasiment se demander si Trump n’est pas en voie de rebaptiser les États-Unis pour leur donner son nom. Remarquez bien que ses supporteurs applaudiraient probablement.
Punir des journalistes pour une telle raison représente une attaque alarmante envers la liberté de presse, a statué la Foundation for Individual Rights and Expression (FIRE). L’organisation a aussi parlé de discrimination et d’un geste inconstitutionnel qui mérite condamnation. L’AP envisage d’ailleurs des poursuites.
Ces gestes incroyables de Trump s’ajoutent à des poursuites et au retrait d’accréditations à des médias sérieux. D’autres pseudomédias, reconnus pour être des diffuseurs de la propagande de Trump, prendront leur place.
Autoritarisme rampant
En entrevue au Devoir, le spécialiste des médias et de la liberté de presse à l’Université d’État de la Pennsylvanie, Bradford Vivian, a parlé d’un «contexte d’autoritarisme rampant», où le gouvernement tente de resserrer le contrôle étatique sur la presse libre tout en censurant les institutions civiques.
Il y a de quoi se pincer, car on croirait, en lisant ces propos, que cet expert parle d’une république de bananes. Quelle déchéance!