[PHOTOS] Le Cirque du Soleil plonge dans l’inconnu avec «LUDÕ», son nouveau spectacle au Mexique

Félix Desjardins
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NUEVO NAYARIT - Suivant sa quête sempiternelle de se réinventer, le Cirque du Soleil présentait vendredi la première mondiale de son deuxième spectacle au Mexique, LUDÕ, une performance aquatique ambitieuse dans un théâtre repoussant les limites de l’imaginaire.
Présentée sur la côte ouest mexicaine, cette deuxième collaboration entre le Cirque et VidantaWorld, groupe hôtelier haut de gamme, vient 11 ans après les débuts du souper-spectacle JOYÀ, à Riviera Maya.
Un théâtre unique

Contrairement à l’emblématique O, qui exploite surtout le mouvement sur l’eau, LUDÕ, de son côté, y plonge tête première. Orchestré par le Québécois Michel Laprise, architecte du couronné Kurios, le spectacle marie les arts classiques du cirque à la nage artistique et aux acrobaties sous-marines.
L’idée folle du Cirque pour y parvenir: un aquarium circulaire géant entourant le public et se déclinant en plusieurs panneaux. Il faut le voir pour le croire: des spectateurs autour de nous croyaient y voir d’immenses écrans.

Le site entourant l’amphithéâtre, à couper le souffle avec sa forêt luxuriante et ses chutes d’eau, laissait aussi présager un moment grandiose.
Tout comme pour JOYÀ, les spectateurs ont d’ailleurs l’option de déguster un repas en trois services avant la levée du rideau, pendant que des musiciens donnent le ton au milieu du théâtre, construit sur mesure pour l’occasion.
Une quête de créativité

LUDÕ raconte l’histoire de Ludovico, un homme de théâtre expérimenté, mais victime du syndrome de la page blanche. Effectuant une rétrospective de sa vie, de la magie de son enfance à l’ivresse de son mariage, il retrouve l’inspiration dans la beauté du banal et du laisser-aller. Du moins, c’est ce qu’on en retire, puisque le scénario, du propre aveu de Michel Laprise, est davantage un «prétexte» qu’une histoire.
Le Cirque du Soleil est passé maître dans l’art de surprendre le spectateur avec sa scénographie artificieuse, et LUDÕ ne déroge pas à cette tradition. Afin d’offrir une expérience similaire à tous les spectateurs nonobstant leur position dans la salle, plusieurs numéros y sont présentés symétriquement, mais il faut être aux aguets pour ne rien manquer.

Outre l’aquarium et ses personnages fascinants en apesanteur, le thème aquatique s’étend aussi à la scène centrale, parfois recouverte d’un petit tapis d’eau. Le numéro de roue Cyr, effectué par Rosita Hendry, qui a réservé de petites éclaboussures aux spectateurs les mieux placés du théâtre, était un des moments les plus chargés en émotion de la soirée. On s’est aussi laissé emporter par la délicatesse de Tim Kruegler aux sangles aériennes, un des chapitres forts de ce spectacle parfois desservi par son cheminement narratif brouillon.

D’un autre côté, avec ses ingénieux rideaux d’eau, cette pluie calculée avec laquelle les artistes jouent, et sa trame sonore diversifiée, LUDÕ ne perd jamais l’attention du public.
La dichotomie entre la pétulance de certains numéros et la lente fluidité des moments sous l’eau est d’ailleurs une des forces de LUDÕ.
Chapeau bas

Les concepteurs de LUDÕ s’amusent aussi avec le spectateur en ironisant sur ses propres difficultés avec le médium parfois incontrôlable de l’eau. Les gaffes de Ludovico lorsqu’il tente de dresser une table située au fond d’un immense bocal en y laissant couler assiettes, verres de vin et spaghettis ont bien fait rigoler le public.
On ressort de cette soirée plus impressionné qu’ému, certes, mais à l’instar de Ludovico et de ses nombreux chapeaux, on ne peut que lever notre couvre-chef devant ce vent de nouveauté insufflé sur l’offre si diversifiée du Cirque du Soleil.
- Ce voyage de presse a été rendu possible grâce à l’invitation du Cirque du Soleil et de VidantaWorld.