Poulin de la trempe des Richard, Lafleur et Roy


Patric Laprade
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Montréal a eu son lot d’athlètes distincts. Ce genre d’athlètes qui connectent immédiatement avec la foule et dont les performances dans leur discipline respective sont extraordinaires.
Maurice Richard, Yvon Robert, Guy Lafleur, Gary Carter, Patrick Roy pour n’en nommer que certains.
Sans l’ombre d’un doute, Marie-Philip Poulin fait partie du lot. Depuis la retraite de Carey Price et aussi bons sont les jeunes du Canadien, aucun d’entre eux n’a le statut que Poulin possède en ce moment.
Elle a été la plus acclamée lors des cérémonies d’ouverture, le genre d’ovation qui donne la chair de poule et qui rend les yeux humides. Et sur la glace, elle a, une fois de plus, livré la marchandise.
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— PWHL (@thepwhlofficial) November 30, 2024
Peut-être pas dans les dernières secondes de la prolongation alors qu’elle s’est échappée devant Emerance Maschmeyer et qu’elle a manqué la cible. Peut-être pas dans le premier tir de barrage de son équipe, alors qu’elle y est allée du côté de la mitaine, tir que la gardienne d’Équipe Canada a facilement arrêté.
Mais à la troisième reprise cependant, le cinquième et dernier tir de la Victoire, lançant du côté du bâton, là où Maschmeyer s’est fait marquer à deux autres reprises dans le match, elle a marqué le but qui allait donner une victoire de 4 à 3 à son équipe. Quand ça compte, Marie-Philip Poulin est là. Elle n’est pas «Captain Clutch» pour rien.
Un jour, on célébrera son intronisation au Temple de la renommée. Un jour, elle deviendra la première joueuse de la Victoire à voir son numéro être retiré. Un jour, on parlera des Richard, Lafleur et Poulin.
Desbiens: présente quand le moment est grand
Si Maschmeyer a arrêté 42 des 45 tirs dirigés vers elle, assez pour recevoir la deuxième étoile, sa vis-à-vis Ann-Renée Desbiens a joué de malchance. Le premier but d’Ottawa est une rondelle poussée au fond du filet par Abby Boreen et le deuxième, un tir dévié sur le patin de Kati Tabin.
Finalement, ce sont quand même trois buts accordés sur 32 lancers et en presque 65 minutes de jeu. Ses statistiques vont en prendre un coup. Mais ce que ces chiffres ne disent pas, c’est le moment auquel elle a effectué certains de ces arrêts.

Avec moins de cinq minutes à faire en troisième période, elle a arrêté Alexa Vasko en échappée alors qu’Ottawa était en désavantage numérique et que la marque était 3 à 3. En prolongation, elle a fait le même coup à Anna Meixner, avec seulement 39 secondes à faire à la période.
Et bien sûr, en tirs de barrage, elle a été parfaite. Après deux arrêts, un tir qui a raté la cible, une barre horizontale et un but de Marie-Philip Poulin, elle s’est dressée devant Katerina Mrazova afin de donner la victoire à son équipe.
La saison dernière, Desbiens n’a pas été choisie parmi les trois finalistes pour l’obtention du titre de la meilleure gardienne. Et c’est très possible qu’elle ne le soit pas encore cette année. Mais quand le moment est important, c’est là qu’elle ressort du lot.
Kori Cheverie, le coach le plus populaire à Montréal?
Je ne me cacherai pas, j’aime bien Kori Cheverie. J’aime sa candeur, sa façon d’être, son humour. Étant fils unique et ayant un père décédé depuis 10 ans, je suis près de ma mère. Kori aussi. D’ailleurs, en arrivant au point de presse samedi soir, elle était au téléphone avec la sienne. J’ai trouvé ça mignon. Ça m’a fait penser à ma mère qui m’appelle après chacune de mes chroniques à la télé.
En moins d’un an, elle a réussi à conquérir le cœur des amateurs et des membres des médias, ce qui n’est pas une mince tâche.

Conséquemment, elle a reçu l’une des plus fortes ovations lors des cérémonies d’ouverture. Et bien que je n’aie rien contre Jason Maas, Laurent Courtois, Pascal Vincent ou Martin St-Louis, Kori Cheverie est présentement l’entraîneur d’un club professionnel le plus populaire à Montréal, un fait qu’elle ne prend pas à la légère.
«C’est un marché difficile et je compatis pour chaque entraîneur qui passe par Montréal. Je compatis pour chaque joueur qui vient à Montréal. Parce que c’est tellement fantastique, mais ça vient aussi avec une tonne de pression. Et composer avec ça chaque jour, c’est ce qu’on s’est engagé à faire. C’est un privilège de devoir faire face à ça et c’est pour ça que lorsque je vois mon nom dans les médias, je me dis que c’est une bonne journée, parce que même si tu n’aimes pas ce qui est dit, c’est un privilège d’être dans cette position.»
Des cérémonies d’ouverture réussies
«Toutes les personnes qui ont regardé nos cérémonies d’ouverture auraient souhaité être ici afin de vivre l’expérience en personne. J’ai dit à notre groupe aujourd’hui de profiter de ce moment, parce que personne ne fait des cérémonies d’ouverture aussi bien que Montréal le fait. Et bien entendu, le crédit doit aller aux personnes derrière ces cérémonies parce que c’était tout simplement incroyable. J’en ai eu les larmes aux yeux.»
Ces propos sont ceux de la joueuse de défense et capitaine adjointe de l’équipe, Erin Ambrose. Et le crédit lui, il doit aller à BCC MTL et ses fondateurs, Carl Abran et Christine Montpetit.
Ambrose avait raison. Les cérémonies d’avant-match ont été très réussies. La compagnie s’occupe des Alouettes, de l’Alliance, des Lions de Trois-Rivières, mais la Victoire, c’est surtout le bébé de Christine, qui a orchestré le tout de main de maître. Une vidéo présentant toutes les joueuses avec des images en noir et blanc de la ville de Montréal et une musique, un peu techno, qui a rallié les amateurs dès les premières notes.
Ensuite, on a présenté l’équipe de soutien ainsi que la direction de l’équipe, pour finalement passer à la présentation des joueuses. Si vous avez regardé le match entre Boston et Toronto, vous avez certes pu voir comment gênant la présentation des joueuses a pu être. C’était tout le contraire hier à Laval. Un sans-faute qui a ravi les partisans.
Laura Stacey, en français!
C’était une belle attention de la part de l’organisation de permettre à toutes les joueuses, mêmes celles qui sont blessées ou sur la liste de réserve, de chausser leurs patins et de sauter sur la patinoire en compagnie de leurs coéquipières lors de la présentation d’avant-match. Ça a permis à une Catherine Dubois de recevoir une belle dose d’amour et à une Kelly-Ann Nadeau de vivre cette expérience pour la première fois.
Du côté des joueuses, les Dubois, Ann-Renée Desbiens, Erin Ambrose, de même que Laura Stacey et Marie-Philip Poulin ont été les plus populaires.
Stacey, tout particulièrement, a un charisme et une présence que peu de joueuses ont. Avant la partie, elle a donné à l’animatrice Maude Lanteigne une entrevue présentée sur l’écran géant, entièrement en français. Et dans un excellent français devrais-je ajouter, ce que les amateurs ont bien apprécié. Elle a récidivé après la rencontre en parlant cette fois-ci dans les deux langues. Faut-il rappeler que l’athlète de 30 ans a beau habiter au Québec depuis un certain temps, elle demeure une anglophone de Mississauga.
Certaines personnes d’une certaine d’équipe qui joue dans un autre aréna portant le nom «Bell» devraient prendre des notes. Je dis ça, je ne dis rien!
La Victoire des partisans
Le nom aura fait beaucoup jaser. Encore samedi matin, à Salut Bonjour, on discutait de comment ce serait curieux d’annoncer une défaite de la Victoire. Et oui, ça fait bizarre de lire les grands titres ce matin : «Une victoire pour la Victoire de Montréal», «La Victoire triomphe.»
Toutefois, les partisans ont décidé de faire fi de tout ce brouhaha et de tout simplement donner au nom une connotation positive. Ainsi, à plusieurs reprises au cours du match, ils ont chanté à l’unisson «Let’s go Victoire!» suivi des cinq tapes de mains habituelles.
Voilà! C’est réglé. C’est une ritournelle qu’on va entendre souvent cette saison. Et pour le reste, non, ça ne rend pas le nom meilleur, mais comme toute chose, on va s’habituer.