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La bulle immobilière l'empêche de s’offrir le calme de la région pour sa retraite

Lorraine Mougeot dans son appartement de Montréal-Nord.
Lorraine Mougeot dans son appartement de Montréal-Nord. Photo Martin Alarie

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

2021-09-04T12:50:13Z

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Souhaitant quitter la métropole pour s’installer dans le calme des Laurentides, une aînée de Montréal a vu la bulle immobilière avoir raison du projet qui l’aurait menée à la retraite d’ici quelques années.

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Âgée de 73 ans, Lorraine Mougeot est active et travaille toujours comme soutien linguistique auprès de jeunes étudiants. Voyant les années passer, elle songeait à déménager depuis deux ou trois ans, mais voilà que les derniers mois l’ont convaincue de quitter le quartier chaud de Montréal-Nord.

« Le voisinage a tellement changé, je ne me sens plus chez nous », confie la dame, abordant la problématique de violence qui frappe la métropole.

« Plusieurs personnes ici voudraient déménager, il y a de la violence, des fusillades à beaucoup d’endroits, mais les gens n’ont plus les moyens avec la hausse des prix ».

Du jamais-vu

Cette hausse des prix a été provoquée par la bulle immobilière qui a accompagné la pandémie de COVID-19.

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« Du jamais-vu », confie le courtier immobilier Éric Léger, dans le milieu depuis 38 ans. Ruée vers l’achat de propriétés, montée du télétravail provoquant un exode vers les régions, le résultat, lui, force Mme Mougeot à renoncer à son projet.

« C’est tout simplement rendu pas abordable, ça a contrecarré mes plans », confie la dame qui rêvait du calme des Laurentides. « C’est quelque chose que je ne pourrais plus me permettre ».

M. Léger convient que certaines personnes comme Mme Mougeot ont pu être victimes du boom immobilier.

Les gens qui étaient locataires et qui souhaitaient faire le grand saut ont vu leur pouvoir d’achat largement réduit. Mais ceux qui étaient propriétaires, eux, voient leur actif fructifier.

« L’achat, c’est sûr que c’est non. Ça a monté d’au moins 50 000 $ partout. Mais le locatif aussi a augmenté avec tout ça », déplore Lorraine Mougeot.

Patience

La future retraitée craint de ne jamais voir les prix revenir à un niveau plus acceptable, ce qui la forcerait à mettre une croix définitive sur ses plans. 

« Je suis prête à attendre de voir si ça va baisser, mais je commence à me dire que je rêve peut-être en couleur », soupire-t-elle.

Les experts sont aussi de plus en plus de cet avis. 

« La grande question, c’est de savoir si cette surchauffe est vraiment juste une bulle ou si on ne reverra tout simplement plus jamais les prix d’avant. Est-ce que le Québec est en train de se replacer sur le niveau national dans l’immobilier, je crois que oui », explique Éric Léger. 

Donc si ce n’est pas les Laurentides, ce sera ailleurs, espère Mme Mougeot. 

« Par contre, j’ai l’impression que je devrai être patiente. Ce n’est pas près d’être terminé », analyse la dame de 73 ans, à regret.

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