Pierre Poilievre demande de refuser l’exemption au centre de consommation près d’une école


Raphaël Pirro
Partager
Pierre Poilievre demande au gouvernement fédéral de refuser l’exemption demandée par la Maison Benoît-Labre, ce centre d’injection et d’inhalation supervisées situé à côté d’une école primaire et d’un CPE dans le quartier de Saint-Henri, à Montréal.
• À lire aussi: La Maison Benoît-Labre réduit ses services temporairement
Dans une lettre au ministre fédéral de la Santé, Mark Holland, le chef conservateur souligne que des enfants «craignent d’aller à l’école en raison de l’explosion de l’itinérance et de la drogue dans les rues de Montréal», au point où les enfants bénéficient d’une escorte policière lors de promenades.
«Ainsi, pour assurer la sécurité des Québécois et celle de leurs enfants, vous devez immédiatement refuser ou révoquer l’exemption accordée par votre gouvernement au centre d’injection supervisée à Montréal, lui permettant d’opérer à proximité d’une école primaire et d’une garderie», écrit M. Poilievre.
- Écoutez l'entrevue entre le chef Conservateur Pierre Poilievre et Mario Dumont au sujet des centres d'injection et d'inhalation supervisés sur QUB :

Selon le site de Santé Canada, la demande de la Maison Benoît-Labre pour une exemption au Code criminel pour la consommation de drogues dures en est toujours au «stade d’examen – en attente de renseignements clés pour prendre une décision».
Singh inquiet aussi
Bien que son parti appuie l’idée d’accorder un accès aux drogues dures aux personnes dépendantes «pour sauver des vies», le chef du NPD, Jagmeet Singh, juge que la proximité des centres aux écoles mérite réflexion.
«Si c’est vraiment proche d’une école, où ça crée une menace, une vraie menace pour les étudiants, pour les enseignants, ça, c’est quelque chose qu’on doit régler», a indiqué le chef mercredi.
Interpellé en début de journée par Le Journal, le bureau du ministre Holland a refusé de donner suite à la lettre du chef conservateur, s’en remettant à la ministre responsable de la Santé mentale et des Dépendances du Canada, Ya’ara Saks. Le bureau de cette dernière n’avait pas répondu à notre demande avant notre heure de tombée.
Chaos sur le terrain
Montréal et Québec sont eux aussi pressés de trouver une réponse devant l’ampleur des problèmes sur le terrain à Saint-Henri, où la situation est telle qu’un campement a récemment pris forme, ajoutant au chaos ambiant.
TVA rapportait que des citoyens explorent avec des avocats les différentes options légales pour changer les choses.
Le CPE Le petit palais, situé tout près sur la rue Viger Ouest, envisagerait carrément de déménager depuis l’ouverture du centre, a récemment affirmé la ministre de la Famille Suzanne Roy.
Le premier ministre François Legault a indiqué en entrevue avec Paul Arcand mardi que son gouvernement est «en train de regarder si effectivement le site a été bien choisi».
Il se faisait l’écho du ministre responsable des Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, qui a laissé entendre que le choix du site près d’établissements pour jeunes par la Ville de Montréal n’était pas optimal.
«Il va falloir que ce soit pris en compte pour les prochaines fois», disait-il la semaine dernière. Un intervenant social a été envoyé sur les lieux pour gérer les débordements.
Le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais, expliquait en entrevue que des travaux d’aménagement devant de la Maison Benoît-Labre seraient bientôt terminés et que le pic de la crise serait chose du passé.
La Maison Benoit-Labre a annoncé mardi une réduction temporaire de ses activités en raison d’un manque de main-d’œuvre pour répondre à la demande.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.