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Patinage de vitesse longue piste: «Sans complaisance, on doit revoir nos programmes»

Photo STEVENS LEBLANC
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2025-02-25T22:17:40Z

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Si le projet se veut un succès populaire, l’ouverture du Centre de glaces en août 2021 n’a pas donné les résultats escomptés dans le développement de haut niveau du patinage de vitesse longue piste.

L’absence de Québécois au championnat mondial junior qui vient de se terminer témoigne fidèlement de la situation. «Sans complaisance, on doit revoir nos programmes dans l’optique d’atteindre notre objectif de compter 50 pour cent de patineurs québécois aux Jeux olympiques de 2034, a affirmé le directeur général de Patinage de vitesse Québec, Robert Dubreuil. On ne peut pas se dire que l’absence d’un Anneau pendant trois ans est la seule raison de ces résultats.»

Si Sylvain Bouchard a remporté un titre mondial chez les seniors sans passer par le championnat junior, il n’en demeure pas moins que c’est un rite de passage pour la grande majorité. En 2012, quand Laurent Dubreuil a remporté l’or au mondial junior au Japon sur 500m, le Québec comptait cinq patineurs parmi la délégation canadienne de dix athlètes.

«On doit donner un coup de barre et innover, a reconnu Dubreuil. Ce n’est pas mauvais ce qu’on fait, mais ce n’est pas assez. Le problème n’est pas unique au Québec comme on peut le voir ailleurs au Canada, mais on doit tout revoir en impliquant nos partenaires. On ne peut pas attendre un miracle.»

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Projet d’un camp hybride

Dans l’optique de dénicher de nouveaux talents et d’offrir de meilleures perspectives aux athlètes de courte piste, Patinage de vitesse Canada (PVC) souhaite tenir un camp hybride cet été si le budget est au rendez-vous.

Dubreuil voit d’un très bon œil cette initiative du directeur de la haute performance du volet courte piste de PVC, Marc Schryburt. «Ça ne réglerait pas tout, mais il est clair qu’on n’utilise pas le bassin du courte piste. Il s’agirait d’un pas dans la bonne direction.»

Laurent Dubreuil et Valérie Maltais ont remporté une médaille aux Jeux de Pékin en 2022 et ils représenteront encore un espoir de podium à Milan–Cortina, dans moins d’un an. Il faut aussi ajouter Antoine Gélinas-Beaulieu qui a remporté deux médailles dans les épreuves olympiques au dernier mondial et qui s’est accordé une saison sabbatique en raison d’ennuis de santé.

«Nous avons encore des leaders au sein de l’équipe canadienne en prévision des Jeux de 2026, mais deux d’entre eux sont âgés de 32 ans et Valérie a 34 ans, a souligné Dubreuil. Nous avons quelques jeunes en dessous, mais c’est tout.»

Travail en silo

La réalité au Québec est que le courte piste représente le vivier le plus important. «Les deux disciplines n’ont jamais travaillé ensemble, déplore Schryburt, qui est arrivé en poste en 2022. Tout le monde travaillait en silo et certains entraîneurs dans le passé empêchaient leurs athlètes de tenter l’expérience du longue piste.»

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«En instaurant ce programme hybride cet été, on souhaite combler le manque de patineurs en longue piste après les Jeux de 2026, de poursuivre le directeur de la haute performance. Je suis convaincu qu’il y a de la relève en longue piste dans nos programmes de courte piste.»

Les centres nationaux d’entraînement en courte piste pour la prochaine génération à Montréal, à Québec et à Calgary comptent 100 patineurs. La relève est solide, comme on a pu le voir en fin de semaine dernière à l’occasion de la Coupe du monde junior disputée à Québec.

«De ces 100 jeunes, combien feront l’équipe olympique? demande Schryburt en connaissant très bien la réponse. C’est du talent perdu parce que les places sont limitées [5 hommes et 5 femmes se qualifient pour les Jeux]. Ces camps hybrides permettraient à d’autres patineurs de se faufiler sur l’équipe olympique et d’amorcer une nouvelle carrière.»

Avant d’aller de l’avant avec ce projet, Schryburt en a discuté avec les différents intervenants du courte piste qui sont d’accord avec sa démarche. Trois questions sont ressorties. «Qu’est-ce qui arrive avec le patineur qui est en 11e place au Canada? Combien de ces jeunes se qualifieront pour les Jeux de 2030 et qu’est-ce qui arrivera aux autres?»

Dans le passé, des patineurs de courte piste ont fait la transition avec succès vers l’anneau de 400 mètres. Les médaillées olympiques Ivanie Blondin et Maltais, tout comme Gélinas-Beaulieu, sont de parfaits exemples.

«La transition a bien été, mais ce n’était pas fait de manière optimale et ce n’était pas encouragé, a souligné le chef des opérations de PVC, Joe Morissette. Il faut enlever les murs entre les deux disciplines et avoir une stratégie nationale avec l’espoir de découvrir de nouveaux talents.»

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