Paul Maurice: «On va faire venir la CIA»


Jonathan Bernier
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EDMONTON | On dit que dans la vie, les choses peuvent changer vite. Mais à ce point?
Pendant huit jours, on a cessé de demander aux joueurs des Panthers comment ils vivaient le fait de n’être qu’à une victoire de la coupe Stanley. Puis, voilà qu’ils ne sont plus seuls dans cette situation.
Lundi soir, les Oilers pourraient devenir la première équipe depuis les Maple Leafs de 1942 à remporter la coupe Stanley après avoir perdu les trois premiers matchs de la finale.

On n'en serait peut-être pas là si Kris Knoblauch n’avait pas contesté le but d’Aleksander Barkov au début de la deuxième période. Un but qui serait survenu 10 secondes après le deuxième des Oilers.
« C’était 11 à 2 au chapitre des tirs pour eux. On avait besoin d’une étincelle pour partir. Ça nous en aurait donné une », a déclaré Paul Maurice.
À la suite de la décision des officiels, on a pu apercevoir un Maurice de fort mauvaise humeur. Disons qu’il n’est pas du genre à perdre son calme pour des peccadilles.
« J’étais furieux parce que d’après les images que j’avais à mes pieds [sur les écrans qui se trouvent au banc des joueurs], il n’y avait absolument rien de concluant », a-t-il expliqué.
Il a même failli en échapper sa gomme.
« Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de hors-jeu, mais jamais je n’aurais contesté ce but. Je ne sais pas quelles images avaient les Oilers et la ligue. On va faire venir la CIA et enquêter là-dessus», a-t-il ajouté, visiblement encore irrité par la situation.
Dans le camp des Oilers, évidemment, on était d’avis contraire.
« J’étais certain que les Panthers étaient hors-jeu, mais on ne sait jamais. C’était une décision importante et il a eu raison », a déclaré Draisaitl.
Vrai que par le passé, on a assisté quelques incongruités dans les décisions des officiels. Par contre, c’est surtout lorsqu’il est question d’obstruction sur le gardien. Habituellement, les révisions pour hors-jeu sont plutôt sans équivoques.
« Dans mon esprit, ce n’était même pas serré. J’allais contester sur le champ, mais on a eu un peu de temps pour le faire. Ma seule hésitation, c’était de savoir si la ligue avait les mêmes images que nous», a raconté Kris Knoblauch.
Skinner l'avait prédit
Les Oilers pourraient donc ramener la coupe Stanley au Canada pour la première fois en 31 ans.
«C’est incroyable. C’est la raison pour laquelle on a joué au hockey toute notre vie. On a tous rêvé d’une occasion comme celle-là», a déclaré Ryan Nugent-Hopkins, de retour au vestiaire après ce troisième gain consécutif.
Il y a quelque temps, Stuart Skinner avait indiqué que si une équipe pouvait réaliser cet exploit, c’était bien celle des Oilers. Il avait vu juste.
« C’est un sentiment fort que j’ai pour ce groupe depuis longtemps. C’est difficile à expliquer, a mentionné le gardien. J’ai toujours eu cette croyance. Quand j’ai dit ça l’autre jour, c’est quelque chose qui me semblait tout à fait normal. J’y crois encore aujourd’hui. »
« C’est une sacrée belle histoire, a lancé Leon Draisaitl. Mais l’objectif demeure de gagner. La prochaine victoire sera la plus difficile à aller chercher. On en est bien conscient. Mais je suis fier qu’on soit parvenu à se donner une chance [de gagner la coupe Stanley]. »
Avoir de pouvoir y arriver, Panthers et Oilers devront traverser le continent encore une fois. Une quatrième traversée en 12 jours. Une difficile séquence pour les membres des médias qui voyagent en classe économique, a fait remarquer un collègue.
«Je ne me sens pas mal pour vous», a rétorqué Draisaitl, dans un éclat de rire.
La pression sur les Panthers
Ça ne semblait pas possible, mais maintenant cette série ne tient qu’à une victoire. Dans ce rendez-vous de lundi, on peut s’attendre à ce que la pression soit du côté des Panthers. Maurice et ses troupiers ne voudront certainement pas passer à l’histoire pour les mauvaises raisons.
« C’est certain que, présentement, si vous entrez dans le vestiaire, vous ne verrez pas beaucoup de monde heureux. C’est normal. On vient d’encaisser une défaite. Ça fait mal», a lancé l’entraîneur-chef des Panthers.
« Tu liches tes plaies et tu commences à te reconstruire à partir de demain, a-t-il poursuivi. Ce que tu es ce soir n’a rien à voir avec ce que tu seras dans deux jours. »
C’est la grâce qu’on souhaite aux Panthers. Mais les Oilers sont sur une lancée qui semble inarrêtable.