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Un colosse créé dans un laboratoire

Photo fournie par les STEELHEADS DE BRAMPTON
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2024-12-11T05:00:00Z

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C’est un secret de Polichinelle que le Canadien de Montréal aimerait ajouter à son noyau de joueurs un attaquant hargneux, comme Elliotte Friedman le rapportait en début de saison. À moins que Patrik Laine n’ait réveillé l’équipe pour de bon, le CH pourrait passer l’éponge sur la regrettable décision d’ignorer Brady Tkachuk en 2018 en repêchant Porter Martone cet été. Mais cela nécessitera de la chance, beaucoup de chance à la loterie.

Lors de leur classement du mois de novembre, deux experts, Corey Pronman et Craig Button, nous réservaient une petite surprise en détrônant James Hagens. Au premier rang de leur liste: Martone, un pan de mur de 6 pieds 3 pouces et 208 lb, doté de mains de soie, qui domine la Ligue de l’Ontario avec 54 points, dont 21 buts, en seulement 26 matchs.

Des listes que Martone a vues passer, bien entendu. «Un adolescent est toujours sur les réseaux sociaux», rappelle avec éloquence le jeune ailier.

Dans quelques mois, Button et Pronman auront peut-être été visionnaires. Martone ressemble au joueur que le typique «homme de hockey» créerait dans un laboratoire. Son sens du jeu est à un haut niveau. Il peut marquer des buts. Il est puissant. Il joue avec passion. Il peut «picosser». Et il a été capitaine partout où il est passé. Sera-t-il capitaine dans la LNH? Il y a de bonnes chances.

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«Je crois que ce sera le cas», prédit James Richmond, son entraîneur-chef avec les Steelheads de Brampton.

Pas plus tôt que mercredi dernier, Martone inscrivait un but avec toute la flamboyance qui le caractérise. Le jeune homme s’est moqué d’un couvreur avant de marquer d’un tir entre ses jambes et de tendre l’oreille à la foule.

«Si t’es capable de le faire, fais-le! encourage Richmond. Je pense que c’est le sixième but qu’il marque entre ses jambes.»

Le coach n’avait aucun problème avec la célébration, également. Si vous aimez les joueurs beiges, Partone n’est simplement pas votre homme.

«Il a de la passion. Quand il va marquer, il va célébrer. Quand il sera en maudit, il va se battre. Et il parle toujours sur la glace. Il est devant le filet de l’autre équipe. Devant le banc de l’autre équipe. Il est comme Corey Perry. Et ses coéquipiers l’adorent», vante le pilote des Steelheads.

Photo fournie par les STEELHEADS DE BRAMPTON
Photo fournie par les STEELHEADS DE BRAMPTON

Ses mains agiles autour du filet, dignes elles aussi de Perry, Martone les a développées en jouant à la crosse de façon compétitive jusqu’à l’âge de 15 ans.

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«C’est de là que viennent mes habiletés dans les zones restreintes, mentionne Martone, dont le nom de famille à consonance italienne remonte aux origines du paternel. J’ai joué au plus haut niveau possible durant mon adolescence.»

Un drôle de combat

Qui est l’attaquant le plus dominant en Ontario cette saison? La lutte est chaude entre Martone et le joueur exceptionnel Michael Misa, du Spirit de Saginaw.

On aurait d’ailleurs pu croire à une féroce rivalité entre les deux joueurs lorsqu’ils ont jeté les gants le 30 novembre... quelques jours après avoir joué au sein du même trio lors de l’affrontement entre les meilleurs espoirs du junior majeur canadien et ceux des États-Unis.

Or, il n’en est rien. Les deux hommes patinent ensemble au cours de l’été. Ils sont de bons amis. L’entraîneur de Martone n’a pas particulièrement aimé ce spectacle.

«Ce n’était pas vraiment un combat, tranche-t-il. Ils portaient des mitaines de four! J’ai dit à Porter: "Qu’est-ce que tu fais?! Si tu jettes les gants, tu dois te défendre." Il répond: "Il n’allait pas me frapper!" Mais tu ne sais jamais. Au plus haut niveau, quand tu engages le combat, tu dois essayer de faire mal au gars. Je n’étais pas trop content.»

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Martone rit quand on lui rapporte la tirade de son entraîneur.

«Je n’ai pas réussi à m’accrocher proprement à lui alors on est juste tombés ensemble, se défend-il. Je voulais simplement donner un avantage à mon équipe et on a gagné le match. On est de bons amis à l’extérieur de la glace, mais sur la glace, je dirais que je n’ai pas beaucoup d’amis...»

Le troisième Tkachuk

Le combat entre les deux jeunes attaquants n’a pas fait de maître, mais Martone semble avoir une longueur d’avance sur son ami Misa dans la course au premier rang du repêchage s’il faut se fier à l’invitation qu’Équipe Canada junior lui a tendue pour son camp de sélection.

Quand un espoir avec ce talent se comporte sur la patinoire comme s’il était le troisième frère Tkachuk, on comprend les dirigeants du Canada de vouloir l’observer de très près.

«Mon jeu est inspiré des Tkachuk et de Perry, confirme Martone. Trois gars rugueux avec un niveau d’habiletés très élevé. Moi, je suis un gros attaquant de puissance avec un quotient intellectuel de hockey qui est très haut. Je suis une menace partout sur la patinoire et j’essaye constamment de soutirer un avantage à mon équipe, que ce soit en créant des jeux, en marquant un but ou en effectuant une grosse mise en échec. Je suis un compétiteur.»

Photo fournie par les STEELHEADS DE BRAMPTON
Photo fournie par les STEELHEADS DE BRAMPTON

Il a plus d’une corde à son arc et il ne saurait lui-même vous dire s’il est un franc-tireur ou un fabricant de jeux. Une dualité corroborée par son entraîneur. 

«Porter peut faire des passes que les autres joueurs ne voient pas et quand c’est le temps de finir des jeux, il a une superbe dégaine; il peut changer l’angle de son tir, souligne Richmond. Il jouera sur les deux premiers trios dans la LNH.»

Mais par-dessus tout, sélectionner Martone, que ce soit pour Équipe Canada ou au repêchage, c’est un choix pour la culture. Le «C» n’est pas cousu sur ses chandails par hasard.

«Que ce soit avec un gars du premier ou du quatrième trio, il adore être avec ses coéquipiers et parler de ses coéquipiers, louange Richmond. Il est passionné avec tout le monde. Il adore le hockey et il adore les gens qui gravitent dans le hockey.

«Il a une passion pour la game et un niveau de compétition qui sont assez uniques, de sorte qu’il va surmonter n’importe quel obstacle dans son chemin vers la LNH. Quand tu combines ça à ses habiletés individuelles, tu te retrouves avec un joueur de très haute gamme.»

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