Tous les résultats
Publicité

Pas gâtés, les Américains, ces jours-ci!

Échec à l’élection présidentielle de 2024: le parti démocrate reproche notamment à la campagne de Kamala Harris de ne pas avoir su prendre ses distances de la présidence Biden.
Échec à l’élection présidentielle de 2024: le parti démocrate reproche notamment à la campagne de Kamala Harris de ne pas avoir su prendre ses distances de la présidence Biden. Richard Latendresse
Photo portrait de Richard Latendresse

Richard Latendresse

2026-05-22T19:30:00Z

Partager

Il faut être drôlement passionné pour trouver de l’inspiration dans la politique américaine. Donald Trump poursuit sa campagne de vengeance à l’égard de ceux qui ont osé lui tenir tête. Et ses adversaires démocrates ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la cause de leur défaite à l’élection présidentielle de 2024.

Donald Trump avait promis à ses partisans durant la campagne présidentielle qu’il allait être leur «retribution», leur châtiment, pour les torts présumés qu’ils auraient subis... qui étaient surtout, en réalité, ses propres démêlés avec la justice.

Il a massivement étendu sa grâce présidentielle aux émeutiers du 6 janvier 2021. Il a fait annuler les enquêtes fédérales qui le visaient directement, notamment sur sa gestion dangereuse de documents classifiés à Mar-a-Lago et ses tentatives d’inverser les résultats de l’élection de 2020.

UNE PRÉSIDENCE ALIMENTÉE PAR LE RESSENTIMENT

La hargne de Donald Trump n’a toutefois rien d’idéologique. Tout est personnel. Il a activement contribué à la défaite de Bill Cassidy lors de la primaire du Parti républicain en Louisiane. Le sénateur conservateur avait eu l’audace de voter pour la condamnation de Trump lors du second procès en destitution de ce dernier.

Il a tourné le dos à un autre leader républicain – John Cornyn, sénateur du Texas – à qui il reprochait de ne pas avoir été « à ses côtés quand les temps étaient durs ». Cornyn avait tardé avant de soutenir sa candidature en 2024.

Publicité

Après sept victoires consécutives, le représentant républicain du Kentucky, Thomas Massie, a lui aussi été battu cette semaine à la primaire de son parti. Le président Trump, l’ayant qualifié de « crétin déloyal », désapprouvait ses votes à contre-courant des directives de la Maison-Blanche.

Par conséquent, à force de braquer des élus républicains qui n’ont plus aucune raison de se rallier à lui, Trump complique maintenant l’adoption de ses propres priorités.

L’OPPOSITION DÉMOCRATE SE CHERCHE TOUJOURS

Ce qui reste remarquable, c’est l’incapacité persistante des démocrates à profiter des dérapages du président. Dix-huit mois plus tard, ils en sont encore à s’entre-déchirer sur les responsabilités de leur échec à l’élection présidentielle de 2024.

Dans un brouillon de bilan interne, finalement dévoilé cette semaine, on reproche notamment à la campagne de Kamala Harris de ne pas avoir su la mettre en valeur et de ne pas avoir suffisamment pris ses distances avec la présidence Biden.

Parallèlement, le rapport évoque une « grave erreur d’analyse », celle d’avoir cru que les électeurs étaient déjà pleinement conscients des faiblesses de Trump.

Le plus étonnant, c’est ce que le rapport évite soigneusement d’aborder, soit la décision initiale de renommer Joe Biden, malgré des signes évidents de déclin physique et mental.

Cette « autopsie » de campagne ressemble moins à un véritable examen de conscience qu’à une opération de déni. Trump règle ses comptes, certes, mais les démocrates font de même de leur côté. Et ils offrent, du même coup, à Trump ce qu’il espérait le plus : une opposition confuse, divisée et affaiblie.

Publicité
Publicité