«Plus personne n’écoute personne»: ce Québécois du Wisconsin ne parle plus à son voisin pro-Trump
Marc-Antoine Laporte est une sorte de mouton noir dans son village qui appuie fortement l’ancien président républicain

Olivier Faucher
Partager
Un Québécois démocrate qui vit au Wisconsin ne parle plus à son voisin d’en face depuis que celui-ci a installé des pancartes en soutien à Donald Trump.
«Ce que je trouve dommage, c’est que j’ai l’impression que plus personne n’écoute personne», résume Marc-Antoine Laporte, originaire de Montréal.
L’homme de 52 ans a emménagé avec sa conjointe américaine en 2011 à Stoughton, petite ville de 12 000 âmes. Il l’a rencontrée alors qu’elle était de passage au Canada.

Indépendantiste québécois, il a trouvé refuge dans les valeurs progressistes du parti démocrate. Ce n’est toutefois qu’en 2019, qu’il a obtenu sa citoyenneté et du même coup le droit de vote.
«Ça m’a donné une liberté de m’exprimer sur les enjeux politiques. C’est toujours assez délicat de le faire quand on a un accent.»
Lors de la campagne présidentielle de 2020, le Québécois qui travaille comme gérant dans un restaurant a installé des pancartes pro-Biden devant sa maison. Son voisin d’en face a alors répliqué en installant des affiches pro-Trump.
«On ne s’est plus parlé depuis ce temps-là», se désole-t-il.

Dans un État clé
Le Montréalais d’origine a souvent l’impression d’être le mouton noir de son village très majoritairement blanc et pro-Trump.
«En 2020, je faisais du bénévolat pour la campagne de Biden et je me suis fait dire assez carré [par un pro-Trump] qu’un immigrant qui cogne à la porte pour demander s’il veut voter Biden, ce n’est pas une super bonne idée», dit-il.
Au cours des derniers mois, M. Laporte a installé de nouvelles pancartes sur son terrain en soutien à Kamala Harris. Chez son voisin, une pancarte montrant une photo de Trump le poing en l’air après sa tentative d’assassinat a fait son apparition.
Le Wisconsin fait partie de la poignée d’États clés [Swing States] que se disputent farouchement les candidats à la présidence.
«[Ça] m’encourage à m’impliquer et [à] demander souvent aux gens autour de moi s’ils sont inscrits pour le scrutin de novembre», explique-t-il.
Expatrié en élection
- Marc-Antoine Laporte
- 52 ans
- Stoughton
- Gérant de restaurant
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.