Pour Andrei Markov, Marc Bergevin n’est plus qu’un mauvais souvenir: «Je ne sais même pas ce qu’il est devenu»


Jonathan Bernier
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Andrei Markov n’en veut plus à Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de l’époque, pour l’avoir sorti de Montréal, à la suite de négociations contractuelles qui ont achoppé, à seulement 10 matchs du mythique plateau des 1000. Ou, du moins, il préfère l’effacer de sa mémoire.
Après 16 ans de loyaux services, le défenseur russe a été contraint d’aller terminer sa carrière avec l’Ak Bars Kazan, dans la KHL, avec qui il a néanmoins remporté la coupe Gagarin, l’équivalent de la coupe Stanley.

On se souviendra que Markov s’était montré plutôt amer envers son ancien patron lorsque Le Journal était allé lui rendre visite à Kazan, quelques mois plus tard. Une fin d’association que le principal intéressé avait qualifiée de manque de respect.
Près de neuf ans plus tard, Markov préfère laisser cet épisode derrière lui.
«C’est vraiment du passé maintenant. Je n’y pense plus. D’ailleurs, je ne sais même pas ce qu’il est devenu, ce qu’il fait maintenant», a-t-il lancé à propos de celui qui occupe un poste de conseiller dans l’organisation des Kings de Los Angeles depuis trois saisons et demie.
«Il n’y a rien que l’on puisse faire pour le changer. Je préfère me concentrer sur les bons souvenirs.»
Saku Koivu, les Bruins et le centenaire
Et de bons souvenirs, il y en a un paquet. Tellement que, au bout du fil, Markov hésite longuement avant de déterminer quel est le meilleur moment de son passage avec le Canadien.
«Mon premier match, c’en est un. Nos longs parcours en séries, également. Tous ces affrontements contre les Bruins et les Maple Leafs, a-t-il énuméré. Mais le match de retour de Saku Koivu, à la suite de son cancer, c’était spectaculaire. L’acclamation des partisans, c’était fou!»
Le passage de Markov à Montréal a également coïncidé avec les nombreuses célébrations et cérémonies de retrait de chandail menant au centenaire de l’équipe. Il en tire également de bons souvenirs, même si ce fut une période un peu plus houleuse pour l’organisation.
«Quand tu regardes au plafond du Centre Bell et que tu vois tous ces numéros retirés, tu réalises à quel point cette équipe a de l’histoire. Il y a tellement d’excellents joueurs qui ont bâti la renommée de cette organisation, a-t-il lancé. Ça rend le fait de jouer pour cette équipe encore plus spéciale.»
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
La coupe à Montréal: il y a cru
Assez pour y rester durant la totalité d’une carrière, apparemment. À quelques reprises, Markov aurait très bien pu monnayer son autonomie. Il aurait pu, par exemple, choisir d’aller rejoindre son bon ami Alex Ovechkin à Washington.
«Je me suis toujours senti à l’aise à Montréal. J’aimais tout: l’équipe, les dirigeants, la ville. Tout était parfait pour moi. Je ne voulais pas tout recommencer ailleurs.»
Pas même pour se joindre à une équipe aspirant aux grands honneurs?
«Pourquoi n’aurait-on pas eu de chance de gagner à Montréal?» a répondu Markov, manifestement en désaccord avec la question.
«Je considère que, à l’époque, nous avions une très bonne équipe, a-t-il poursuivi. Je ne dirais pas qu’on avait une chance de gagner la coupe Stanley tous les ans, mais on avait le meilleur gardien de but de la ligue. Donc, tu ne sais jamais.»
Quatre fois au cours des 16 saisons que Markov a passées à Montréal, le Canadien a récolté au moins 100 points. Deux fois, il a atteint la finale de l’Association de l’Est. En 2010 et en 2014.
Chaque fois, il manquait un petit quelque chose.