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Peur du référendum: le dilemme de PSPP pour gagner

Photo portrait de Rémi Nadeau

Rémi Nadeau

2026-03-04T05:05:00Z
2026-03-04T11:24:04Z

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S’il continue de se faire chauffer par les libéraux, PSPP sera-t-il tenté de moduler sa promesse de référendum ? En s’engageant à consulter les Québécois « au moment opportun », et pas nécessairement « dans un premier mandat », il rassurerait possiblement les plus frileux.

Le chef péquiste a reconnu les craintes légitimes exprimées par les citoyens rencontrés dans son porte-à-porte en vue de la partielle de Chicoutimi.

Conscient du contexte géopolitique instable, il a promis dans son discours de victoire un « vrai gouvernement », tout en disant garder le cap sur la souveraineté.

Le lendemain, dans un échange serré et révélateur avec la presse parlementaire, il a introduit de nouveaux mots au vocabulaire de son engagement.

Ainsi, PSPP a soutenu qu’il était « raisonnable » de penser qu’il y aurait une « fenêtre » pour la tenue d’un référendum dans un premier mandat de gouvernement péquiste.

Possiblement après que Donald Trump ait quitté la Maison-Blanche.

Dans ce langage ajusté, on note que la promesse de référendum dans un premier mandat apparaît comme une forte probabilité, et non une certitude.

PSPP a insisté pour dire que son équipe agirait de façon « intelligente et responsable ».

Ces nuances sont apportées alors qu’au congrès péquiste de janvier dernier, PSPP avait livré un discours enflammé entièrement consacré à la nécessité d’indépendance, en réplique à Mark Carney.

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La campagne référendaire était lancée, avait-il clamé, dans une ambiance un peu surréelle.

Le PQ a perdu une large part de son avance depuis.

Il est permis de se demander s’il pourrait se défaire de l’échéance absolue du premier mandat.

L’opportunité pour Milliard

Parce que Charles Milliard, en se contentant de sourire, les bras croisés, et de jouer la carte du parti de l’économie « au lieu du référendum », récoltera d’emblée une bonne part de circonscriptions.

Il profite déjà du lustre que Mark Carney a redonné à la marque libérale au fédéral.

Si le nouveau chef se rapprochait de l’électorat francophone en améliorant son positionnement sur la langue et l’identité, le PLQ pourrait davantage passer la gratte.

PSPP ne sera pas plus avancé pour tenir un référendum s’il n’arrive qu’à former un gouvernement minoritaire, ou s’il échappe le pouvoir après avoir dominé dans les sondages.

Une source péquiste signale toutefois qu’un recul sur l’engagement phare d’un référendum dans un premier mandat lui ferait perdre son vernis de convictions et d’authenticité qui l’a propulsé des bas-fonds jusqu’au sommet.

C’est un pensez-y-bien, en effet.

Le changement de ton

Dans le clan péquiste, on estime que c’est sur la forme, et non sur le fond, que PSPP devait commencer à apporter des changements.

« Se montrer plus rassurant et rassembleur, éviter que sa nature polémiste ressorte », dit-on.

La théorie de Christine Fréchette et des libéraux, selon laquelle le contexte actuel est le pire pour préparer la tenue d’un référendum, paraît logique et rejoint bon nombre d’électeurs.

Le PQ pourrait nourrir leur réflexion en présentant des faits qui vont au-delà de la peur légitime sur le plan émotionnel.

Par exemple, Mark Carney n’a pas empêché l’impétueux président américain d’imposer des tarifs sur l’aluminium et le bois d’œuvre qui font mal au Québec.

Par contre, il sera difficile pour le chef péquiste de contrer la perception que sa promesse référendaire s’ajouterait au cocktail d’incertitudes pouvant ralentir des investissements.

On saura prochainement s’il est un homme de compromis, ou un caribou...

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