Tous les résultats
Publicité

Pierre Bruneau: la promesse qu'il a honorée après 47 ans de carrière

Nathalie Slight

2025-09-11T10:00:00Z

Partager

Depuis sa retraite, Pierre Bruneau ne lit plus les nouvelles... il les vit! À 72 ans, l'ex-chef d'antenne du TVA Nouvelles savoure la vie un voyage à la fois, entre retrouvailles familiales et engagements pour la Fondation Charles-Bruneau.

• À lire aussi: La Semaine fête ses 20 ans: le jour où Pierre Bruneau et Ginette St-Cyr parlent de leur histoire d’amour

• À lire aussi: Ému lors d'un voyage en Suisse, Pierre Bruneau rencontre par hasard une jeune patiente en rémission

Pierre, Ginette et vous vous êtes rendus à Paris pour souligner le 50e anniversaire de naissance de votre fils Charles. Pourquoi cette ville en particulier?

J’ai toujours aimé Paris, j’ai eu la chance d’y aller plusieurs fois. Lorsque les enfants étaient tout petits, je leur ai raconté mes voyages dans cette ville. J’ignore pourquoi, mais ça a particulièrement marqué Charles. Les dernières semaines de sa maladie, il m’a dit qu’il souhaitait aller à Paris. Je lui ai répondu qu’on allait d’abord rétablir sa santé et que lorsqu’il irait mieux, on irait voir la tour Eiffel!

Sauf qu’il ne s’est malheureusement jamais rétabli.

Exact. Charles n’aimait pas dormir seul à l’hôpital, probablement parce qu’il avait peur de mourir. Cette nuit-là, alors que j’étais couché à ses côtés, j’ai décidé de réaliser le rêve de mon fils. Comme il ne pouvait pas aller physiquement à Paris, j’ai décidé de lui raconter à quoi aurait ressemblé notre voyage là-bas.

Publicité

Était-il conscient?

Il ne pouvait plus ouvrir les yeux, il ne pouvait plus parler, mais il pouvait serrer mon petit doigt pour me montrer qu’il m’entendait. J’ai passé cette dernière nuit à lui raconter ce voyage. Lorsque j'ai mentionné la tour Eiffel, il m'a serré plus fort. Il est parti en ayant ce voyage dans la tête. Lorsque Ginette a proposé de se rendre à Paris pour souligner les 50 ans de Charles, j’ai accepté sur-le-champ.

Ce voyage devait être empreint d’émotions!

Oui... mais de belles émotions. Vous savez, toute la souffrance, j’ai mis ça dans un petit tiroir fermé à clé. Il faut comprendre que quand Charles est décédé, Ginette et moi avions deux autres enfants à élever. Pour Geneviève et Jean-Sébastien, ça n’a pas toujours été facile d'être le fils de Pierre Bruneau, la sœur et le frère de Charles Bruneau. Il fallait être positif, pour eux, pour nous.

Et c’est dans ce même état d’esprit que vous vous êtes rendus à Paris!

Exactement. Nous désirions célébrer la vie de notre fils, décédé de la leucémie à l’âge de 13 ans. Ginette et moi avons eu beaucoup de plaisir là-bas, nous avons visité les principaux attraits que Charles rêvait de voir. Le 28 juillet, le jour même de son 50e anniversaire, nous étions au pied de la tour Eiffel.

Publicité

Vous avez publié une vidéo de ce moment fort touchant sur le site Instagram de la Fondation Charles-Bruneau. Vous sembliez serein.

Je le suis, vraiment. Vous savez, certains parents qui perdent un enfant sont incapables de l'accepter. Et je les comprends, il est difficile d’accepter l’inacceptable. De mon côté, je dirais plutôt que je me suis résigné. Regarder en arrière, vivre avec des «j’aurais donc dû», j’essaie d’éviter ça le plus possible. Je suis extrêmement positif, c'est dans ma nature.

(Après réflexion, Pierre poursuit)

Non loin de la tour Eiffel, nous sommes allés prendre un verre à la mémoire de Charles, Ginette et moi. Nous avons aussi eu une pensée pour Frédéric, le cousin de Charles. Ils sont tous les deux venus au monde la même nuit, et ils sont décédés tous les deux de la leucémie, à 10 ans d’intervalle. J’ai envoyé une photo à mon frère, pour lui dire qu’on pensait aussi à Frédéric, qui aurait eu 50 ans lui aussi.

Vous avez le don de transformer une épreuve en quelque chose de positif!

La vie est belle, et je le constate chaque jour, avec la présence de Ginette, de nos enfants, de nos petits-enfants et à travers les beaux voyages que l’on fait.

Publicité

Après Paris, vous vous êtes rendus en Suisse. N’est-ce pas?

Oui. Nous sommes allés visiter des amis, avec lesquels nous avons fait connaissance lors de notre voyage autour du monde. C'était très agréable comme séjour, là-bas. Vous savez, lorsque j’ai pris ma retraite en 2023, je répétais en entrevue que trois choses seraient au cœur de ma vie: famille, voyage et Fondation. Plusieurs étaient sceptiques, même mes proches pensaient que j’aurais de la difficulté à décrocher du travail, mais je les ai fait mentir! (rires) Je m'étais fait une promesse à moi-même: profiter de la vie! Et jusqu'à présent, je la tiens. 

Et ce n’est pas par manque de propositions!

C’est vrai! On m’a proposé d’animer les débats aux dernières élections, j’ai aussi été approché pour faire de la politique. À 72 ans, je ne peux plus reporter des projets. Ginette et moi, nous avons la santé, l'énergie et les moyens de voyager, alors on en profite. Nous avons commencé avec un voyage autour du monde de six mois, en 2023. Depuis, nous enchaînons les voyages plus courts, et nous revenons pour voir nos proches et assister aux événements de la Fondation Charles-Bruneau.

Publicité

Quel est votre plus beau voyage jusqu’à présent?

Je réponds toujours la même chose: le prochain! Ce que j’aime par-dessus tout des voyages, c’est découvrir la culture, la cuisine et les habitants de l’endroit. Ce printemps, nous sommes allés en Turquie. En septembre, nous partons en Allemagne et en Pologne. Plus tard cet automne, ce sera l'Égypte.

Est-ce vous ou Ginette qui planifiez vos escapades à l’extérieur du Québec?

Un mélange des deux. Depuis le temps qu'on voyage, Ginette et moi, on a visité pas mal tous les endroits qu’on voulait voir. Ce n’est pas parce qu’on est allés une fois à un endroit qu’on n’y retourne pas, car il y a toujours un angle différent à explorer. Par exemple, j’ai déjà mis les pieds au Caire, en Égypte, mais cet automne, ce sera différent. Nous allons rester trois semaines là-bas, en formule groupe.

Pourquoi cette formule?

Parce que je n’aime plus conduire, et encore moins dans des villes que je ne connais pas. Même chose pour la Turquie, c’était aussi en formule groupe. Nous avons parcouru 2500 kilomètres là-bas, accompagnés d’un guide francophone qui nous accompagne tout au long du périple. Peu importe où nous partons, nous gardons contact avec nos proches avec des appels FaceTime.

Vous revenez pour les conseils d'administration et les activités de la Fondation Charles-Bruneau. Quelle sera la prochaine?

La Coupe Charles-Bruneau, un tournoi amical de hockey-balle au profit de la Fondation. Après l’édition de Québec en mai, c’est au tour de celle de Montréal le 27 septembre prochain. L’an dernier, 1 200 000 dollars ont été amassés grâce à cette activité qui en est à sa quatrième édition. Comme fondation, nous devons nous démarquer avec des activités de financement qui sortent de l’ordinaire, comme ce fut le cas avec la campagne de suçons bleus «Faites la grimace au cancer pédiatrique!».

Publicité

Vous attendiez-vous à tel succès avec la Fondation, lorsque vous l’avez mise sur pieds en 1990?

Pas du tout. Nous désirions mettre en place un lieu où seraient traités les enfants atteints de cancer, tout en finançant les recherches visant à trouver un remède pour contrer cette maladie. Aujourd’hui, il existe un centre et trois unités Charles-Bruneau au Québec. Nous sommes fiers du chemin parcouru, mais il reste encore beaucoup de travail à faire en recherche, notamment sur le plan des séquelles que laissent les différents protocoles de traitement. Le but n’est pas de survivre au cancer, mais de vivre! Voilà pourquoi nous sommes aussi motivés à poursuivre la mission de Charles!

Pour en savoir plus sur les activités de la fondation ou pour faire un don: charlesbruneau.qc.ca

À voir aussi: 

Publicité
Publicité