«Persona non grata»: l'Équateur expulse l'ambassadeur de Cuba ainsi que le reste de la mission diplomatique

AFP
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L’Équateur a ordonné mercredi l’expulsion de l’ambassadeur de Cuba à Quito, Basilio Gutiérrez, lui donnant un délai de 48 heures pour quitter le pays avec l’ensemble de sa mission diplomatique, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
Sans détailler ses motivations, le ministère équatorien des Affaires étrangères a déclaré Basilio Gutiérrez « persona non grata » et a accordé « un délai de 48 heures (...) pour que l’ambassadeur et tous les fonctionnaires de cette mission diplomatique quittent le territoire national », selon un communiqué.
Le président équatorien Daniel Noboa est un proche allié dans la région du président américain Donald Trump, dont le gouvernement a durci les mesures de blocus contre Cuba. Mardi, Quito avait ordonné la fin des fonctions de son ambassadeur à La Havane.
Cuba a dénoncé « un acte inamical et sans précédent, qui porte gravement atteinte aux relations historiques d’amitié et de coopération entre les deux pays et les deux peuples », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« Il ne semble pas fortuit qu’il ait été décidé dans un contexte marqué par le renforcement de l’agression des États-Unis contre Cuba et par les fortes pressions exercées par le gouvernement de ce pays sur des États tiers pour qu’ils se joignent à cette politique », dénonce La Havane.
Une vingtaine de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade cubaine à Quito pour protester contre la décision du gouvernement équatorien, certains portant des fleurs, des pancartes ou des drapeaux.
« Cela m’a causé une immense indignation, une grande honte », a déclaré à l’AFP Maria Augusta Calle, ancienne ambassadrice de l’Équateur à Cuba.
Pour Vladimir Paguay, un avocat âgé de 51 ans, Daniel Noboa « suit les directives du gouvernement américain ».
Les États-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime à Cuba, appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, soumise depuis plusieurs semaines à un blocus énergétique de facto imposé par son puissant voisin.
Washington invoque la « menace exceptionnelle » que ferait peser sur la sécurité nationale américaine l’île communiste située à seulement 150 km des côtes de la Floride.