Patinage de vitesse courte piste: récolte monstre pour le Canada au championnat mondial


Richard Boutin
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Le Canada a fait tout un tabac au championnat mondial de patinage de vitesse courte piste en récoltant 10 médailles, le deuxième plus haut total de son histoire à égalité avec la récolte de 1996.
Après quatre médailles samedi, l’équipe canadienne a conclu dimanche le mondial présenté à Pékin en force en ajoutant six podiums. Les six médailles d’or constituent le meilleur résultat depuis les sept de 1994. La récolte de 1994 restera à jamais dans les annales, puisque le Canada avait remporté un impressionnant total de 17 médailles.

«Au moment de mon embauche, l’été dernier, je n’y aurais pas crû, si quelqu’un m’avait dit qu’on remporterait 10 médailles au championnat mondial, a mentionné l’entraîneur-chef Marc Gagnon. Je connaissais très bien le potentiel de l’équipe, mais il y a une pression supplémentaire, quand tu te pointes sur la ligne de départ d’un mondial, et encore plus grande aux Jeux olympiques. Tu n’as pas l’occasion de te reprendre, comme c’est le cas sur le circuit mondial. Avec notre globe de cristal, les attentes étaient grandes, et tout le monde voulait nous battre.»
Un record olympique?
Gagnon croit que le Canada peut poursuivre sur cette lancée à moins d’un an des Jeux de Milan-Cortina. «Je ne sais pas si cela va arriver, mais nous avons le potentiel de gagner le plus grand nombre de médailles de l’histoire du Canada en courte piste aux Jeux, a déclaré l’ancien patineur vedette. Quand tu gagnes, ce n’est pas si facile de rester au sommet. Si on ne continue pas de progresser, on va être rejoint. Mais je ne suis pas super inquiet en raison de la bonne attitude des patineurs.»
Le Canada a remporté six médailles en courte piste à Salt Lake City en 2002, ce qui représente encore aujourd’hui son sommet.
Fin de semaine de rêve pour Steven Dubois
Triple médaillé des Jeux de Pékin en 2022, Steven Dubois s’est illustré de nouveau dans la capitale chinoise. L’athlète de 27 ans a remporté pas moins de quatre médailles d’or, lui qui patinait toujours après son premier titre mondial avant de se pointer à Pékin. Il a remporté l’or au 500 m, au 1000 m, aux relais masculin et mixte.

«C’est un week-end extraordinaire, et je ne pourrais pas demander mieux avec quatre médailles d’or en quatre courses, a-t-il mentionné. Je suis vraiment content d’avoir gagné mon premier titre mondial. J’ai gagné le globe de cristal sur 500 m et j’avais confiance de faire la même chose au mondial, mais mon plus grand exploit est d’avoir battu William [Dandjinou] au 1000 m. C’est ce qui me rend le plus fier parce que devancer Will est tout un exploit en soi. On espérait de bons résultats, mais c’est irréel d’avoir gagné littéralement partout.»
Un duel propre au 1000 m
Cette finale du 1000 m, où Dubois s’est imposé par des poussières devant son ami, a ravi les deux patineurs pour une raison bien précise. Dans un sport où les collisions sont nombreuses tout comme les disqualifications, tout s’est déroulé dans les règles de l’art dans le duel au sommet entre les deux Québécois.
«Je suis tellement content que la course ait été propre, a expliqué Dubois. Will aurait pu me bloquer ou me ralentir, quand j’ai effectué mon dépassement. Moi aussi, j’aurais pu le ralentir à certains moments. On avait mis ça clair avant la course qu’on ne voulait pas se nuire. Will a effectué tout un retour, et ça s’est joué par des millimètres.»
Dandjinou abondait dans le même sens. «On voulait tous les deux gagner, et nous avons tout donné, mais dans le respect de l’autre. Je savais que Steven était le gars à battre, et l’inverse [était] aussi vrai. C’est ce qui est le plus beau de nos succès, c’est qu’on s’appuie l’un et l’autre. Dans le passé, j’ai vu Steven et Pascal Dion rivaliser de façon propre et je voulais qu’on fasse la même chose.»
Dandjinou a aussi brillé avec trois médailles d’or (1500 m, relais masculin et mixte) et deux d’argent (500 m et 1000 m). Il est monté sur le podium à chaque épreuve.
L’équipe canadienne prévoit-elle célébrer en grand ses succès? «Nous allons visiter la muraille de Chine lundi, ce que je n’ai jamais pu faire dans le passé, a indiqué Dubois. Et ça rendrait l’expérience moins agréable, si j’étais malade dans le bus après avoir pris une brosse la veille.»