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Fonds Harold Greenberg: plusieurs producteurs demandent à Bell de reculer

Photo d'Archives, Agence QMI

Agence QMI

2020-09-03T20:06:00Z

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D’autres voix se sont ajoutées jeudi pour dénoncer la décision de Bell de cesser de contribuer au Fonds Harold Greenberg qui finance des films.

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Dans une lettre adressée à Karine Moses, présidente de Bell Média Québec, la productrice Fanny-Laure Malo, de La Boîte à Fanny («Sarah préfère la course», «Pays») évoque sa «profonde inquiétude» relativement à la décision de Bell de mettre fin aux volets d’aide à la prise d’option, d’aide à la scénarisation, d’aide au parachèvement de l’écriture et d’aide à la production de long métrage de fiction du Programme de langue française du Fonds Harold Greenberg (FHG).

Elle invite Bell, comme l’ont fait d’autres acteurs du milieu en début de semaine, à se raviser.

«Le poids économique de notre secteur et les répercussions de son débalancement créées par ces fermetures ne sont pas à sous-estimer», écrit Mme Malo, qui évoque les «conséquences économiques» que provoquera ce choix de Bell Média.

«Je comprends que la date de fin de ces programmes correspond à la fin des obligations contractuelles de Bell Média envers le FHG suivant l’acquisition d’Astral en 2013», poursuit la productrice.

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«Mais cette transaction remonte à plus de sept ans. En sept ans, notre industrie a pris plusieurs coups durs. Que l’on pense à la réduction des crédits d’impôt à la production cinématographique en 2014, l’augmentation (grandement justifiée cela dit) des cachets des scénaristes, réalisateurs, techniciens et artistes suite à la renégociation des ententes collectives, les fonds des institutions publiques qui n’ont pas suivi l’augmentation des coûts de développement et de production, et finalement la pandémie de la COVID-19», a-t-elle ajouté.

La lettre de Fanny-Laure Malo est appuyée par plusieurs autres producteurs, dont Sylvain Corbeil de Metafilms («Mommy»), Antonello Cozzolino d’Attraction Images («MAFIA inc.»), Luc Déry et Kim McCraw de micro_scope («Incendies»), Pierre Even d’Item 7 («Rebelle»), Roger Frappier de Max Films («Le déclin de l’empire américain»), Nancy Grant de Metafilms et de Productions Sons of Manual («Matthias & Maxime»), Julie Groleau de Couronne Nord («Jusqu’au déclin»), Christian Larouche des films Opale («Louis Cyr»), René Malo de Productions Laurem («Le déclin de l’empire américain»), Louis Morissette et Louis-Philippe Drolet de KO24 («Le Mirage»), Kim O’Bomsawin et Alexandre Bacon de Terre Innue («Innu Nikamu: Chanter la résistance»), Bernadette Payeur d’ACPAV («Antigone»), Nicole Robert de Go Films («1991»), Denise Robert de Cinémaginaire («Les invasions barbares») et François Tremblay de Lyla Films («La Passion d’Augustine»).

Pour sa part, l'Union des producteurs et productrices de cinéma du Québec (UPPCQ) a réagi en rappelant l'«extrême précarité de nos entreprises de production de cinéma».

«Il nous semble qu'à l'évidence le groupe Bell Média ne craint aujourd'hui ni le CRTC ni la sanction du public. La montée en puissance des acteurs du domaine de service par contournement, soit les Amazon, Netflix – auxquels tentent de répondre les Illico et Crave – explique l'essentiel de la perte d'autorité du CRTC. La crise sanitaire a accéléré la migration des consommateurs québécois vers ces services de contournement où la langue semble d'importance minime. Bell ne voit donc pas pourquoi il devrait soutenir une production française coûteuse dans ce contexte, sans la peur du bâton et l'attrait de la carotte», a écrit l'UPPCQ, par communiqué.

«Si la réponse à court terme pour le domaine de la production à la crise qui le secoue peut bien être d'arriver à forcer Bell, dont le siège social est à Montréal, à revenir sur sa décision sous la menace de sanction du CRTC sur Noovo, une réponse plus fondamentale demandera des actions encore plus décisives. Il s'agit de forcer la présence des contenus nationaux sur toutes les grandes plateformes exploitant notre territoire», a-t-on ajouté.

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