Plekanec parle de sa nouvelle vie de retraité du hockey et construit son équipe d’étoiles d’anciens coéquipiers du CH


Jean-François Chaumont
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Retraité de la LNH depuis le mois d’octobre 2018, Tomas Plekanec a maintenant choisi d’accrocher ses patins pour de bon après près de cinq autres saisons en Tchéquie à Brno et Kladno.
À 40 ans, 41 ans le jour de l’Halloween, Plekanec a prononcé le mot que redoutent tous les athlètes: «retraite».
Il l’a confirmé samedi après neuf matchs avec la formation de sa ville natale, les Knights de Kladno.
Lundi en début d’après-midi, Plekanec profitait déjà du nouveau chapitre de sa vie. Il se retrouvait en voiture avec ses deux plus jeunes enfants et sa femme pour rentrer à la maison à Prague.
«Oui, je suis en paix avec cette décision, a-t-il affirmé en entrevue téléphonique au Journal. J’avais pris le temps de mûrir ma décision, je n’ai pas choisi d’arrêter de jouer au hockey en y réfléchissant pendant une seule journée. C’était dans ma tête depuis une dizaine de jours. Je suis complètement en paix avec ça. Il s’agit du bon choix.»
Un malaise au dos a également pesé lourd dans la balance.
«Je n’avais pas comme objectif de jouer jusqu’à l’âge de 40 ans, a-t-il précisé en riant. J’y allais une saison à la fois. Cet été, je voulais encore jouer une autre année. Mais j’avais des problèmes avec mon dos. J’ai reçu une évaluation des médecins et c’était la décision intelligente d’arrêter.
«Je traînais une blessure au dos depuis déjà quelques années. J’avais de la douleur, je pouvais l’endurer, mais il y a une limite. Je veux rester actif à ma retraite. J’ai de jeunes enfants et je souhaite profiter de ce temps avec eux. Je désire faire du vélo, jouer au hockey, au tennis ou faire des randonnées en montagne sans ressentir de la douleur.»
À Kladno, Plekanec a partagé le même vestiaire lors des deux dernières saisons qu’une ancienne gloire de la LNH, Jaromir Jagr.
«Jagr jouera encore cette saison à Kladno. Il participe aux entraînements, mais il n’a pas encore participé à un match. Si j’avais à y aller d’une prédiction, je dirais qu’il jouera entre 15 et 20 matchs cette année. À l’âge de 51 ans, Il n’a plus la rapidité, mais il reste encore très fort pour protéger la rondelle. Il gardera un rôle qui lui convient à son âge.»
Des plans dans le hockey
Dans un futur immédiat, Plekanec consacrera du temps à sa famille et sa femme, Lucie Safarova, une ancienne joueuse de tennis de la WTA. Il ne fait toutefois pas une croix sur le monde du hockey.
«Je me suis toujours imaginé dans un rôle d’entraîneur, a-t-il répliqué. J’aime le hockey, j’aime travailler sur des systèmes et aider de jeunes joueurs à s’améliorer. Ça m’intéresse. Mais ça dépendra des offres. Je ne voudrais pas pour l’instant agir comme entraîneur en chef puisque ça gruge trop de ton temps. Tu passes encore plus d’heures à l’aréna que les joueurs.
«Je pourrais considérer une proposition en Amérique du Nord, si l’offre est très bonne! Mais je dirais que c’est plus logique de croire à un boulot en Tchéquie pour moi. J’ai de jeunes enfants à la maison.»
Celui qu’on surnommait comme l’homme au col roulé a-t-il reçu des conseils de sa conjointe pour chasser les «blues» d’une retraite à un jeune âge?
«Quand elle jouait, elle avait aussi des problèmes avec sa santé à la fin de sa carrière. La santé doit passer en première. C’était son principal conseil. Mais la décision d’accrocher mes patins était la mienne.»
«Il travaillera dès demain matin avec les enfants et dans la maison», a renchéri Lucie qui pouvait suivre la conversation en voiture.
«Montréal est la meilleure ville pour jouer au hockey» – Plekanec

Tomas Plekanec a participé à 1001 matchs dans la LNH. Il a endossé l’uniforme du Canadien à 984 reprises et celui des Maple Leafs seulement 17 fois.
Au niveau du circuit Bettman, Plekanec a eu le bonheur de se retirer comme membre du Canadien. Marc Bergevin avait refait son acquisition sur le marché des joueurs autonomes quelques mois après l’échange avec les Leafs.
Il a joué son dernier match avec le Tricolore le 17 octobre 2018. Il gardera toujours une grande place dans son cœur pour Montréal.
«Je ne regrette aucune minute de toutes mes années à Montréal. J’ai aimé ça du début à la fin. Oui, il y a eu des moments difficiles. Il y a des saisons où nous étions éliminés des séries à Noël. Mais ça faisait partie de mon aventure. Je le dis en y croyant fermement : Montréal est la meilleure ville pour jouer au hockey.
«Je ne sors pas cette phrase puisque j’ai joué pratiquement toute ma carrière dans la LNH avec le Canadien. J’ai la conviction qu’il s’agit de la meilleure place pour le hockey.»
2010 et 2014
Quand on lui demande de décrire ses plus beaux moments avec le Tricolore, le Tchèque n’hésite pas longtemps.
«Notre parcours en séries en 2010, a-t-il répliqué. Je me souviendrai toujours de nos victoires contre Washington au premier tour et ensuite contre Pittsburgh au deuxième tour. Il y avait de la magie avec cette équipe. Nous avions battu les grosses équipes d’Ovechkin et de Crosby, les deux meilleurs joueurs au monde à cette époque. Les deux fois, nous avions remporté des matchs #7. Les gens croyaient que c’était impossible.
«Je dois aussi parler du parcours en séries de 2014 jusqu’en finale de l’Est contre les Rangers de New York.»
Et sur le plan individuel, l’ancien centre a décrit deux moments qui se retrouvaient d’un spectre à l’autre.
«Je parlerais de mon 1000e match. Je revois l’ovation de la foule au Centre Bell. C’est un moment inoubliable. Et en plus, j’avais marqué mon dernier but dans la LNH ce soir-là [15 octobre 2018 contre les Red Wings de Detroit].
« Il y a aussi le premier match dans la LNH [31 décembre 2003]. J’avais joué avec le Canadien contre les Stars à Dallas. C’était un bon sentiment, mais je n’ai pas trop de souvenirs de cette journée. Ça se déroulait trop rapidement.»
Une invitation à venir ?
Signe des changements rapides dans la LNH, Plekanec ne compte que deux anciens coéquipiers toujours actifs avec le CH: Brendan Gallagher et Joel Armia.
Réservé de nature, Plekanec cherchait un peu ses mots quand on lui a demandé s’il accepterait de revenir à Montréal pour une soirée en son hommage.
«J’aime toujours revenir et visiter Montréal. Mais j’ai déjà reçu un hommage pour mon 1000e match. J’étais tellement heureux de la vague d’amour que j’avais reçu. Ça m’avait touché énormément. Je n’ai jamais songé à cette possibilité de voir le Canadien organiser une autre soirée en mon honneur.»
Le mot de la fin revient toutefois à sa femme.
«Absolument qu’il y serait», a-t-elle mentionné.
L’équipe d’étoiles d’anciens coéquipiers avec le Canadien de Plekanec
Gardien: Carey Price
Défenseurs: Shea Weber et Jaroslav Spacek
Attaquants: Alexeï Kovalev, Michael Cammalleri et Brendan Gallagher
«Je n’ai pas choisi Marky [Andreï Markov]. Je devrais probablement, il était incroyable comme défenseur. Mais Spaco [Jaroslav Spacek] était mon grand ami. Comme moi, il vient de la Tchéquie et j’avais tellement de plaisir avec lui. Markov était un joueur étoile à Montréal et un très bon coéquipier.»
Les cinq centres les plus difficiles à affronter
- Patrice Bergeron
- Sidney Crosby
- Ryan Kesler
- Nicklas Backstrom
- Joe Thornton
Des cinq, Plekanec avait un don pour faire sortir de ses gonds, Sidney Crosby. Un rôle qu’il aimait bien jouer.
«Je n’ai jamais aimé déranger un seul joueur!», a-t-il répliqué.