Célibataire depuis cinq ans, Pénélope McQuade vit «très bien» son célibat
Elle anime l’émission «Pénélope» sur ICI Première en semaine, de 9 h à 11 h 30.
Daniel Daignault
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On peut parler de retrouvailles entre Pénélope McQuade et moi, puisque je n’avais pas réalisé d’entrevue avec elle depuis que nous avons travaillé ensemble à Salut Bonjour week-end. C’était il y a plus de 15 ans! L’occasion était belle d’aborder différents thèmes, entre autres son succès, ses amours et le deuil.
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Pénélope, tu es célibataire depuis cinq ans. Comment vis-tu ça?
Je vis très bien avec ça, sinon je serais malheureuse depuis longtemps! De mes amies proches, trois sont célibataires et une seule est en couple. Depuis quelques années, je passe beaucoup plus de temps avec mon père, et j’avais beaucoup négligé mes amies de filles au profit de mes amours. J’ai entretenu mes amitiés, j’ai développé des amitiés profondes qui vont me rester probablement plus longtemps que mon prochain chum!
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Parlant de ton prochain chum, il semble que tu as décidé de tenter des expériences?
C’était la première fois de ma vie, cet été, que j’avais des dates sur des applications de rencontres. Ça ne m’était jamais arrivé auparavant. Je me suis dit qu’il fallait que j’explore ça un peu, à moins que je rencontre quelqu’un dans un café comme dans les films! Disons que les chances que ça arrive sont minces. Rendus à nos âges, on a fait le tour de nos cercles sociaux à plusieurs reprises, et dans mon milieu de travail, j’ai la même équipe stable. Même là, dans un cadre de travail, ce n’est pas évident.
Ç’a été concluant?
J’ai eu deux ou trois dates cet été, et je me rends compte que je n’ai pas de place pour ça dans ma vie. Tant que je vais faire mon émission à la radio, qui m’occupe six jours par semaine, je ne vois pas comment je pourrais caser, après 10 heures de travail, un souper ou une rencontre, et avoir de l’énergie. Mon émission est vraiment ultracostaude et je l’adore. Ça me remplit. Dans ma job, je suis stimulée par des invités incroyables, alors s’il faut que j’attende après un homme aussi stimulant que mes invités... Pauvres eux! Ce n’est pas leur rendre service! Maintenant, je suis plus ouverte à rencontrer quelqu’un, mais je peux te dire que les applications de rencontres, ce n’est pas pour moi.
Tu parlais de ton père tantôt. Comment va-t-il?
Il va super bien. Il a eu 82 ans le 16 août. Il a eu un gros été, parce que sa femme est violoniste pour l’Orchestre Métropolitain, et elle a fait toute la tournée des concerts dans les parcs avec Yannick Nézet-Séguin en Europe. Elle et mon père sont super bien ensemble. J’essaie de les convaincre de venir habiter dans mon bloc. J’avais acheté un condo à ma mère il y a à peu près six ans dans cet édifice. Pour l’instant, j’ai des locataires, mais j’aimerais que mon père vienne habiter dans ce condo avec sa blonde l’été prochain.
Ta mère est décédée depuis deux ans. Est-ce que son absence est encore lourde?
Oui, absolument. Durant l’année qui a suivi le deuil, j’ai beaucoup balayé mes émotions. Ce printemps, en mai, j’ai commencé à consulter une psy spécialisée en deuil. J’ai eu le ressac un an et demi après: j’avais des flashs, des images d’elle en souffrance lors de différents séjours à l’hôpital. J’avais de légers traumatismes de ses expériences des dernières années, j’avais de la misère à gérer tout ça et aussi à pleurer ma mère, à vivre le deuil en lui-même. En thérapie, il y a des choses qui se décoincent, donc il y a plus de place pour la peine. J’ai plus de peine, mais c’est moins douloureux. Au moins, je la vis, parce que quand on résiste à quelque chose, ça trouve des façons de sortir autrement. Je suis dans ce processus, j’accepte d’avoir de la peine, j’accepte de vivre le manque, moi qui n’ai pas beaucoup accepté de vivre le manque dans ma vie. Pourtant, j’en ai. Celui de ma mère, celui de ne pas avoir d’enfant – et pourtant, je l’accepte, de ne pas avoir d’enfant. Les manques reliés à la solitude font que j’essaie de profiter de mon père autant que possible, et mes amies sont devenues hyper importantes dans ma vie. J’ai plus de peine, mais paradoxalement, je ressens moins de lourdeur.
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Et maintenant, place à ton émission. Tu as déjà amorcé ta septième saison à ICI Première!
Oui, j’ai une équipe de recherche hallucinante. Ce sont des passionnés brillants qui me font paraître plus intelligente que je ne le suis. En même temps, ma grande curiosité est réelle. Même quand ce sont des sujets comme l’énergie nucléaire, je le sais que je suis à la même place que le public. Toutes les questions se posent. Je n’ai pas le syndrome de l’imposteur, parce que plus je fais des affaires, plus je sais qu’on ne sait rien. C’est un terrain de jeu extraordinaire pour moi. J’ai été cantonnée à la culture pendant longtemps, et je me sens très privilégiée d’avoir pu explorer autre chose. Des fois, on naît et on meurt sur un Polaroïd que le milieu ou le public a pris de nous, et on n’en sort pas. Cette émission-là, ça n’a juste pas de sens! Je peux faire une demi-heure sur la sexualité, où on se demande si frencher c’est tromper, et ensuite je fais une entrevue avec le lauréat du prix Nobel de l’économie! C’est vraiment un terrain de jeu sécuritaire de remises en question, de doutes. C’est paradoxal: je suis vraiment bien dans tout ça, mais jamais assise trop confortablement. J’aime ce créneau-là, je capote sur ma job!
En plus, le succès est au rendez-vous!
Écoute, quand on s’est ramassés numéro 2 derrière Paul Arcand, parmi toutes les émissions de Montréal, et devant Patrick Lagacé qui était l’après-midi, je capotais ma vie. La première fois je suis entrée dans le top 10, je capotais déjà ma vie. Quand tu te rends là, ça veut dire que tu tiens de quoi. Tu ne sais pas trop c’est quoi, mais tu tiens un fil avec les gens qui écoutent, tu es au diapason, tu as le goût des mêmes affaires, tu saisis de quoi ils ont envie d’entendre parler. C’est comme une espèce de chimie très particulière. Comparativement à la télé, on est plus dans l’intimité, dans les sujets qui touchent profondément les gens, comme les taux d’hypothèque, l’argent qu’ils ont dans leurs poches, le système d’éducation de leurs enfants. J’ai des conversations vraiment intéressantes avec toute sorte de monde dans la rue.
Est-ce que l’excitation est toujours là, quand on te donne un décompte avant d’entrer en ondes?
Oui, l’adrénaline est toujours là, et c’est très différent de la télé, où j’étais très traquée. C’était une adrénaline qui était un peu violente, tandis qu’à la radio, c’est plus une excitation et un désir de bien faire. J’ai du temps pour m’installer; c’est moins stressant que de tout faire en 8 minutes. J’ai 25, 27, 30 minutes parfois. C’est vraiment un rythme qui me convient très bien. Et quand le thème de l’émission part, il est là, mon kick d’adrénaline, parce que je vois les gens réagir, je vois les gens bouger dans leur auto, ils m’envoient des vidéos de leurs enfants qui dansent. Cette fois-ci, je suis un peu plus fébrile que les autres saisons, je ne sais pas pourquoi. Je suis un peu plus nerveuse, un peu «insécure». J’ai tellement envie de bien servir le public qui nous écoute, c’est ma grande préoccupation. Je pense que la radio peut permettre une plus grande palette d’émotions que la télé. On se déploie dans le cocon de notre studio de radio, on est branchés sur nos émotions, sur un invité qui pleure, qui se confie, sur les moments de silence. Ce sont des instants privilégiés pour l’auditeur. La radio provoque de grandes émotions. C’est fascinant.
Pénélope McQuade anime l’émission Pénélope sur ICI Première en semaine, de 9 h à 11 h 30.