«Plus grand que le ciel», le nouveau roman de Virginie Grimaldi, a été écrit dans les émotions suivant le décès de son père
Une rencontre imprévue qui guérit des blessures profondes


Marie-France Bornais
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Autrice de livres vendus à plusieurs millions d’exemplaires et traduits dans plus de 20 langues, l’écrivaine française Virginie Grimaldi s’inspire de ses émotions et d’expériences vécues pour imaginer des histoires captivantes portées par des personnages attachants. C’est encore ce qu’elle fait dans Plus grand que le ciel, son dernier roman, où un homme et une femme ont mystérieusement rendez-vous avec leur destin.

Elsa, une conseillère funéraire à la personnalité mordante, est terrassée par la mort de son père. Vincent, un romancier rêveur, est tourmenté par une grande blessure.
Ils ne sont pas censés se rencontrer... mais un beau jour, elle est en retard au cabinet du psychiatre. Et il est en avance.
En entrevue via courriel, Virginie Grimaldi explique que Plus grand que le ciel est parti d’un besoin profond qu’elle ressentait d’écrire à son père, décédé quelques semaines plus tôt. «J’ai eu besoin de poursuivre notre relation, et l’écriture a été, comme toujours, mon exutoire et un moyen de transcender tout ce chagrin dont je ne savais que faire. Les personnages se sont invités naturellement, comme pour me protéger de la réalité à travers la fiction», écrit-elle.
«Tous mes romans partent d’une émotion ou d’une expérience vécue. Ici, les deux personnages sont fictifs, mais je leur ai prêté un peu de mon vécu ou de mon ressenti.
«Elsa vient de perdre son père et, à travers elle, j’explore le deuil d’un parent, l’absence et la force des souvenirs. Vincent est un écrivain un peu dépassé par son succès, et je me suis amusée à glisser dans son histoire des anecdotes personnelles.»
Par hasard?
Dans le roman, deux personnes se rencontrent «par hasard» et s’apportent finalement quelque chose d’important l’un et l’autre. Que pense-t-elle des synchronicités et des hasards du destin? «À mon grand regret, je suis très cartésienne», répond-elle.
«J’aimerais avoir la certitude que nous retrouverons un jour les êtres chers, j’aimerais croire aux signes. Je me contente d’espérer. D’espérer que le hasard n’existe pas et que les petites coïncidences auxquelles on s’accroche veulent vraiment dire quelque chose.»
Le temps qui passe
Des thèmes très intéressés sont explorés dans Plus grand que le ciel: le deuil, la reconstruction de soi, la résilience. Ce sont des sujets qui lui sont chers. «Le temps qui passe a toujours été mon obsession. Je crois que c’est, en filigrane, le thème central de tous mes romans. Depuis que je suis petite, j’ai peur de perdre les gens que j’aime et je n’accepte pas l’idée qu’on disparaîtra un jour. Écrire sur ce sujet me permet d’exorciser ces peurs, de digérer l’inacceptable, mais aussi, grâce aux retours des lecteurs, de me sentir moins seule.»
Un long et lent processus
Traverser les étapes du deuil est un long processus, et Elsa vit cela à fond. «Elsa est piquante, elle explique d’ailleurs à un moment qu’elle se sent tellement vulnérable qu’elle a besoin de sortir ses épines», explique Virginie Grimaldi.
«J’avais envie de parler du temps du deuil. J’ai le sentiment qu’on estime devoir se remettre vite, que les autres attendent de nous qu’on aille bien. Je crois qu’on a le droit d’aller mal et de prendre le temps, même s’il s’étire.»
Vincent partage quelques traits de personnalité avec l’écrivaine. «Vincent m’a piqué mon manque de confiance et mon humour. Je n’avais pas prévu qu’il soit romancier, il s’est imposé comme ça. À travers lui, j’ai dévoilé quelques coulisses de ce milieu, notamment le rapport aux lecteurs et aux éditeurs. J’aime sa gentillesse. C’était important qu’il soit gentil. Je trouve que c’est une qualité dépréciée, or elle est essentielle.»
Éprouvant à écrire
Le roman, très chargé émotivement, n’a pas été facile à écrire. «C’est l’un des romans qui a été le plus éprouvant à écrire. Je l’ai écrit en apnée, connectée à mes émotions et à mon père. L’écriture a été aussi douloureuse que salvatrice.»
Plus grand que le ciel
Virginie Grimaldi
Éditions Édito
Environ 336 pages
- Virginie Grimaldi est l’autrice de plusieurs best-sellers.
- On lui doit notamment Il est grand temps de rallumer les étoiles, Il nous restera ça, Les possibles et Le premier jour du reste de ma vie.
- Ses romans sont traduits en plus de 20 langues et vendus à plusieurs millions d’exemplaires.
- Elle travaille sur sa peur de l’avion pour éventuellement venir à la rencontre de ses lecteurs québécois.
- Elle a fait du camping avec ses parents quand elle était jeune (elle en parle dans le roman!).
«Ça m’a frappée quelques jours après la mort de mon père. Je me suis dit: “Il ne faut pas que je sombre, je dois rester debout.” Même brisée par l’une des pires épreuves, mon but ultime était d’aller mieux. Tout de suite mieux. Et pour la première fois, je n’ai pas réussi.»
–Virginie Grimaldi, Plus grand que le ciel, Éditions Édito
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