Pétrole vénézuélien: le pétrole canadien restera compétitif, assure Carney

Raphaël Pirro
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OTTAWA | Le premier ministre du Canada dit ne pas être inquiété par la perspective d’un remplacement du pétrole canadien par celui du Venezuela sur le marché américain et mondial, mais qu’il demeure impératif de diversifier les exportations de ces ressources vers l’Asie.
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«Le pétrole canadien sera compétitif parce qu’il présente peu de risques», a illustré Mark Carney en conférence de presse à Paris, mardi.
Le Venezuela est le pays avec les plus importantes réserves de pétrole au monde. Le président Donald Trump a clairement indiqué après la capture du président Nicolas Maduro que les entreprises américaines s'y implanteraient pour s'approprier l'or noir.
Transition vers l'inconnu
Pour autant, des experts préviennent que la transition vers le pétrole vénézuélien – si elle se concrétise – n’est pas pour demain : il faudra des dizaines de milliards d’investissements pour remplacer les infrastructures désuètes au Venezuela, ce qui risque de prendre plusieurs années.
Et cela, dans un pays où la situation politique et sécuritaire demeure extrêmement volatile et dont l'avenir est composé d'incertitudes.
«Cela rend le pétrole canadien compétitif à moyen et long terme», a soutenu M. Carney.
Le pétrole canadien représentait environ 62% des importations de pétrole étranger aux États-Unis en 2024, comparativement à 14% pour les importations du Mexique, l’Arabie saoudite et le Venezuela rassemblés.
Un pipeline, sans tarder
Le chef conservateur Pierre Poilievre a livré un plaidoyer pour accélérer le plus rapidement possible la construction d’un nouveau pipeline vers la côte Pacifique pour faire baisser les coûts d’exportation vers les pays d’Asie.
Le Canada et le Venezuela utilisent «exactement les mêmes raffineries aux États-Unis. Donc si les Américains enlèvent les sanctions sur le Venezuela, il pourrait y avoir à peu près deux millions de barils de pétrole de brut lourd, très semblable à ce que nous vendons déjà, qui vont déplacer notre produit», a-t-il déclaré en entrevue sur les ondes de LCN mardi.
Il en couterait des centaines de millions de dollars par semaine, a indiqué M. Poilievre.
«La voie à suivre est simple. Les capitaux privés sont disponibles. Les travailleurs qualifiés sont disponibles. Les ressources existent. Le seul élément manquant est l’approbation fédérale. [...] Il est temps pour vous de vous tasser du chemin», a-t-il écrit dans une lettre adressée à M. Carney.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a, elle aussi, signalé qu’il fallait accélérer le processus de mise en chantier.
Mme Smith et M. Carney ont signé le mois dernier un protocole d’entente établissant des fondations qui permettraient la construction d’un nouveau pipeline vers la côte de la Colombie-Britannique.
Aucun projet n’a encore émergé, car il faut bel et bien qu’un promoteur aux poches profondes accepte de se lancer dans l’aventure.
Le PDG de la pétrolière canadienne Strathcona Resources, Adam Waterous, a également défendu cette idée dans une entrevue accordée au Globe & Mail.
«Quel que soit le degré d’urgence qu’il y avait pour construire un pipeline, celui-ci a maintenant augmenté parce qu’il s’agit désormais de simplement protéger ce que nous avons. C’est une dynamique très différente», a-t-il affirmé.
Les actions des plus grands producteurs d’énergies fossiles au Canada avaient subi des baisses de plus de 2% lundi à la réouverture des marchés.
Mardi, elles terminaient de façon mitigées :
Suncor Energy: +1,31 %
Imperial Oil Limited: +0,20 %
Cenovus Energy: - 2,23%
Canadian Natural Resources: - 1,63 %
– Avec Gabriel Côté, Martin Jolicoeur et David Descôteaux
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