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Possible lock-out au CN et au CPKC: une pénurie de produits périssables à prévoir

Photo portrait de Dominique Plante

Dominique Plante

2024-08-17T22:44:15Z

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Le transport ferroviaire risque d’être paralysé dans les prochains jours puisqu’un lock-out pourrait être déclenché au CN et au Canadien Pacifique Kansas City (CPKC). Selon la directrice du MEQ, cela aurait des impacts significatifs sur l’économie de la province.

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Les répercussions économiques seraient majeures au Québec et partout au Canada.

Plusieurs conséquences directes pourraient découler d’une grève des deux principales compagnies ferroviaires, selon un sondage de l’Association des manufacturiers et explorateurs du Québec (MEQ).

Par exemple, 90% des entreprises s’attendent à subir des délais de livraison, alors que 64% d’entre eux anticipent une augmentation des coûts.

Près de 4 compagnies sur 10 prévoient même un impact sur la main-d’œuvre (38%).

«Les entreprises manufacturières québécoises sont déjà impactées parce que le CPKC et le CN [...] ont commencé à ralentir la cadence [...] donc [elles] ne peuvent plus avoir accès aux rails», explique Véronique Proulx, directrice générale du MEQ.

«Si le 22 août prochain, il devait y avoir soit un lock-out, soit une grève, c’est vraiment l’ensemble de nos manufacturiers qui seront privés de ce moyen de transport», ajoute-t-elle.

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Concrètement, on parle de 106 millions par jour de marchandises québécoises qui ne circuleraient pas sur les rails canadiens en cas de conflit menant à un arrêt. «C’est énorme», mentionne-t-elle.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

Une pénurie de produits à prévoir

Les chaînes d’approvisionnement seraient menacées par une potentielle pénurie de produits, surtout ceux qui sont périssables, affirme la directrice.

«Si ça devait durer [...], ça aurait des impacts significatifs, ajoute-t-elle. Ça va vraiment venir paralyser l’économie québécoise et canadienne.»

«C’est pourquoi on interpelle d’urgence le gouvernement fédéral et le ministre du Travail MacKinnon [pour qu'ils agissent] en amont», déclare Mme Proulx.

Jeudi dernier, le ministre avait refusé la demande d’arbitrage exécutoire, qui aurait permis l'intervention d'un arbitre auprès des deux parties en conflit. 

Photo d'Archives AGENCE QMI
Photo d'Archives AGENCE QMI

Environ 32% des entreprises affirment qu'une telle situation dans le transport ferroviaire entrainerait des conséquences graves sur leurs activités.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

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Un arrêt de travail qui serait lourd de conséquences

Certains secteurs tentent actuellement de trouver des alternatives, mais selon la directrice, elles sont peu nombreuses.

Les camions pourraient sembler être une solution, mais ils ne pourraient pas prendre en charge toute la marchandise. Mme Proulx parle aussi d’une pénurie de main-d’œuvre dans ce moyen de transport.

Depuis le mois de mai dernier, lorsque les conversations concernant le conflit de travail ont commencé, quelques entreprises avaient déjà réservé de la capacité dans les camions, en prévision d’une grève confirmée.

À cause des coûts élevés et des enjeux de disponibilité, la directrice soutient «qu’on peut s’attendre à ce que la majorité des PME n’aient pas les moyens de faire ça.» Elles auront donc de la difficulté à trouver d’autres alternatives dans des délais raisonnables.

Le jugement des investisseurs étrangers pourrait aussi créer un enjeu, affirme Mme Proulx. Selon le sondage de la MEQ, 73% des entreprises considèrent que les grèves à répétition ont exercé une influence négative sur l’opinion des investisseurs étrangers concernant le Canada.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

«Les entreprises étrangères, dont les entreprises américaines, qui regardent ce qui se passe au Canada, qui ont des filiales ou un pied-à-terre ici, ils se disent "Mais qu’est-ce qui se passe au Canada? C’est un conflit de travail après l’autre, il n’y a pas de solutions qui sont proposées"», explique Mme Proulx.

Rappelons que les producteurs de marchandises avaient perdu des centaines de millions de dollars à la suite d’une grève au port de Montréal en 2020.

«Les conséquences sont bien réelles», affirme-t-elle.

Selon Mme Proulx, il est très peu probable qu’une entente soit réglée d’ici le 22 août prochain.

Voyez l'entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.

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