Postes-clés dans la NFL : la faible représentativité des minorités visibles fait jaser

Agence QMI
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Même si la saison atroce des Texans de Houston constituait un argument fort quant au départ de l’entraîneur-chef Lovie Smith, lundi, certains ont froncé les sourcils à la suite du deuxième congédiement en autant d’années d’un instructeur-chef noir par l’organisation texane.
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Embauché en février, l’homme de 64 ans n’a pas obtenu les succès escomptés durant son bref séjour à Houston. Sa troupe a conservé une fiche de 3-13-1, évitant de peu le titre peu enviable de pire équipe de la NFL en 2022. Conséquemment, Smith a subi le même sort que son prédécesseur David Culley, limogé à la fin du calendrier 2021.
Le dénouement, trop connu chez les Texans, a tôt fait de ramener à l’esprit de plusieurs observateurs le manque de représentativité des minorités visibles au sein du groupe d’entraîneurs-chefs du circuit Goodell. Au début de la campagne, six d’entre eux faisaient partie de minorités visibles. Pourtant, près de 70 % des joueurs de la ligue sont des Noirs, tandis que la NFL a imposé en 2003 la règle Rooney, qui visait à améliorer les pratiques d’embauche pour augmenter ladite représentativité à des postes-clés comme ceux d’instructeur-chef et de directeur général.
«C’était déjà le chaos à Houston et ils ont embauché ces gars-là [Culley et Smith] pour s’en servir comme boucs émissaires. Et c’est ce que les entraîneurs afro-américains affirment depuis longtemps. Ce cas est évident, il nous est présenté en pleine face», a déclaré l’ancien receveur de passes Michael Irvin au réseau ESPN.
Outre l’ex-joueur-vedette noir, le commentateur de la chaîne américaine Stephen A. Smith, également un Noir, a exprimé son désarroi relativement au cas des Texans.
«Ils sont une honte. Selon moi, si vous êtes un Afro-Américain et que vous espérez devenir un instructeur-chef de la NFL, il y a 31 clubs pour lesquels vous devriez souhaiter travailler. Priez Dieu pour que les Texans de Houston ne vous contactent jamais», a-t-il affirmé.
La qualité avant tout, d’après le DG
Interrogé par le réseau CNN, le directeur général de la formation concernée, Nick Caserio, a voulu justifier ses choix en insistant sur un critère bien précis.
«Au bout du compte, ce n’est pas une question de race [sic]. Il s’agit plutôt de trouver des entraîneurs de qualité, a-t-il souligné. Il y a beaucoup d’instructeurs de qualité; David en est un, Lovie aussi.»
«Chaque entraîneur a ses opinions et sa façon de penser. Chacun a une zone de confort vis-à-vis ce que nous faisons. Tout ce que je peux faire, c’est d’être franc et honnête, ce que j’ai fait depuis mon arrivée ici. Je continuerai ainsi et je tenterai d’embaucher un instructeur qui représentera le choix le plus sensé pour cette organisation, a-t-il renchéri. C’est la manière la plus simple de répondre et c’est mon engagement.»
CNN a rappelé que 191 hommes ont décroché un poste d’entraîneur-chef dans la NFL depuis que les Raiders de Los Angeles ont nommé Art Shell, le premier Noir à assumer cette fonction dans l’ère moderne du football en 1989; or, de ce nombre, seulement 24 sont des Noirs.
Également, certains clubs ont contourné la règle Rooney. Entre autres, les Lions de Detroit ont écopé d’une amende de 200 000 $ pour ne pas avoir accordé d’entrevue à des membres des minorités visibles avant qu’ils offrent l’emploi à Steve Mariucci en 2003. Plus récemment, le cas Brian Flores a suscité l’attention chez les Dolphins de Miami. En février, il a intenté une poursuite en cour civile fédérale pour discrimination raciale contre la NFL, son ancienne équipe l’ayant congédié ainsi que trois autres clubs, les Texans, les Giants de New York et les Broncos de Denver, qui auraient eu recours à des pratiques d’embauche douteuses, telles de fausses entrevues.