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Vol d’Ukraine International Airlines: un rapport qui «soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses»

AFP

Raphaël Pirro

2021-03-18T21:46:30Z

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Plus d’un an après l’abattage du vol 752 d'Ukraine International Airlines qui a tué 176 personnes, dont 55 Canadiens et 30 résidents permanents, le Bureau de la sécurité des transports (BST) estime que le rapport final de l’Iran sur la tragédie «soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses». 

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Dans le rapport iranien transféré au BST, on explique que l’unité de défense aérienne a pris l’avion pour une menace en raison d’un «mauvais alignement du radar du lance-missile», et que «l'opérateur n'avait pas reçu l'autorisation de tirer des officiers supérieurs, comme il l'aurait dû».

«Jusqu'à maintenant, l'Iran n'a produit aucune preuve pour appuyer ce scénario. Toutefois, il s'agit d'une explication plausible de ce qui s'est produit», a expliqué jeudi Kathy Fox, présidente du BST.

L’avion civil avait été la cible de missiles de l’armée iranienne peu après son décollage, le 8 janvier 2020, dans un contexte d’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis après l’assassinat par l’administration Trump du général iranien Qassem Soleimani cinq jours plus tôt.

L’Iran avait reconnu par la suite une «erreur humaine».

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Parmi les 176 morts, 136 avaient des liens avec le Canada, incluant les citoyens et les résidents canadiens.

Des questions sans réponses

En conférence de presse jeudi matin, la présidente du BST a affirmé que bon nombre de questions sont restées sans réponses.

De fait, l’agence fédérale a fait parvenir plus d’une centaine de questions à l’Iran. Or, une grande partie d’entre elles ont été ignorées, ce qu’a déploré Mme Fox.

«En principe, le BST ne commente pas les rapports d'autres organismes», a expliqué sa présidente Kathy Fox par rapport à l’enquête iranienne, mais étant donné qu’il s’agit d’une «situation inédite», l’agence fédérale a cru bon de se positionner sur le contenu de l’enquête.

Le rapport «explique ce qui s’est produit, mais n’explique pas pourquoi cet événement s’est produit», laissant en suspens une foule de questions sous-jacentes aux faits mis de l’avant.

Ewan Tasker, enquêteur au BST, a mentionné que l’Iran avait choisi dès le départ de limiter la portée de l’enquête.

«Dans le cas de l’Iran, c’était clair dès le début qu’ils n’avaient pas l’intention de creuser trop loin dans l’aspect militaire de l’enquête», un aspect pourtant crucial pour la compréhension du déroulement des événements.

Sans avoir vu de preuve concrète de restriction des enquêteurs ou d’efforts délibérés pour «obscurcir» la réalité des événements, M. Tasker a expliqué que «l’environnement» dans lequel étaient plongés les enquêteurs ne leur permettait pas d’aborder l’aspect militaire de la question, pourtant essentiel.

Selon Kathy Fox, deux questions cruciales qui sont restées sans réponse, nommément : Pourquoi l'espace aérien est-il resté ouvert malgré le contexte tendu à l’époque? Et, parallèlement, pourquoi les transporteurs aériens ont-ils poursuivi leurs activités?

L’absence de réponse à ces questions réduit la précision des mesures pouvant être prises à l’avenir pour qu’une telle tragédie se reproduise, a relevé le BST.

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