«On a dix offres de stages par étudiant»: plus de 52 000 ingénieurs recherchés d’ici 10 ans au Québec

Francis Halin
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Plus de 52 000 professionnels en génie seront nécessaires au Québec pour répondre aux besoins criants de main-d’œuvre ces dix prochaines années, d’après une étude de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) obtenue par Le Journal.
«Il faut redoubler d’efforts pour s’assurer que l’on ait ces 52 000 étudiants-là. On va maintenant voir les jeunes au niveau secondaire», a expliqué au Journal Sophie Larivière-Mantha, présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ).
Même si elle pense pouvoir y arriver grâce aux étudiants et à l'immigration, il s'agira d'un défi pour le Québec en pleine pénurie de main-d'oeuvre.
«L’équilibre sera fragile en informatique, en aérospatiale et en électronique. Il pourrait y avoir un déficit. Il faut en faire plus», ajoute-t-elle.

D’après l’OIQ, l’appétit pour les ingénieurs explosera de 40% en l’espace d’à peine dix ans. Celle-ci sera propulsée vers le haut par le génie informatique (+73%), le génie chimique (+47%) et le génie aérospatial (+30%), croissance économique, départ à la retraite et mobilité régionale obligent.
C’est dans les Laurentides, Lanaudière, Chaudière-Appalaches et la Capitale-Nationale que les besoins se feront plus pressants en raison de la croissance démographique, analyse l’organisation.
«En allant en génie, je cherchais un peu la sécurité parce que je savais que les perspectives d’emploi étaient bonnes», confie Coralie Grégoire, 24 ans, finissante en génie informatique à l’Université de Sherbrooke.

«Dix offres de stages par étudiant»
Selon elle, avec l’avènement du robot conversationnel ChatGPT et l’intelligence artificielle, l’informatique s’imposera à peu près partout dans le monde du travail.
«On a dix offres de stages par étudiant. On peut avoir en sortant entre 60 000$ et 90 000$. Ça peut augmenter vraiment rapidement avec notre plein titre», lance Coralie Grégoire.
À quelque 200 kilomètres de là, à l’Université Laval, Olivier Doiron, 27 ans, finissant à la maîtrise en génie mécanique, sent aussi l’effervescence.
«Les futurs ingénieurs ont le gros bout du bâton. C’est l’offre et la demande. Si tu es un employé modèle, l’employeur n’aura pas le choix de payer plus cher», souffle-t-il.

Comme ingénieur, Olivier Doiron pourra gérer des techniciens ou encore effectuer de la conception 3D de machines avec des calculs de résistance des matériaux.
Les écoles font le plein
Mercredi, Le Journal a demandé aux écoles de génie québécoises si les inscriptions étaient au rendez-vous.
«Nous avons une augmentation de 20% de la population étudiante totale (effectif étudiant) en génie à la Faculté des sciences et de génie depuis l’automne 2021. La faculté compte 2635 étudiants inscrits dans les programmes de génie à l’automne 2023», a souligné la porte-parole en génie de l’Université Laval, Laurie Couture.
«À la rentrée d’automne 2023, nous avons constaté une augmentation de 14% des nouveaux étudiants au baccalauréat, par rapport à 2022», a mentionné Olivier Audet, porte-parole de l’École de technologie supérieure (ÉTS).

À l’Université de Sherbrooke, le nombre d’étudiants en génie est passé de 3728, en 2021-2022, à 3827, en 2022-2023, en hausse d’à peine 99, ou 3%.
Pour ce qui est de Polytechnique Montréal, qui fête ses 150 ans cette année, le nombre d’étudiants au baccalauréat est passé de 5730, en 2022, à 5767, en 2023, en hausse de 37, ou de moins de 1%.
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