Paul McCartney revient sur la mort de John Lennon : «Je ne l’ai toujours pas acceptée»
Le musicien s’est confié sur la fin du Fab Four et la perte tragique de John Lennon dans son nouveau livre


Raphaël Gendron-Martin
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Dans son nouveau livre Wings: The Story of a Band on the Run, Paul McCartney revient sur les années sombres qui ont suivi la séparation des Beatles et sur la mort de John Lennon, un drame qu’il dit ne jamais avoir réussi à accepter.
Pour Paul McCartney, la séparation des Beatles «a frappé comme une bombe atomique». «Quitter les Beatles — ou être quitté par les Beatles, selon le point de vue — a été très difficile, parce que c’était mon métier, ma vie. Quand tout s’est arrêté, je me suis demandé: "Mon Dieu, qu’est-ce qu’on fait maintenant?"»
À l’époque, McCartney était dépressif et submergé par les conflits personnels et juridiques. Une folle rumeur circulait même à l’effet qu’il était décédé et avait été remplacé... par un sosie.
«Maintenant qu’un demi-siècle a passé depuis ces années complètement folles, je commence à penser que ces rumeurs étaient peut-être plus justes qu’on ne le croyait à l’époque. D’une certaine façon, j’étais mort...», raconte-t-il dans le nouveau bouquin dont The Guardian a publié un long extrait.
L’horreur du décès de Lennon
Mais un autre événement allait profondément marquer l’ex-Beatle: la mort de John Lennon, le 8 décembre 1980, dix ans après la séparation du groupe. «C’était complètement fou, dit-il dans un autre extrait rapporté par Parade. Tout était flou. C’était comme pour l’assassinat de Kennedy. Le même moment d’horreur, tu sais. Tu ne pouvais pas le réaliser. Je ne l’ai toujours pas réalisé. Et je ne veux pas.»
Même si les Beatles étaient séparés depuis déjà dix ans, McCartney était resté en bons termes avec Lennon. «C’est une chose réconfortante pour moi, parce que je trouve triste que nous n’ayons jamais vraiment pris le temps de régler nos différends. Mais heureusement pour moi, la dernière conversation téléphonique que j’ai eue avec lui était vraiment belle, et il n’y a pas eu de dispute.»
Quand il a reçu l’appel de son gérant pour l’informer du meurtre de Lennon, McCartney est allé retrouver Ringo Starr et George Harrison. «On devait aller travailler, rester avec des gens qu’on connaissait. C’était insoutenable. On devait juste continuer. Alors je suis allé faire ma journée de travail, dans un état de choc.»
Une ferme de moutons en Écosse
C’est d’ailleurs pour fuir la pression et les projecteurs que McCartney avait décidé, dix ans plus tôt, de quitter le tourbillon de Londres pour aller se ressourcer en Écosse, avec sa femme Linda et ses deux jeunes enfants, Heather et Mary.
Même s’il n’était pas chaud à l’idée d’acheter une ferme de moutons sur les conseils de son comptable, il reconnaît aujourd’hui que cet isolement «était exactement ce dont nous avions besoin», après la fin des Beatles.
«Malgré la rudesse du climat, la campagne écossaise m’a offert le temps et l’espace pour créer. Pour la première fois depuis des années, je me sentais libre.»