Politiciens, ne portez pas malchance au Canadien!


Antoine Robitaille
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Ça peut avoir l’air bien sympathique et « proche du peuple », pour un politicien, d’enfiler le gilet de son équipe sportive affrontant un grand défi. Comme l’ont fait hier la première ministre du Québec, Christine Fréchette, et la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
Mais c’est un geste extrêmement risqué ! Ça peut porter malchance à l’équipe ! Du moins, c’est ce que finissent par croire bien des partisans que les séries éliminatoires rendent paranoïaquement superstitieux !
Selon les « experts », il y aurait plusieurs cas documentés.

Charest porte malchance
On remonte au mois d’avril 2004. L’ancien premier ministre Jean Charest est au pouvoir depuis un an, mais 66 % des Québécois sont déjà très insatisfaits de son gouvernement. Quand le Canadien, en éliminatoires, élimine les Bruins après avoir tiré de l’arrière 3 à 1, le premier ministre impopulaire enfile le gilet du CH et l’exhibe dans les couloirs du parlement.
« Charest tente de mousser sa popularité », se moque le caricaturiste Beaudet dans Le Journal, au-dessus d’un Jean Charest racoleur, avec son gilet.
Sauf qu’en deuxième ronde, malédiction !
Tampa Bay sort la Sainte-Flanelle en quatre matchs !
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
« Charest s’est rendu coupable de récupération politique », peste François Gagnon dans Le Soleil, avec un sourire : « Pendant que les joueurs du Tricolore refusaient de pavoiser pour éviter de conjurer le mauvais sort, le premier ministre québécois se pavanait avec son chandail bleu, blanc et rouge sur le dos. Résultat : le Canadien s’est aussitôt fait éliminer. »
Le caricaturiste Chapleau, dans La Presse, dessine un Charest piteux, avec son gilet bleu-blanc-rouge trop grand, sous cette question : « Qui a bien pu porter malchance au Canadien ? ».

Au fait, Paul St-Pierre Plamondon a-t-il nui au CH lors du deuxième match, mardi soir, en faisant une fine analyse des perspectives du Canadien, au Bilan de Paul Larocque ? Faudrait-il réviser toutes les fois où François Legault a osé porter le gilet du CH en public, comme le 2 juin 2021? Bon, cette fois, le Canadien l’avait emporté contre les Jets. N’empêche, nos élus jouent avec le feu !

La malédiction Carney
Sachez que, dans le ROC (Rest of Canada), en octobre dernier, on a commencé à observer un « mauvais sort Carney » (Carney Curse).
Car le premier ministre fédéral avait visité le Centre Rogers et passé du temps dans l’abri des joueurs, avant la défaite crève-cœur des Blue Jays en Série mondiale de baseball.
Début novembre, le chroniqueur Brian Lilley s’amusait, dans le Toronto Sun, en soulignant que le premier ministre fédéral avait aussi été présent lors de l’élimination des Oilers d’Edmonton (son équipe préférée), mais aussi de l’équipe nationale féminine de rugby, de l’équipe nationale masculine de soccer « et de bien d’autres équipes »!

« Les Blue Jays ont clairement été victimes de la malédiction de Carney ! » s’indignait faussement Lilley.

