Le DG du Canadien Kent Hughes a les mains liées, analysent 4 recruteurs: «Tu ne peux pas vider le club au complet»


Jean-François Chaumont
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Kent Hughes et Jeff Gorton ont déjà établi leur stratégie pour la date limite des transactions du 3 mars. Le Canadien restera dans le camp des vendeurs. Mais il n’y a pas beaucoup de cartes intéressantes dans le jeu des deux hommes de hockey.
Le Journal a sondé quatre recruteurs professionnels de la LNH, sous le couvert de l’anonymat, pour connaître la valeur des joueurs sur le marché.
Il n’y a pas un seul joueur qui rapportera la lune au Tricolore. Les rares candidats intéressants demeurent aussi des pièces maîtresses pour la relance un jour de cette formation.
Un recruteur professionnel d’une équipe de l’Association de l’Ouest a offert cette analyse en décrivant l’un des enjeux pour le CH.
«Pendant combien de temps veux-tu perdre? Tu ne peux pas vider le club au complet, a-t-il dit. Ça te prend des gars pour montrer le chemin et propager la culture que tu souhaites instaurer. Martin St-Louis fait du bon boulot. L’atmosphère est bonne, les joueurs répondent bien. Et n’oubliez pas que St-Louis est habitué à gagner.»
Le plan déraille
Il y a quelques mois, le CH avait l’espoir d’acquérir un autre choix de premier tour pour le prometteur repêchage de 2023.
Déjà bien armé avec son propre choix de premier tour et celui des Panthers de la Floride, acquis dans l’échange de Ben Chiarot, le Tricolore pouvait rêver d’obtenir un autre choix du tour initial dans une transaction pour Sean Monahan. Mais le plan a déraillé en raison de l’état de santé plus que fragile de Monahan.
Idem pour Joel Edmundson qui avait le potentiel de procurer un autre bon choix ou espoir à l’organisation.
Voici dix joueurs susceptibles d’intriguer les directeurs généraux des autres équipes de la LNH. On vous les présente en quatre catégories.
À VOS RISQUES ET PÉRILS
Sean Monahan

Salaire : 6,375 M$
Joueur autonome sans compensation à la fin de l’année
Blessé au pied droit, Monahan n’a pas joué depuis le 5 décembre à Vancouver. Le centre de 28 ans a un lourd historique avec les blessures, ayant subi une opération à la hanche au printemps dernier. Il a participé à l’entraînement matinal du CH samedi dernier à Toronto, mais on ne l’a pas revu sur la glace depuis ce jour. Il aurait probablement un malaise à l’aine ou encore à une hanche.
«Est-ce qu’il y a un marché? Il y a toujours un marché. Mais le CH n’aura pas ce qu’il voulait pour lui, a prévenu un recruteur de l’Est. Il ne joue pas. Tu peux prendre une chance si le coût est très bas. Ça se complique pour le Canadien. Est-ce que ça vaut la peine de l’échanger pour un choix de 3e tour et de manger de l’argent en plus? Ils doivent garder 50 % du salaire pour le bouger. »
«Même pour un choix de 4 ou 5, une équipe y réfléchira, a renchéri un recruteur de l’Ouest. S’il joue comme le début de la saison, tu peux frapper un circuit. Mais il y a trop de si.»
Joel Edmundson

Salaire : 3,5 M$
Jusqu’en 2023-2024
Décrit comme au jour le jour depuis le 26 janvier, Edmundson n’est toujours pas près d’un retour au jeu. Le gros défenseur souffre fort probablement d’une blessure au dos.
«Comme Monahan, il y a frein pour bien des équipes, a prévenu un recruteur de l’Est. Il a un contrat l’an prochain et il a une blessure récurrente au dos. C’est pire que Monahan. Avec Sean, il y a un risque pour quelques mois seulement. Dans le cas de Joel, on parle de près de quatre millions sur la masse pour une autre saison et on ne sait pas s’il guérira de sa blessure au dos.»
CONTRE UNE OFFRE IRRÉSISTIBLE
Josh Anderson

Salaire : 5,5 M$
Jusqu’en 2026-2027
Kent Hughes a souvent dit que son cellulaire sonne souvent pour Josh Anderson. Le DG du CH n’aurait pas l’intention de l’échanger, mais il pourrait se laisser convaincre advenant une très bonne proposition. Pour reprendre les mots de Marc Bergevin, Anderson a un profil rare, celui d’un attaquant de puissance.
«Tu peux le voir de deux façons. C’est un marqueur de 20 buts et plus. À 5,5 millions $ pour 20 buts, ce n’est pas mauvais. Mais à ce salaire et avec une bonne équipe, c’est un ailier d’un troisième trio qui gagne trop d’argent, a affirmé un recruteur de l’Est.»
«Le CH a besoin de joueurs, a rappelé un recruteur de l’Ouest. Les futurs joueurs autonomes ne se battront pas pour venir à Montréal. Les gars de qualité rechercheront des équipes gagnantes. Il y aura juste les mercenaires qui voudront venir même si St-Louis a une bonne réputation comme entraîneur. La valeur de Josh dans deux ans sera aussi bonne. Il n’y a pas une urgence.»
David Savard

Salaire : 3,5 M$
Jusqu’en 2023-2024
Savard a gagné la Coupe Stanley avec le Lightning en 2021. Il a de l’expérience et il est un bon défenseur à caractère défensif qui n’hésite pas à se sacrifier pour l’équipe. En théorie, Hughes et Gorton n’ont pas l’intention de l’échanger. Il cadre parfaitement dans la culture que cherche à implanter St-Louis.
«Le CH voudra le garder, il est trop important avec les jeunes défenseurs, a souligné un recruteur de l’Est. Le prix ne serait pas assez bon pour ce qu’il donne au Canadien.»
«Un moment donné, tu ne peux pas te déshabiller au complet, a ajouté un recruteur de l’Ouest. Il ne faut pas que tu oublies qu’il y a une saison l’an prochain et l’année suivante. Ça te prend des vétérans pour guider les jeunes.»
À Y RÉFLÉCHIR
Jake Allen

Salaire : 2,875 M$ mais 3,850 M$ pour les deux prochaines saisons
Allen a la réputation d’un bon gardien numéro deux, mais pas d’un numéro un. Avec l’émergence de Samuel Montembeault, le gardien originaire du Nouveau-Brunswick pourrait se retrouver dans la vitrine. Mais Hughes et St-Louis le décrivent constamment comme un véritable pro, un joueur avec qui ils veulent poursuivre la reconstruction de cette équipe. Il y a plusieurs équipes qui aimeraient se renforcer à cette position d’ici le 3 mars.
«À 3,85 millions pour les deux saisons suivantes, Allen devient un assez gros investissement, a précisé un recruteur de l’Est. Si le CH veut le bouger, tu le fais au repêchage ou avant la prochaine saison.»
Christian Dvorak

Salaire : 4,45 M$
Jusqu’en 2024-2025
Dvorak a joué tous les matchs du CH cette saison, obtenant 25 points (9 buts, 16 passes). Il n’est pas un patineur rapide, mais il gagne ses mises en jeu (51,9 %) et il peut jouer en désavantage numérique.
«À mes yeux, on parle d’un trop long contrat et trop d’argent, a dit un recruteur de l’Est. Pour moi, c’est un troisième centre défensif. Il n’a jamais atteint son potentiel. C’est le type de joueur qui fait mal à ton enveloppe salariale. Il fait ce qu’Evans (1,7 M$) devrait faire, mais au double du prix.»
Evgenii Dadonov

Salaire : 5 M$
Joueur autonome sans compensation à la fin de la saison
Acquis de Vegas pour se départir du contrat de Shea Weber, Dadonov n’a vraiment pas une bonne saison avec 18 points (4 buts, 14 passes) en 48 matchs.
«Il n’y a pas de marché pour un ailier comme lui, a répliqué un recruteur de l’Est. Il a déjà marqué 20 buts, mais c’est une histoire ancienne.»
MISE À JOUR : Evgenii Dadonov a été échangé dimanche aux Sras de Dallas en retour de l'attaquant Denis Gurianov. Les détails ici.
Mike Hoffman

Salaire : 4,5 M$
Jusqu’en 2023-2024
Hoffman a neuf buts et 23 points en 43 matchs cette saison.
L’attaquant de 33 ans peut jouer en supériorité numérique, mais il n’a rien d’un maître du jeu défensif et il n’a aucune robustesse dans son jeu.
«On oublie Hoffman, a répliqué un recruteur de l’Est. Si jamais une équipe va le chercher, elle est en panique. Et je ne comprends pas les rapports de leurs recruteurs pros.»
Joel Armia

Salaire : 3,4 M$
Jusqu’en 2025-2026
Armia est gros, grand et fort. Il protège bien la rondelle, il a des habiletés et un bon tir. Mais il a aussi et surtout une autre saison misérable avec 11 points (4 buts, 7 passes) en 37 matchs. Le Finlandais est fait de porcelaine, passant beaucoup de temps à l’infirmerie.
«C’est impossible de l’échanger, a prédit un recruteur de l’Ouest. Tu oublies ça. C’est pire que Mike Hoffman. Il lui reste un plus long contrat. Armia est bon dans l’échauffement, mais quand ça commence, il disparaît.»
LE RAYON DES AUBAINES
Jonathan Drouin

Salaire : 5,5 M$
Joueur autonome sans compensation à la fin de la saison
Après un match de trois passes contre les Blackhawks le 14 février, Drouin a eu la candeur de dire qu’il jouait son avenir.
«C’est ma dernière année de contrat. Si une équipe cherche à venir me chercher dans le futur ou d’ici le 3 mars, j’ai besoin de démontrer des choses, avait mentionné Drouin. Mais en ce moment, j’ai juste un travail à accomplir et c’est d’aider le Canadien.»
«Pour moi, Drouin reste un gros pari, a souligné un recruteur de l’Ouest. Une équipe pourrait peut-être sacrifier un choix de sixième tour. Une équipe qui serait à son plan E. Mais le CH pourrait aussi vouloir lui offrir un contrat de la dernière chance l’an prochain à environ un million. C’est probablement plus payant comme pari que de l’échanger pour des grenailles.»