Pétrole: le baril de Brent frôle 110 dollars, porté par les signaux contradictoires de Trump

AFP
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Les cours du pétrole ont terminé en nette hausse jeudi, stimulés par les signaux contradictoires envoyés par Donald Trump au sujet de la résolution de la guerre contre l’Iran et par des craintes de perturbations en mer Rouge.
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Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en mai a clôturé en progression de 4,61 % à 94,48 dollars.
Quant au baril de Brent de la mer du Nord pour le même mois, il a lui grimpé de 5,66 % sur la séance, pour finir à 108,01 dollars, frôlant même les 110 dollars pour la première fois depuis son décrochage de lundi.

« Le marché donnait des signes d’apaisement, aidé par l’annonce que l’Iran étudiait (le plan américain), mais le président Trump a alors indiqué qu’il pourrait ne pas transiger », a commenté Phil Flynn, de Price Futures Group, « et les prix sont remontés. »
« J’ai lu un article disant que je voulais désespérément trouver un accord », a déclaré Donald Trump en marge d’un Conseil des ministres à la Maison-Blanche, jeudi. « Je suis tout sauf désespéré. Je m’en fiche. »
Plus tôt, sur son réseau Truth Social, le président avait pourtant manifesté une forme d’impatience, prévenant les dirigeants iraniens qu’ils « feraient bien de devenir sérieux très vite ».

Selon Phil Flynn, le marché s’est aussi « montré nerveux après que l’Iran a menacé de fermer le second point de passage le plus important au monde » pour les flux d’or noir.
Une source militaire a ainsi rapporté à l’agence Tasnim qu’en cas d’invasion terrestre américaine, Téhéran pourrait ouvrir un « nouveau front » dans le détroit de Bab el-Mandeb, point d’accès à la mer Rouge et au canal de Suez par le sud.

La zone a déjà été cible d’attaques des rebelles Houthis du Yémen, proches de l’Iran, le pays bordant le détroit à l’est.
Malgré la nouvelle accélération des cours jeudi, les prix des contrats à terme pour les échéances plus lointaines sont très inférieurs à celui de mai, les opérateurs tablant même sur un WTI à moins de 80 dollars d’ici octobre.
« Le marché à terme traduit le fait que les gens pensent que ce problème va se régler relativement rapidement », observe Michael Lynch, du cabinet Strategic Energy and Economic Research. « Mais sur le marché physique, on voit qu’il y a déjà de sérieuses pénuries. »
Le cours du gazole sur le marché de Singapour a ainsi atteint, par exemple, un record historique ces derniers jours.