Pour en finir avec le chemin Roxham

Mathieu Bock-Côté
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Il y a quelques années déjà que nous parlons du chemin Roxham.
Au tout début, son existence nous semblait improbable : n’était-il pas tout simplement possible de fermer ce chemin à la frontière ?
Puis le phénomène s’est amplifié, en grande partie à cause de Justin Trudeau, qui a lancé un message à la terre entière, en disant que le Canada accueillerait les migrants entrant chez lui sans demander la permission. C’était sa manière de pratiquer l’anti-trumpisme.
Le mot s’est répandu : on peut entrer au Canada facilement et, en plus de cela, être pris en charge par les autorités. Comme si l’État fédéral organisait finalement cette migration à la frontière.
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Trudeau
Qu’il s’agisse d’une immigration illégale ne le dérange pas outre mesure : les juristes idéologues du régime ont cru contourner le problème en la rebaptisant « immigration irrégulière ». Ils ont même le culot d’expliquer que l’immigration illégale n’existe pas.
On nous présente évidemment ceux qui forcent nos frontières comme des réfugiés. En fait, nous sommes témoins d’un détournement historique du droit d’asile qui est devenu une filière migratoire à part entière. Ce n’est pas exclusif au Canada et au Québec, convenons-en.
Aujourd’hui, la filière Roxham déborde, et Justin Trudeau n’est pas à la veille de la fermer.
Parce qu’elle se trouve au Québec ? Assurément. C’est au Québec que les effets sociaux de cette migration qui se rajoute aux autres se font sentir : on le voit avec la crise du logement comme avec le débordement des écoles. Le Québec paie la note.
Peut-être aussi, comme on commence à le comprendre, parce que l’industrie de l’immigration illégale sert les intérêts des amis du Parti libéral. Paul St-Pierre Plamondon a raison d’y voir les germes du prochain scandale des commandites. Cette industrie est aussi florissante au sud de la frontière et a une dimension internationale.
Peut-être enfin parce que Justin Trudeau est trop heureux d’avoir avec ce chemin l’occasion de mettre en scène sa pseudo-générosité humanitaire.
À moins qu’Ottawa ne se croie vraiment dans l’interdiction légale de fermer la frontière à cet endroit, ce qui ne serait qu’une confirmation parmi d’autres de la puissance du gouvernement des juges et d’une conception dénaturée du droit.
Normalement, le Québec, qui subit ce désordre, devrait fermer tout simplement ce chemin.
Sauf que les frontières ne relèvent pas des compétences provinciales. Il s’agit du domaine exclusif d’Ottawa. Il y a un prix à payer à n’être qu’une province.
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Québec
Nous assistons alors impuissants à cette poussée qui n’est pas à la veille de s’arrêter. Nous cherchons à gérer les conséquences d’une politique décidée par Ottawa.
Sans surprise, le commentariat cherche à faire passer pour des ploucs, des racistes et des extrémistes de droite ceux qui ne consentent pas à cette violation quotidienne de la frontière.
Comme s’il était même scandaleux de s’en inquiéter, et plus encore de s’en indigner.
On y verra un autre déni de démocratie. Ils ne manquent pas.