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«Plus personne n’écoute personne»: ce Québécois du Wisconsin ne parle plus à son voisin pro-Trump

Marc-Antoine Laporte est une sorte de mouton noir dans son village qui appuie fortement l’ancien président républicain

Photo portrait de Olivier Faucher

Olivier Faucher

2024-11-02T04:00:00Z

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Un Québécois démocrate qui vit au Wisconsin ne parle plus à son voisin d’en face depuis que celui-ci a installé des pancartes en soutien à Donald Trump.

«Ce que je trouve dommage, c’est que j’ai l’impression que plus personne n’écoute personne», résume Marc-Antoine Laporte, originaire de Montréal.

L’homme de 52 ans a emménagé avec sa conjointe américaine en 2011 à Stoughton, petite ville de 12 000 âmes. Il l’a rencontrée alors qu’elle était de passage au Canada.

PHOTO FOURNIE PAR MARC-ANTOINE LAPORTE
PHOTO FOURNIE PAR MARC-ANTOINE LAPORTE

Indépendantiste québécois, il a trouvé refuge dans les valeurs progressistes du parti démocrate. Ce n’est toutefois qu’en 2019, qu’il a obtenu sa citoyenneté et du même coup le droit de vote.

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«Ça m’a donné une liberté de m’exprimer sur les enjeux politiques. C’est toujours assez délicat de le faire quand on a un accent.»

Lors de la campagne présidentielle de 2020, le Québécois qui travaille comme gérant dans un restaurant a installé des pancartes pro-Biden devant sa maison. Son voisin d’en face a alors répliqué en installant des affiches pro-Trump.

«On ne s’est plus parlé depuis ce temps-là», se désole-t-il.

La maison du voisin d’en face de Marc-Antoine Laporte
La maison du voisin d’en face de Marc-Antoine Laporte PHOTO FOURNIE PAR MARC-ANTOINE LAPORTE
Dans un État clé

Le Montréalais d’origine a souvent l’impression d’être le mouton noir de son village très majoritairement blanc et pro-Trump.

«En 2020, je faisais du bénévolat pour la campagne de Biden et je me suis fait dire assez carré [par un pro-Trump] qu’un immigrant qui cogne à la porte pour demander s’il veut voter Biden, ce n’est pas une super bonne idée», dit-il.

Au cours des derniers mois, M. Laporte a installé de nouvelles pancartes sur son terrain en soutien à Kamala Harris. Chez son voisin, une pancarte montrant une photo de Trump le poing en l’air après sa tentative d’assassinat a fait son apparition.

Le Wisconsin fait partie de la poignée d’États clés [Swing States] que se disputent farouchement les candidats à la présidence.

«[Ça] m’encourage à m’impliquer et [à] demander souvent aux gens autour de moi s’ils sont inscrits pour le scrutin de novembre», explique-t-il.

Expatrié en élection 

  • Marc-Antoine Laporte
  • 52 ans 
  • Stoughton
  • Gérant de restaurant
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