Pas d’amour prévu entre le Danemark et les États-Unis au hockey
Les tensions géopolitiques alimentées par les visées expansionnistes de Donald Trump pimenteront le deuxième match du tournoi olympique des deux équipes


François-David Rouleau
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MILAN | Les projecteurs seront braqués sur un duel inégal qui n’aurait jamais attiré d’attention sans le contexte géopolitique mondial actuel. Le soir de la Saint-Valentin, les Danois ont rendez-vous avec les Américains à l’aréna Santagiulia de Milan.
Il y a maintenant cinq semaines que le président Donald Trump a causé la commotion en menaçant d’annexer le Groenland, cette gigantesque île arctique de 57 000 habitants qui se veut officiellement un territoire autonome du Danemark depuis 1953.
Ses idées ont depuis refroidi de façon glaciale les liens entre la Maison-Blanche et l’Union européenne, dont les membres se sont rangés derrière le Danemark. Devant ce ralliement pour la protection du territoire, Trump avait ensuite menacé les pays d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires.
Jusque dans le vestiaire
C’est dans ce contexte que les deux équipes s’affronteront sur la patinoire olympique de Milan pour un tête-à-tête sportif à saveur politique. Le soir de la fête de l’amour en prime. Le sort en a ironiquement décidé ainsi durant la ronde préliminaire.

Selon un reportage du collègue américain Mark Lazarus, du site The Athletics, les enjeux géopolitiques de ce match se sont faufilés dans le vestiaire du Danemark. S’ils attirent l’attention dans leur pays, ils soulèvent des questions entre les murs de leur quartier général, a raconté l’ancien du Canadien Lars Eller.
Bien que les Danois se concentrent sur l’immense défi qui se dresse devant eux sur la glace, alors qu’ils n’ont pas vaincu les Américains sur la scène du hockey international depuis 16 ans, ils sont conscients des tensions politiques et internationales.
Des souvenirs de la Confrontation
Il y a tout juste un an, le Canada était plongé dans le même contexte lors de la Confrontation des 4 nations, disputée à Montréal et à Boston.
Fraîchement revenu au pouvoir, Donald Trump avait frappé le Canada de lourds tarifs douaniers, comme une centaine d’autres pays du globe. À cela s’ajoutaient ses allusions répétées à faire du Canada le 51e État américain.

On se souvient alors des débordements. Le Star-Spangled Banner avait été hué dans les arénas et sur la glace, le baril de poudre avait explosé deux fois plutôt qu’une entre les deux équipes. Les 10 premières secondes de la finale avaient été ponctuées de trois bagarres.

Le scénario sera toutefois différent à Milan, car les bagarres sont interdites sous les règles de la Fédération internationale de hockey sur glace. Les Danois devront trouver une autre stratégie que la robustesse excessive pour vaincre les puissants Américains, qui évoluent tous dans la LNH.
Lars et sa bande
Dans ce duel digne de David contre Goliath, Eller est flanqué de Nikolaj Ehlers, d’Oliver Bjorkstrand et de Frederik Andersen comme unique porte-couleurs d’une équipe de la LNH.
Depuis 2003, le Danemark a gagné deux des 10 duels sur la scène internationale. Sa dernière victoire remonte à mai 2010 tandis que sa plus récente défaite date de mai dernier.
Cette fiche largement déficitaire pourrait expliquer à elle seule l’absence d’amour pour l’ennemi américain. Les menaces de Donald Trump sur le sort du Groenland à la mi-janvier ont amené ce match, qui serait jadis passé inaperçu, à l’avant-scène olympique.
