Plein gaz sur les ballonnements
Sandra Griffin
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On se sent gonflée après le repas? Nos gaz ruinent notre vie sociale? Ces situations sont si fréquentes que la nutritionniste Mélanie Ladouceur travaille exclusivement auprès de personnes souffrant de symptômes digestifs. Tour d’horizon avec une experte de la question.
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Une grande partie des gaz circulant dans le système digestif proviennent de l’air qui est avalé. On ingère fréquemment de l’air en mangeant, en buvant et en avalant sa salive et on le fait davantage s’il y a de la congestion nasale, que notre prothèse dentaire est mal ajustée ou que l’on mange vite. L’intestin distendu par l’air emprisonné est cause d’inconfort. Selon Mélanie Ladouceur, il existe plusieurs solutions pour diminuer les gaz et les ballonnements lorsqu’il n’y a pas de maladie ou d’intolérance sous-jacente:
- On mastique lentement et on ne parle pas en mangeant.
- On limite ou on évite les boissons gazeuses;
- On ne boit pas avec une paille;
- On évite la gomme à mâcher.
- On bannit la cigarette et la vapoteuse;
- On respire.
Si le ventre gonfle pendant la journée, des vêtements serrés ne feront qu’exacerber l’inconfort et pourront même y contribuer. On pense à porter des vêtements amples ou qui peuvent s’étirer.
Transition hormonale
«De 40 à 50 % des femmes souffriraient de troubles digestifs liés à la périménopause», peut-on lire dans le livre de Mirella Di Blasio, La périménopause sans filtre, 40 symptômes à apprivoiser. Les ballonnements, les crampes abdominales, les reflux, les flatulences et autres problèmes digestifs sont très fréquents en période de transition hormonale, confirme la diététiste-nutritionniste Celine Saloumi dans ce même ouvrage. «La progestérone ralentit le transit intestinal et augmente le risque de constipation associée aux gaz», explique-t-elle. La diminution du taux d’œstrogènes élève également le niveau de cortisol, hormone qui a des effets néfastes sur le système digestif. Le fait de tenir un journal alimentaire, puis de consulter une spécialiste pourrait éventuellement nous aider.
Syndrome de l’intestin irritable
Depuis 10 ans, le domaine médical connaît et utilise avec succès l’approche FODMAP chez les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable (SII). Cette méthode permet de cibler, puis de doser les aliments causant des inconforts. Chez les personnes qui ont le syndrome de l’intestin irritable, certains types de glucides sont peu ou pas absorbés par l’intestin grêle. Ces petites chaînes de glucides arrivent donc intactes au colon. S’ensuit une fermentation par les bactéries du microbiote ainsi qu’un appel d’eau, causant ainsi des gaz, de la distension abdominale ou même de la diarrhée. Le but de l’approche FODMAP est d’éliminer les aliments contenant ces sucres qui fermentent, puis de les réintégrer un à un afin de déco vrir lesquels posent réellement problème. On personnalise ensuite l’alimentation pour retrouver un confort gastro-intestinal sans sacrifier l’équilibre alimentaire. Avant de faire quoi que ce soit, Mélanie Ladouceur s’assure que la personne qu’elle accompagne est bien atteinte du SII. Cette confirmation du diagnostic est essentielle, puisque les symptômes pourraient être liés à une maladie cœliaque, à une maladie inflammatoire intestinale ou encore à un cancer des ovaires. Le suivi médical est donc primordial, et l’autodiagnostic n’a pas sa place.
L’approche FODMAP n’est pas pour tous. Les symptômes caractéristiques n’apparaissent que si la digestion est anormale ou excessive. La plupart des gens ne vivent aucun désagrément en ingérant ces aliments, qui, au contraire, ont un effet bénéfique sur le microbiote. Il est fortement recommandé d’être suivi par une nutritionniste dans les trois étapes du protocole, soit l’élimination, la réintroduction et la personnalisation. Ce processus s’échelonne généralement sur 10 semaines. Avoir des symptômes liés à la digestion des aliments est normal. S’ils deviennent douloureux ou très incommodants, il existe des solutions et des professionnels pour nous accompagner.
Transit au ralenti
La constipation aussi provoque son lot de symptômes incommodants. Lorsque le transit est ralenti, les matières fécales séjournent plus longtemps dans l’intestin, et donc fermentent davantage, avec les conséquences qu’on imagine. Les causes de la constipation sont très variées: ennui de santé, prise de médicaments, dérèglement hormonal et habitudes alimentaires.
Prévenir la constipation
- On mange régulièrement. Manger déclenche les mouvements de l’intestin, ce qui active le transit. Il n’est pas rare d’avoir à visiter la salle de bains après le déjeuner ou même après le café du matin, puisque les boissons chaudes et la caféine ont un effet d’activation du transit.
- On mise sur l’exercice. Bouger fait également bouger l’intestin. Les coureurs en savent quelque chose. Cependant, une simple marche quotidienne est suffisante pour que notre intestin reste en forme.
- On fait le plein de fibres. Les fibres sont les résidus de la digestion des cellules végétales des plantes. Elles ne sont pas digérées. Elles contribuent donc à la formation des selles. Plus il y a de fibres dans l’intestin, plus il sera facile d’expulser les selles. Également, certaines fibres ont des propriétés gélifiantes qui rendent l’expulsion plus facile (avoine, lin, chia, psyllium, orge, pectine). Chaque repas ou collation est une occasion de faire le plein de fibres. Elles se trouvent dans les fruits et légumes, les légumineuses, les noix et graines ainsi que dans les céréales à grains entiers.
- Boire beaucoup d’eau. Les boissons et aliments suffisent habituellement à satisfaire les besoins en eau de notre corps est une habitude à adopter absolument. Les fibres bien hydratées vont travailler en synergie lors de leur passage dans l’intestin. Combien d’eau? Avoir une bouteille à disposition et prendre une gorgée régulièrement est plus motivant que de s’obliger à avaler une quantité précise. Bouche fraîche et urine claire, voilà l’objectif.