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«Personne n’a le cœur à la fête»: les Américains plus divisés que jamais à l’approche du 250e anniversaire des États-Unis

Photo portrait de Mina Collin

Mina Collin

2026-06-08T02:06:24Z

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À l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, les festivités commencent à prendre forme un peu partout au pays. Mais malgré l’importance historique de l’événement, plusieurs Américains n’auraient pas le cœur à la fête, sur fond d’inflation persistante, de tensions internationales et de divisions politiques exacerbées par la présidence de Donald Trump.

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« Depuis que M. Trump a pris le pouvoir, ça a changé. L’atmosphère n’est vraiment plus pareille », a commenté Charles St-Maurice, un Québécois qui vit en Floride depuis 11 ans et qui est installé aux États-Unis depuis plus de deux décennies, aux ondes de LCN dimanche.

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Selon lui, les Américains sont habituellement très attachés aux célébrations entourant le 4 juillet, la fête nationale du pays. Défilés de voitures anciennes, barbecues communautaires et feux d’artifice font généralement partie des traditions.

Cette année, toutefois, l’ambiance semble différente.

« Il n’y a absolument aucune activité du genre prévue dans notre entourage immédiat et même un peu plus lointain », a-t-il constaté.

M. St-Maurice critique également la volonté de Donald Trump d’associer les célébrations nationales à sa propre image. Il cite notamment l’aréna de l’UFC en construction et l’événement de MMA prévu le 14 juin, date qui coïncide avec le 80e anniversaire du président américain.

Des combats de l’UFC auront lieu le 14 juin à la Maison-Blanche… le jour des 80 ans de Donald Trump.
Des combats de l’UFC auront lieu le 14 juin à la Maison-Blanche… le jour des 80 ans de Donald Trump. Photo MEGA/WENN

« Alors Trump a décidé “Je fête ma fête. Moi j’aime ça des combats comme ça. On va faire ça à la Maison-Blanche, ça va être un gros succès”. Et puis vraiment là les gens n’embarquent pas », a-t-il affirmé.

Selon lui, l’inflation et la guerre en Iran préoccupent également une partie importante de la population, ce qui contribue à assombrir l’ambiance entourant les célébrations. Il se demande d’ailleurs si les festivités du 4 juillet seront réellement plus importantes qu’à l’habitude.

« Ça va être 4 juillet normal comme on le connaît tout le temps, s’il va y avoir plus d’extravagances, on ne sait pas. Mais pour le moment, personne n’a le cœur à la fête ou c’est très limité de ce côté-là s’il y en a », a-t-il ajouté.

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Une division qui se reflète jusque dans l’organisation

Les célébrations du 250e anniversaire sont également marquées par une certaine confusion organisationnelle. Deux organismes aux noms très similaires — America250 et Freedom 250 — sont responsables de plusieurs événements majeurs prévus dans le cadre des commémorations.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Cette situation alimente les interrogations et les controverses politiques. Freedom 250, créé par décret présidentiel sous l’administration Trump, fait notamment l’objet d’allégations de la part d’organismes de surveillance américains, qui soutiennent que l’administration aurait illégalement redirigé une partie importante des fonds accordés par le Congrès vers les activités de l’organisation, selon le média américain Wbal-TV.

De son côté, America250 a été créée par le Congrès en 2016 comme comité bipartite et se concentre principalement sur des activités historiques et éducatives à travers le pays.

Pour Guillaume Lavoie, membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, la coexistence de ces deux structures illustre la profonde fracture que traverse actuellement la société américaine.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

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« Si un peuple ne peut même pas se retrouver ensemble dans une seule organisation pour les célébrations de 250 ans d’histoire, peut-être ici que ce n’est pas une cause, mais plutôt un révélateur, une confirmation de l’extraordinaire division de la société américaine », a-t-il indiqué.

Selon lui, les États-Unis semblent avoir perdu le récit commun qui permettait autrefois de rassembler démocrates et républicains autour d’une même vision du pays. Il estime également que Donald Trump contribue à accentuer cette polarisation.

AFP
AFP

« La tristesse ici que c’est qu’habituellement, lorsqu’on exerce une position de leadership, on doit tout faire pour essayer d’atténuer les divisions, ne serait-ce que pour un moment. Et au contraire, ici, on a vu particulièrement de la Maison-Blanche actuelle une volonté d’utiliser, de catalyser, de profiter, d’instrumentaliser des divisions », a-t-il souligné.

Charles St-Maurice observe lui aussi cette réalité au quotidien.

« Être un Américain présentement, c’est divisé », a-t-il dit, tout en estimant que l’adhésion au mouvement MAGA semble graduellement s’essouffler.

« Les MAGA ont tellement pris d’oxygène dans le pays qu’on essaie de reprendre notre place tranquillement. Les drapeaux américains commencent à remonter », a-t-il ajouté.

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