À six jours du scrutin, François Legault promet de travailler de concert avec tous les autres partis d’opposition s’il est réélu premier ministre. Mais il refuse toujours de réformer le mode de scrutin.
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Selon le plus récent sondage Léger réalisé pour le compte du Journal, la CAQ se dirige vers un gouvernement majoritaire, malgré une lente descente dans les intentions de vote depuis un mois. Mais surtout, la lutte est serrée pour le poste de chef de l’opposition officielle.
«C’est sûr que je me vois quand même un rôle, si je suis élu comme premier ministre le 3 octobre, de rassembler, de travailler avec les oppositions. Il y a des bonnes idées, entre autres sur l’environnement, sur la protection du français, donc je veux travailler avec les oppositions et c’est ça que les Québécois souhaitent, qu’on travaille ensembles», a affirmé mardi le chef caquiste, de passage en Gaspésie.
François Legault reste toutefois vague sur la forme que prendrait une telle collaboration. Est-ce que les projets de loi de l’opposition pourraient être appelés par le gouvernement pour être étudiés? Le premier ministre sortant ne s’y est pas engagé.
«Je pense que je suis quelqu’un qui est à l’écoute, et comme je l’ai déjà dit souvent, la pandémie, ça m’a rendu plus humble que jamais», a-t-il insisté.
Avec cinq grandes formations politiques qui se disputent l’élection, il pourrait y avoir une certaine distorsion dans la distribution des sièges au Parlement. Malgré un pourcentage d’appuis relativement élevé, certains partis risquent de ne faire élire qu’une poignée de députés.
N’empêche, le chef de la CAQ rejette l’idée de réformer le mode de scrutin pour une proportionnelle.
«Ce n’est pas une priorité pour les Québécois. Avec la pandémie, avec ce qu’on a à faire en Santé, en Économie, en Éducation, ce n’est pas une priorité pour les Québécois», dit-il.
Pourtant, François Legault s’était engagé à réformer le mode de scrutin en 2018. Une promesse qu’il a laissé tomber depuis.
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GND accepte sa main tendue
Invité à réagir, le chef parlementaire sortant de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a noté qu’au cours des quatre dernières années, «François Legault n’a pas démontré [...] de volonté de travailler avec les autres partis politiques sur la question de l’environnement».
«Je trouve ça dommage. Aujourd’hui en campagne électorale il nous promet qu’il va le faire, et moi j’accepte sa main tendue», a signalé le porte-parole solidaire.
«Je lui dis: peu importe qui est au gouvernement le 3 octobre, peu importe que ce gouvernement soit majoritaire ou minoritaire, peu importe que Québec solidaire soit au gouvernement ou dans l’opposition, et si nous on est l’opposition officielle, nous on va travailler avec tout le monde qui va vouloir qu’on lutte plus fort contre les changements climatiques, et on va s’opposer à toute décision qui nous fait reculer dans notre lutte pour les changements climatiques», a-t-il prévenu.
Quant aux résultats du dernier sondage Léger, Gabriel Nadeau-Dubois considère que Québec solidaire demeure la meilleure option pour « freiner » François Legault et sa « folie du 3e lien ».
Questionné sur l’impact qu’aura le désistement de sa candidate Marie-Eve Rancourt, dans Camille-Laurin, le porte-parole de QS refuse de dicter la marche à suivre pour les électeurs qui prévoyaient voter pour son parti.
«C’est malheureux, c’est le moins qu’on puisse dire, mais nous on ne donnera pas de directive de vote pour les électeurs de Camille-Laurin. Moi, je fais confiance à l’intelligence des électeurs, je les laisse faire leur choix pour le 3 octobre», a-t-il laissé tomber.
Pas la bonne question
Le chef péquiste s’est dit prêt à collaborer «sur les questions qui font avancer le Québec». Il admet que «tous les partis ont de bonnes idées», même celui de François Legault. «Mais, ce n’est pas ça la question», dit-il, détournant le sujet afin de critiquer la résignation de François Legault sur plusieurs enjeux.
«Ce que nous propose la CAQ c’est une résignation sur plein de questions fondamentales comme les changements climatiques et l’avenir du français et le statut national du Québec dans le monde», a-t-il mentionné.
Des compromis
Éric Duhaime s’est montré ouvert à la proposition de collaboration faite par le premier ministre Legault aux oppositions.
«Moi je suis prêt à travailler avec tout le monde si c’est pour faire avancer les intérêts du Québec, a fait savoir le chef conservateur. Je ne suis pas toujours idéologiquement d’accord avec tout le monde puis il y a des gens qui ne sont pas toujours d’accord avec moi. Mais, cela étant dit, ultimement, on sert la même population.»
D’après lui, «en politique, il faut être capable de faire des compromis et de mettre de l’eau dans son vin».
- avec la collaboration de Marc-André Gagnon et Nicolas Lachance, Bureau parlementaire et Taïeb Moalla, Journal de Québec