Patrik Laine voulait abandonner le hockey: «J’étais tellement déprimé»
TVA Sports
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Patrik Laine a bien failli abandonner le hockey pour de bon. Lors d’une longue entrevue au populaire balado Spittin’ Chiclets, l’attaquant vedette s’est confié sur des discussions candides qu’il a eues avec son ancien directeur général chez les Blue Jackets de Columbus, Jarmo Kekalainen.
Ce n’est que l’an dernier que Laine a décidé que c’était assez et qu’il devait prendre une pause pour sa santé mentale. La vérité, c’est qu’il était tourmenté depuis un bout de temps.
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«Cette réflexion avait commencé l’été précédent. J’ai dit à Jarmo à quelques reprises: “C’est fini. Je ne reviendrai pas. Je ne jouerai plus.” J’aurais dû prendre la décision d’arrêter plus rapidement, en rétrospective. Ma situation s’est détériorée. Je n’étais plus fonctionnel. J’étais tellement déprimé.»
Le 28 janvier 2024, il s’est officiellement joint au programme d’aide de la Ligue nationale de hockey. À ce moment-ci, il ignorait s’il allait chausser ses patins à nouveau.
«Ce fut la décision la plus difficile que j’ai prise, de laisser tomber quelque chose que tu aimes. Tu as tout sacrifié pour être là et tu dois partir en raison de tes problèmes personnels. Je ne savais pas pour combien de temps je partais ou même si j’allais jouer à nouveau.»
Sans entrer trop dans les détails de sa vie privée, Laine a avoué qu’il était de nature pessimiste et qu’il pouvait facilement tomber dans une spirale négative.
«Je suis le gars qui regarde le verre à moitié vide, a-t-il confié. J’essaye de voir davantage le positif. C’est la vie. Des trucs malheureux vont survenir, mais ce qui importe, c’est comment tu réagis.»
Les médecins avaient conclu le pire
L’ancien Laine aurait eu bien de la difficulté à se remettre de la sérieuse blessure qu’il a subie durant le calendrier préparatoire et qui a brutalement freiné son élan alors qu’il voyait enfin la lumière au bout du tunnel. Heureusement, l’athlète est désormais mieux outillé pour surmonter ce genre d’épreuve.
Il peut s’estimer chanceux d’être revenu au jeu aussi rapidement cette saison. Parce que les médecins des Canadiens de Montréal, sur le coup, envisageaient le pire scénario.
«Je suis déjà passé sous le bistouri quatre fois pour le même genou, a révélé Laine. Dès que je me suis fait frapper, je savais que ce n’était pas bon. Le premier diagnostic allait dans ce sens. Les médecins ne me l’ont pas dit immédiatement dans le vestiaire, mais ils pensaient que le ligament croisé antérieur et le ligament collatéral médial [étaient foutus] et que ma saison était terminée.
«J’ai fini par aller voir un spécialiste à New York qui m’a fait comprendre que je pouvais m’en sortir sans opération avec un processus de réadaptation. Les probabilités étaient de mon côté.»
Il ressent plus que jamais l’amour des partisans des Canadiens. En fait, dès qu’il a touché à la rondelle lors du calendrier préparatoire, il avait été ovationné comme Guy Lafleur. Le principal intéressé n’y comprenait rien.
«Les partisans étaient fous, mais je n’avais rien fait. J’ai perdu la rondelle, mais ils m’ovationnaient pareil!»
Les jeux vidéo, un problème?
À l’époque où Laine jouait à Winnipeg, beaucoup de rumeurs ont circulé sur une prétendue dépendance aux jeux vidéo.
On racontait même qu’il demandait au préposé de l’équipement des Jets de lui acheter des télévisions sur la route.
«C’est n’importe quoi, a lancé Laine avec un sourire. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, c’est correct.»
Les jeux vidéo, précise Laine, n’étaient qu’un passe-temps qu’il partageait avec un autre jeune joueur de l’équipe, Nikolaj Ehlers, alors que les vétérans des Jets se rassemblaient pour aller souper et prendre un verre.
«Je ne voulais pas aller manger avec les gars plus vieux, alors nous restions à l’intérieur pour jouer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais quand j’étais plus jeune, mon anglais n’était pas aussi bon. J’avais 18 ans et j’étais inconfortable à l’idée d’aller souper avec les vétérans. Moi, mon truc, c’était le hockey.
«Aujourd’hui, avec le recul, j’encourage les jeunes joueurs de l’équipe à se joindre à nous.»
Jouer pour Tortorella
Laine est également revenu sur deux épisodes intéressants vécus en jouant sous les ordres de John Tortorella avec les Blue Jackets de Columbus.
La première rencontre entre les deux hommes fut, disons, intéressante.
«Il ne m’a même pas dit “allô”. Première chose qu’il me lance: “Ne fais pas de m*rde ce soir.” J’étais comme: “Euh, parfait.” C’était bizarre.»
Il a goûté à la médecine de Torts à nouveau lorsqu’un entraîneur adjoint des Blue Jackets a tenté une intervention avec sa tablette après un but encaissé par l’équipe.
«Je lui ai fait comprendre plus ou moins poliment qu’il pouvait déguerpir avec son iPad, a raconté Laine. Torts a entendu: “Ne parle plus jamais à mon adjoint de la sorte.” Et j’ai été cloué au banc pour le reste de la rencontre.»