Personne ne gagne plus de mises au jeu que lui dans toute la LCH: l’attaquant du Drakkar Félix Gagnon en route vers une saison historique


Kevin Dubé
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Félix Gagnon n’est pas le joueur du Drakkar de Baie-Comeau qui fait couler le plus d’encre. Pourtant, le centre de 19 ans est en voie de réussir une saison historique alors qu’il se maintient parmi les six meneurs de l’histoire de la LHJMQ pour le meilleur pourcentage d’efficacité au cercle des mises au jeu, avec deux matchs à disputer.
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Avec une efficacité de 64% dans cette facette, Gagnon est évidemment le meilleur dans la LHJMQ, mais aussi dans toute la Ligue canadienne de hockey (LCH). Son plus proche rival au Canada, Atley Calvert des Warriors de Moose Jaw, remporte 62% de ses mises au jeu.
Dans la LHJMQ, il y a dix ans qu’un joueur n’a pas terminé une saison avec un pourcentage d’efficacité de 64 ou plus, et ce n’est arrivé que cinq fois dans l’histoire (voir tableau ci-bas).

S’il poursuit sur sa lancée lors des deux derniers matchs de l’année, Gagnon pourrait donc confirmer sa place parmi les cinq ou six meilleures saisons au cercle des mises au jeu de l’histoire du circuit.
«Honnêtement, ça fait deux ou trois ans que je suis vraiment plus assidu sur ça. Jacob Gaucher était vraiment bon et quand il est arrivé avec nous, il m’a fait prendre conscience de l’importance des mises au jeu», a-t-il mentionné lors d’un récent entretien téléphonique.
Comment on gagne des mises au jeu?
Ça peut paraître banal, mais comment on fait pour gagner des mises au jeu à un rythme presque jamais vu dans l’histoire de la LHJMQ?
«À la base, ça prend beaucoup de détermination. Il faut que tu veuilles toutes les gagner. Je ne pense pas être le plus vite ou le plus fort, mais j’analyse beaucoup. Il faut que tu t’adaptes au joueur devant toi, mais aussi aux différents juges de ligne et que tu réussisses à analyser le temps qu’il prend avant de déposer la rondelle. J’ai aussi appris que ce temps change selon les situations dans le match.»
À force d’affronter les autres joueurs au cours des quatre dernières années, Gagnon a été en mesure de mémoriser les tendances d’à peu près tout le monde. Récemment, Anthony Turcotte des Huskies de Rouyn-Noranda lui a donné du fil à retordre.
«Il avait un meilleur timing que moi et j’ai eu de la misère à m’ajuster. Après le match, j’ai demandé à notre entraîneur de m’envoyer des clips vidéo de lui pour l’analyser», raconte-t-il.
Un camp révélateur à San Jose
Gagnon n’est pas bon seulement à ce niveau, alors qu’il maintient un rythme d’un point par match cette saison dans un rôle qui lui demande souvent d’affronter les meilleurs trios de l’adversaire. Mais les mises au jeu sont vraiment devenues sa marque de commerce et les Sharks de San Jose l’ont remarqué, l’été dernier, lorsqu’ils l’ont invité à leur camp des recrues même s’il n’était pas repêché.
«Ils capotaient, lance-t-il fièrement. Ça arrivait souvent que les entraîneurs sortaient des joueurs durant les matchs pour m’envoyer à la place prendre des mises au jeu importantes.»
Cette bonne impression lui a ensuite valu une invitation au camp principal de l’équipe, où il estime à nouveau avoir bien fait.
«C’est un gars qui a confiance en ses moyens et ç’a été une confirmation pour lui qu’il a les outils qui peuvent l’aider», notait de son côté son entraîneur des quatre dernières saisons avec le Drakkar, Jean-François Grégoire.

D’ailleurs, Gagnon continue de rêver à la LNH. Il sait que ça ne passera peut-être pas par le repêchage, mais l’exemple de son coéquipier Justin Gill, repêché l’an dernier à l’âge de 19 ans, lui donne espoir.
«Je pense que mon camp à San Jose m’a un peu mis sur la map puisqu’il n’y avait pas que les Sharks, mais aussi les recruteurs des autres équipes au tournoi des recrues. En plus, les équipes ont de plus en plus tendance à repêcher des Québécois de la LHJMQ à 19 ans et Justin Gill est un bon exemple. Je crois encore en mes chances, mais je ne m’en fais pas pour autant.»