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«Pour les enfants, il n’est pas question de censure», dit Simon Boulerice, qui explore le rejet et la solitude dans son nouvel album jeunesse, «Je n’ai pas été invité»

PHOTO FOURNIE PAR QUÉBEC AMÉRIQUE
Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2025-12-07T16:00:00Z

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Simon Boulerice a fait paraître cet automne un nouvel album illustré en littérature jeunesse, Je n’ai pas été invité. 

Un ouvrage qui aborde, entre autres, les thèmes de la solitude, de l’amitié et du sentiment d’exclusion, avec un regard sensible, adapté aux tout-petits.

Paul, qui a l’habitude de se réfugier dans ses livres, a peu d’amis. Quand presque toute la classe est invitée chez Soleil – oui, c’est un vrai prénom – pour célébrer son anniversaire, Paul, lui, ne reçoit pas d’invitation. Il se sent alors comme Pluton, exclu du système solaire à la perte de son statut de planète.

PHOTO FOURNIE PAR QUÉBEC AMÉRIQUE
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L’inspiration lui est venue lorsqu’une jeune fille, dans la classe où il donnait une présentation, l’a tout bonnement invité à sa fête le week-end suivant. À ce moment-là, un souvenir enfoui de son enfance – celui de n'avoir pas été invité comme les autres enfants de sa classe – est remonté à la surface et lui a donné le goût d’écrire sur le rejet.

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C’est le comédien Francis-William Rhéaume (Simple comme Sylvain, 5e Rang) qui signe, tout en poésie, les illustrations de cet album. Les deux amis avaient d’ailleurs déjà collaboré pour La grève des câlins (Éditions La Bagnole).

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DE LA BAGNOLE
PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS DE LA BAGNOLE

In your face

Écrivain prolifique, composant aussi bien pour les jeunes enfants que pour les ados et les adultes, Simon Boulerice ne se met jamais de limitation ou de barrière quant aux thèmes qu’il aborde dans ses œuvres, et ce, quel que soit le groupe d’âge, que ce soit en littérature ou pour ses séries télé.

«Quand j’écris pour les ados, je ne me censure pas, pour les adultes encore moins. Pour les enfants, il n’est pas question de censure. Il faut juste garder en tête que même quand je parle d’un sujet triste, l’idée, ce n’est pas d’avoir une fin heureuse et parfaite, loin de là, mais qu’il y a une bonne craque de lumière à la fin», a-t-il fait valoir en entrevue avec l’Agence QMI, insistant sur le fait qu’il se donnait la responsabilité d’insuffler l’espoir aux plus petits.

«Un de mes plus grands succès en librairie, c’est Les enfants à colorier, un livre qui célèbre l’unicité de plein d’enfants. On ne pensait pas que ça marcherait. L’enfant mascara non plus, parce que c’est un livre immensément dur, rempli de cruauté, mais c’est une des histoires qui a le plus marché et qui est encore étudiée dans les écoles», a-t-il ajouté, précisant que ce ne sont pas forcément les histoires heureuses qui plaisent le plus aux jeunes lecteurs, mais parfois celles qui sont les plus frontales.

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«L’adolescence, ce n’est pas la période où l'on est le plus nuancé, et des fois, il y a des subtilités qu’on manque. La littérature In your face, les jeunes adorent ça», a-t-il poursuivi.

PHOTO FOURNIE PAR QUÉBEC AMÉRIQUE
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L’auteur, qui participera la semaine prochaine à l’édition des Fêtes de MasterChef Célébrités, a également confié en entrevue qu'il ressentait, depuis quelques années, de moins en moins de mépris de la part de ses pairs à l’égard de son travail en littérature jeunesse.

«Pour moi, c’est un privilège de pouvoir me déposer dans leur mémoire, qui est souvent une mémoire vierge, un disque dur vierge. Je trouve ça très valorisant. J’ai des livres qui ont été publiés il y a dix ans, et pour les jeunes lecteurs, c’est comme si mes livres venaient de sortir. Pour moi, c’est un grand privilège de voir que mes livres ont encore un écho aujourd’hui», a-t-il dit.

Quelques mots sur sa nouvelle série

Simon Boulerice présentera ce printemps sa nouvelle série, Je te tiens, sur Crave. Mettant en vedette Juliette Gariépy, Antoine Pilon et Amaryllis Tremblay, ce nouveau «thriller d'obsession» explorera entre autres le domaine de l’assistance sexuelle.

«C’est un sujet tabou, naturellement, mais je trouve que c’est un sujet riche. On parle du droit à l’intimité, du droit à la tendresse, du droit à la sexualité pour des personnes qui ont des limitations, pour qui la séduction est très compliquée», a expliqué l’auteur, qui dit avoir un faible pour les sujets dans lesquels il ne sait jamais clairement où se situer au début de son écriture.

«Pour Chouchou, il y avait un peu de ça. Il y avait une part de moi qui les approuvait complètement, même si je condamnais le geste de Chanel. Il y a un peu de cet essai-là: jouer encore dans des zones, des terrains glissants.»

Je n'ai pas été invité

Simon Boulerice

Éditions Québec Amérique

40 pages

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