Place à un premier match local: les Capitales retrouvent enfin leurs partisans


Stéphane Cadorette
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La quête d’un cinquième championnat de suite dans la Ligue Frontière est bien lancée pour les Capitales. Après un éreintant mais productif séjour de 13 matchs à l’étranger, c’est le moment d’amorcer la saison locale à Québec avec une équipe qui s’annonce excitante à souhait.
Mardi soir, au Stade Canac, ce sera enfin le moment de crier Play Ball devant une bonne foule, face aux Miners de Sussex County. Au moment d’écrire ces lignes, moins de 500 billets demeuraient disponibles.
Pas étonnant que l’engouement autour de l’équipe demeure à son comble. Après un quatrième titre consécutif l’automne dernier, l’organisation a vu plusieurs de ses coqueluches des dernières années partir.
Que ce soit Marc-Antoine Lebreux, Anthony Quirion ou Justin Gideon, des piliers ont fait place à de nouveaux visages et jusqu’ici, les résultats sont prometteurs avec neuf victoires et quatre revers.
« Mes attentes n’étaient pas aussi élevées. Il y a encore du travail à accomplir, mais je suis vraiment content des résultats. On va être une équipe excitante à regarder », a souligné le gérant Patrick Scalabrini, au retour du fructueux périple qui a lancé la saison.
Attaque redoutable
Ceux qui se gavent de baseball offensif seront servis à souhait, si l’on se fie au début de saison de l’équipe.
Les Capitales ont déjà inscrit 93 points, soit une moyenne spectaculaire de 7,2 points par rencontre, ce qui se veut un sommet dans le circuit.
« C’est définitivement l’offensive qui est notre force. On a quelques joueurs qui causent de belles surprises et en plus, nos supervedettes comme Ruben Castro et Kyle Crowl n’ont pas connu un excellent voyage. Ça promet parce qu’on voit ce qu’on est capable de faire, même sans la domination de nos excellents joueurs », a analysé Scalabrini.
« Crowl a quand même produit 15 points, mais il les a grattés. On est excellent au bâton, du premier au neuvième frappeur. Les matchs devraient être un peu plus longs, avec pas mal de points des deux bords ! » a-t-il ajouté.
Déjà du renfort ?
Si Scalabrini s’amuse du fait que les amateurs pourraient assister à des festivals offensifs, il ne cache pas que sa rotation de partants lui cause des soucis.
Même son as Braeden Allemann, qui sera d’ailleurs le lanceur partant mardi, n’affiche pas son aplomb de l’été dernier.
« Alleman ne m’inquiète pas, mais j’ai beaucoup de points d’interrogation. La rotation n’est pas où elle doit être pour qu’on aille chercher un championnat », a concédé sans détour le patron, qui n’exclut pas d’apporter rapidement des changements.
« On va donner la chance au coureur, mais je travaille déjà pour voir si on ne pourrait pas amener un autre partant. On cherche à mettre les gars dans les bonnes chaises. Par exemple, on a donné deux départs à Émile Boies, mais je préfère grandement l’avoir comme releveur. Il a été très bon dans ce rôle-là l’été passé avec nous », a-t-il noté.
Les Capitales, qui misent sur des joueurs provenant de 10 pays, devraient activer deux artilleurs à domicile cette semaine, soit le Tchèque Boris Vecerka et le Cubain Rafael Pedormo.
Il est à noter que le programme double qui devait avoir lieu dimanche au New Jersey a été annulé en raison de la pluie et que ces deux matchs seront plutôt ajoutés au calendrier à Québec, le 3 juin et le 7 août.
De nouveaux visages à connaître chez les Capitales
La saison des Capitales a pris son envol le 8 mai avec une équipe très différente de l’an dernier. Les premiers jours du calendrier régulier ont permis au gérant Patrick Scalabrini de faire d’agréables découvertes et de se familiariser avec des joueurs de 10 nationalités différentes. Quelques moments forts ont déjà ponctué le printemps, et avant les débuts locaux des champions en titre, en voici un aperçu résumé en cinq points.
1. De nouvelles coqueluches

Parmi les nouveaux venus qui devraient enchanter les partisans, Chavez Young et Torin Montgomery ont commencé fort. Montgomery a produit 12 points et il frappe pour ,355, tandis que Young compte déjà trois coups de circuit et 13 points produits. « Ils sont les deux plus belles révélations du voyage. On est très satisfait. Chavez chante tout le temps dans la chambre, il est incroyable ! Il n’est pas reposant, mais d’une bonne manière. Il va rapidement devenir un favori de la foule », a indiqué Scalabrini.
2. La filière japonaise

La présence de quatre joueurs japonais au sein de l’alignement (l’un d’entre eux demeure inactif pour le moment) amène un beau défi pour le gérant, qui veut se donner du temps avant de se prononcer sur leur rendement. Jusqu’ici, tout n’est pas au beau fixe, mais Scalabrini voit le tout d’un bon œil. « C’est une adaptation plus difficile à faire que je le croyais à la base, surtout pour les frappeurs. On a juste Yuta Hamada qui est dans l’alignement et c’est un ajustement. Il connaît un début de saison difficile. Il essaie de trouver sa place.
« Chez les lanceurs, Yuto Nakata fait bien. Comme tous les autres lanceurs, on essaie de trouver son rôle dans l’enclos. C’est un gars qui a une bonne balle fronde et ça donne un look différent. Je trouve ça drôle parce que vu qu’ils ne parlent pas un mot d’anglais, je leur parle en français. Un gars comme Yuto, je pourrais même l’insulter et il me répondrait juste thank you, thank you! » a résumé Scalabrini.
3. Rois du Nintendo !
Si leur travail sur le terrain demeure à peaufiner, personne ne pourra enlever aux Japonais des Capitales leurs habiletés aux jeux vidéo. Au terme du long voyage de 13 matchs pour amorcer la saison sur la route, des recrues de l’équipe y sont allées d’une petite compétition. « Dans l’autobus, on devait décider quelles recrues allaient s’asseoir dans le même siège. On a fait un concours de Nintendo et les Japonais ont dominé. Ils ont eu le privilège de s’asseoir seuls dans leur banc. Je pense qu’ils ont l’air de nous trouver très rigolos, mais c’est juste qu’ils ne disent pas un mot », s’est amusé l’entraîneur en parlant de l’esprit d’équipe.
4. Les gars de Québec

Jeudi dernier aura été une soirée spéciale pour deux joueurs de Québec, Émile Boies et Nicolas Deschamps. À Brockton, ces deux produits des Canonniers de Québec ont eu l’honneur de faire partie de la formation partante. Boies a amorcé le match au monticule, tandis que Deschamps était son receveur. Ce dernier connaît d’ailleurs un solide départ avec les Capitales, lui qui compte cinq coups sûrs et quatre points produits en neuf présences au bâton. « C’est beau à voir. On aime garder le lien avec nos joueurs locaux et j’espère qu’il y en aura d’autres bientôt », a mentionné Scalabrini.
5. De belles opportunités

La saison dernière, le releveur Cole Roland avait dominé à Québec. Les Capitales lui ont donné l’occasion de commencer plus tôt sa saison dans la Ligue Atlantique et voilà que le 9 mai, il acceptait une offre pour se joindre à l’organisation des Rangers du Texas. Jeudi dernier, l’artilleur Adam Shoemaker a lui aussi vu son contrat racheté, par les Astros de Houston. Décidément, le calibre de baseball est relevé à Québec ! « Un cas comme Shoemaker, qui est un Canadien, c’est très rare que ça arrive en pleine saison en raison des visas de travail. Les yeux du monde sont pas mal sur nous. Les dépisteurs me contactent à chaque année et je suis heureux quand je peux aider nos joueurs à obtenir des opportunités », a commenté Scalabrini.