Police de l'immigration et manifestations au Minnesota: la LNH et le Canadien sur leurs gardes


Jonathan Bernier
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SAINT PAUL | Dans la foulée des événements qui ont secoué et qui continuent toujours de secouer la ville de Minneapolis en raison de la présence de la police fédérale de l’immigration (ICE), la LNH a émis quelques recommandations aux équipes qui sont de passage au Minnesota pour visiter le Wild.
Ainsi, les joueurs du Canadien ont formellement été avisés de ne pas s’éloigner à plus de trois pâtés de maisons de l’hôtel dans lequel ils résident. Il leur a également été conseillé d’être en possession de leur passeport à tout moment. Pas de souper dans les restaurants les mieux cotés de la ville, comme c'est souvent le cas la veille des matchs.
«Disons que je ne suis pas sorti bien loin. Je suis allé au Whole Foods en face et je suis revenu, a raconté Alexandre Carrier, lundi midi. Comme on ne sait jamais ce qui peut se passer, il n’était pas question de me mettre dans le trouble.»
Même si c’était le calme plat lors du passage du Journal dans cette métropole américaine, le défenseur a reconnu avoir ressenti un peu d’insécurité à l’idée de mettre les pieds dans cette ville.

«Je ne me sentais pas en détresse de venir ici, mais ça demeure une situation assez particulière, a raconté le défenseur à l’auteur de ces lignes. J’ai parlé avec Cole Smith, un de mes anciens coéquipiers à Nashville, qui est originaire de la région. Il me disait de me tenir loin du centre-ville.»
Un conseil que Carrier aurait suivi volontiers n’eût été le fait que l’hôtel du Canadien se trouve au cœur de Minneapolis.
L’insouciance de la jeunesse
La bonne nouvelle, c'est que les hommes de Martin St-Louis n'auront pas eu trop de temps libres puisqu'ils sont arrivés dimanche en fin d'après-midi, après un entraînement à Buffalo. Ils se sont pliés à leur routine de journée de match, lundi, et passeront de nouveau la matinée à l'arena, mardi, avant de s'envoler vers Winnipeg. D'ailleurs, sauter dans l'avion le lendemain du match, au lieu de le faire immédiatement après la rencontre, ou tenir un entraînement avant de quitter vers la prochaine destination est devenu la norme chez le Canadien, depuis l'an passé.
Originaire du Michigan, Lane Hutson est l’un des trois Américains à porter les couleurs du Tricolore. Même s’ils tapissent les bulletins de nouvelles, les événements qui se déroulent dans son pays d’origine semblent, pour lui, avoir lieu sur une autre planète.
«J’entends un peu parler de ce qui se passe, mais j’habite à Montréal, a-t-il déclaré. C’est certain que je souhaite que la situation revienne à la normale, mais je ne me sens pas moins en sécurité ici qu’ailleurs.»
Ce n’est pas très surprenant. Ce qu’on oublie souvent, c’est que bien qu’ils soient des idoles, les jeunes hockeyeurs professionnels ne sont pas différents des contemporains de leur âge, incluant le niveau d’insouciance. Sans compter que Hutson, à 21 ans, passe le plus clair de son temps sur la patinoire ou dans le gymnase.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
La NBA a repoussé un match
On se rappellera que l’ICE a été déployée à Minneapolis, il y a maintenant un mois. Un déploiement qui a mené à une série de manifestations et d’affrontements dans les rues de cette ville de plus de 400 000 habitants et duquel ont découlé les morts des manifestants Renée Good et d’Alex Pretti, de même que l’arrestation d’un enfant de cinq ans (qui a depuis été relâché).
Le 24 janvier, dans les heures suivant le décès de M. Pretti, la NBA a repoussé au lendemain le match qui opposait les Warriors de Golden State au Timberwolves du Minnesota. Le circuit Bettman n’a pas cru bon faire de même. Pour le moment, du moins.
Il faut dire que le Target Center, le domicile des Timberwolves, est situé en plein cœur de Minneapolis, ce qui n’est pas le cas du Grand Casino Arena, qui a pignon sur rue dans la ville voisine de Saint Paul.