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Policiers ou cowboys: Tyreek Hill et la violence policière

Photo AFP
Photo portrait de Luc Laliberté

Luc Laliberté

2024-09-11T15:30:00Z

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Je voyage régulièrement aux États-Unis, que ce soit en famille, seul pour le travail ou encore avec mes étudiants. Je répète constamment qu’on ne doit jamais jouer au plus fin avec les policiers américains ou les provoquer parce que ceux-ci agissent bien différemment des policiers sur le territoire québécois. 

C’est ce qui m’est venu à l’esprit en regardant la vidéo de l’arrestation du joueur des Dolphins de Miami Tyreek Hill. Intercepté un peu avant le premier match de la saison, Hill a refusé de se soumettre aux caprices des officiers et s’est rapidement retrouvé au sol.

Pas du racisme, plutôt de la brutalité

Ce qui frappe quand on décortique la vidéo, c’est la rapidité avec laquelle l’intensité grimpe. Le joueur des Dolphins est clairement en défaut, il roulait beaucoup trop vite et le reconnaît.

Cependant, à aucun moment il ne refuse de montrer ses papiers ou de collaborer. Il ose cependant ne pas respecter les consignes à la lettre. Ne baissant pas totalement la fenêtre de sa rutilante McLaren, il «désobéit» à l’officier.

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Rien dans l’incident ne justifie ce qu’on voit ensuite. Ils s’y mettent à plusieurs pour le sortir de sa voiture, le plaquer au sol et lui passer les menottes. Tyreek Hill y a vu un incident racial, pas moi.

C’est à mes yeux beaucoup moins un «driving while black» (conduire en état de négritude) – les officiers ne sont d’ailleurs pas blancs – qu’un cas flagrant de brutalité policière inutile. Plutôt que de désamorcer une situation, on provoque une crise.

Outre mes expériences personnelles, un commentaire d’un ami m’est également revenu en mémoire. Cet ancien policier avait collaboré à maintes reprises avec les forces policières américaines pour accompagner des prisonniers.

Il déplorait le manque de formation de ses collègues au sud de la frontière. Il m’a répété à quelques reprises: «Les policiers américains sont des cowboys.»

Mauvaise vision du rôle d’un policier

L’attitude et le comportement de nombreux policiers trouvent leurs origines dans l’histoire, ancienne comme récente. Si j’ai été farouchement opposé au slogan Defund the police (coupons dans les budgets) utilisé par de nombreux manifestants, j’appuierais sans réserve une réforme de la formation dispensée par plusieurs corps policiers.

Le FBI répertorie les incidents de brutalité policière. Les chiffres sont ahurissants. Depuis 2016, les forces de l’ordre tuent en moyenne trois personnes par jour sur le territoire américain et 90% de ces décès sont attribuables à l’utilisation des armes à feu.

En 2020, un journaliste de The Guardian écrivait qu’on pouvait difficilement réformer les services de police aux États-Unis parce qu’ils glorifient la répression, ils s’inspirent des militaires déployés en zones de guerre et ils protègent les puissants avec le peuple.

Possible que ce jugement soit dur et exagéré, mais force est d’admettre que leurs approches débouchent souvent sur la confrontation. Tyreek Hill méritait une contravention, mais on pouvait éviter la brutalité.

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