Pistolet caché dans les toilettes d’un bar: un Montréalais devra réfléchir en prison plutôt que chez lui
Le juge a voulu envoyer un message clair contre la violence armée


Valérie Gonthier
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Un Montréalais qui avait tenté de berner les policiers en cachant un pistolet chargé lors d’une inspection de routine dans un bar devra aller réfléchir en prison, a tranché un juge, qui a voulu envoyer un message clair contre la violence armée.
«La peine d’incarcération greffée d’une ordonnance de probation viendra, espérons-le, parfaire sa conscientisation face aux gestes posés afin qu’il comprenne que le port d’une arme à feu chargée dans un lieu fréquenté par le public, même par mesure de protection, n’est pas un geste banal, loin de là», a insisté le juge David Simon de la Cour du Québec, dans un récent jugement.
Léo Karmin Marabella s’est retrouvé dans le pétrin en raison d’une banale opération policière en vertu de la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques dans un bar de Montréal, il y a sept ans.
Le 14 octobre 2016, les policiers de la moralité devaient notamment inspecter les bouteilles d’alcool, mais l’un d’eux est plutôt tombé sur une arme à feu dans la salle de bain de l’établissement. L’arme était dans une sacoche, cachée dans une armoire de la salle de bain. Le policier a voulu la tasser pour poursuivre sa fouille, mais a été surpris par la lourdeur inhabituelle.
Trahi par des caméras
Suspectant que des canettes de bière pouvaient s’y trouver, il y a plutôt trouvé un pistolet de calibre .45, avec une balle chambrée.
Le sac contenait l’arme, un deuxième chargeur, huit munitions, mais aucun papier d’identification. La simple opération de routine s’est ainsi transformée en enquête criminelle.
Sur le coup, les policiers ignoraient à qui appartenaient la sacoche et son contenu. Léo Karmin Marabella n’a été arrêté puis accusé que trois ans plus tard, grâce à une analyse de son ADN retrouvé sur l’arme.
Il avait aussi été trahi par des caméras de surveillance des lieux. Sur les images, on le voit portant la sacoche tout au long de la soirée. Sauf qu’à l’arrivée des policiers, il se dirige en catimini vers la salle de bain et en revient moins de deux minutes plus tard, sans son accessoire de mode.

L’accusé, aujourd’hui âgé de 35 ans, a depuis admis s’être procuré l’arme pour se protéger. À cette même époque, deux des frères de son épouse, qui étaient liés au crime organisé, avaient disparu. Il disait ressentir une menace imminente pour sa famille.
Seule peine qui convient
L’homme, sans antécédent et occupant un bon emploi, espérait pouvoir purger sa peine de détention à domicile. Mais malgré son bon profil et un risque de récidive jugé faible, le magistrat l’a plutôt condamné à une peine de deux ans de détention.
«Le besoin de dénonciation et de dissuasion est si pressant que l’incarcération est la seule peine qui convienne pour exprimer la réprobation de la société à l’égard [de son] comportement et pour décourager des comportements analogues dans le futur», a dit le juge.
Selon lui, l’accusé a fait preuve d’une grande insouciance à l’égard de la sécurité du public et a exposé ses concitoyens à «un danger réel et immédiat», surtout considérant que l’arme était chargée.
«Une simple pression sur la détente, même par inadvertance ou négligence, aurait pu entraîner des conséquences tragiques», a-t-il écrit, rappelant que l’unique but de posséder une arme à feu est de s’en servir «en cas de besoin pour blesser ou tuer autrui».
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