Partenaires recherchés pour ramener les Nordiques: «La LNH va écouter si tu montes un groupe solide»


Stéphane Cadorette
Partager
Pierre Karl Péladeau s’est dit ouvertement intéressé à ce que des partenaires financiers se joignent à Québecor dans la tentative de ramener les Nordiques. Un expert économique montréalais qui a déjà été impliqué auprès de la LNH croit que la ligue ne tendra l’oreille que s’il y a un groupe solide en place.
• À lire aussi: Retour des Nordiques: Pierre Karl Péladeau prêt à trouver des partenaires
La semaine dernière, le premier ministre François Legault lançait le bal en mentionnant à Paul Arcand au 98,5 qu’il était temps que Québecor présente une offre sérieuse à la LNH.
De passage à son tour au micro de l’animateur lundi matin, le président et chef de la direction de Québecor a indiqué qu’il lui faudrait effectivement des partenaires pour répondre à l’augmentation exponentielle de la valeur des franchises de la LNH.
Dans le même souffle, il a toutefois spécifié qu’il était difficile de dénicher les bons investisseurs sans une plus grande ouverture de la ligue.
«Ça [m']arrive de parler de ça avec ceux et celles que je rencontre. Parfois, malheureusement, c’est la poule et l’œuf. Il y aura un intérêt seulement si une équipe devient éventuellement disponible. Les gens ont autre chose à faire que de parler pour ne rien dire. Donc, y a-t-il des signaux clairs envoyés par la ligue? Pour l’instant, je ne pense pas qu’on puisse conclure qu’il y en a», a laissé entendre M. Péladeau.
Pas d’écoute sans montage solide
Pour tenter de voir plus clair dans cette valse, Le Journal s’est entretenu avec Drew Dorweiler, financier de Montréal et expert en évaluation d’entreprises, qui est spécialisé en franchises sportives.
Il a travaillé de près avec la Ligue nationale jusqu’à récemment, puisqu’il a fait partie d’un groupe qui a évalué la possibilité d’amener une équipe à Houston.
À ses yeux, le premier ministre a raison sur un point fondamental. Pour avoir l’oreille du commissaire Gary Bettman, il faut avant toute chose se pointer dans son bureau avec un montage solide.
«Je ne suis pas d’accord avec l’approche d’attendre un signal clair avant de rassembler des partenaires. D’après mon expérience, c’est le contraire», a-t-il tranché.
«Ce qu’il faut faire, c’est de monter un groupe d’investisseurs en privé pour ensuite présenter le tout à la LNH. Si ça se passe de cette façon, tu vas être pris au sérieux. La LNH va écouter si tu montes un groupe solide», a-t-il assuré.

Québec toujours en lice?
Difficile, cependant, de nier l’affirmation de PKP voulant que le degré d’enthousiasme de la LNH à l’égard de Québec semble plutôt bas.
Encore là, Drew Dorweiler ne s’en formalise pas et croit qu’avec des partenaires crédibles, Québecor peut encore aller de l’avant.
«Ce sera toujours un défi, mais si M. Péladeau trouve des partenaires, le projet demeure réaliste. Les firmes de fonds de placements privés investissent beaucoup récemment dans le sport. Si j’étais lui, c’est à ces gens que je parlerais parce qu’ils sont ouverts à sortir des chèques», a-t-il suggéré.
Une ligue à 36 équipes?
Maintenant que le dossier des Coyotes est réglé avec le déménagement vers Salt Lake City, M. Dorweiler considère que la fenêtre de Québec est toujours ouverte.
Comme d’autres l’ont mentionné avant lui, il ne s’étonnerait pas qu’il y ait différentes vagues d’expansion pour que la LNH passe éventuellement à 36 équipes.
«Le nombre qui circule partout, c’est 36. Il ne vient pas directement de mes contacts dans la ligue, mais c’est assez connu et ça a du sens.
«Je suis plus optimiste en ce moment que je ne l’ai jamais été auparavant pour les petits marchés comme Québec. Le focus de Bettman a toujours été dans le Sud des États-Unis, mais il ne sera pas en poste encore des années. Que son successeur soit Bill Daly ou peu importe qui, je pense qu’il sera plus favorable à l’idée de retourner dans des marchés traditionnellement forts», estime-t-il.
Combien faudra-t-il débourser, cependant, si un tel plan à 36 équipes devait vraiment se réaliser? Le groupe de Ryan Smith à Salt Lake City vient de signer un chèque de 1,2 milliard pour les Coyotes et la valeur de 21 des 32 équipes a franchi la barre du milliard.
On ne parle plus d’investisseurs aux poches profondes, mais aux poches gargantuesques.
Les franchises de la LNH qui valent plus d’un milliard
* Source: Forbes (décembre 2023)
- Maple Leafs de Toronto (2,8 milliards)
- Rangers de New York (2,65 milliards)
- Canadiens de Montréal (2,3 milliards)
- Kings de Los Angeles (2 milliards)
- Bruins de Boston (1,9 milliard)
- Blackhawks de Chicago (1,88 milliard)
- Oilers d’Edmonton (1,85 milliard)
- Flyers de Philadelphie (1,65 milliard)
- Capitals de Washington (1,6 milliard)
- Islanders de New York (1,55 milliard)
- Devils du New Jersey (1,45 milliard)
- Canucks de Vancouver (1,32 milliard)
- Lightning de Tampa Bay (1,25 milliard)
- Kraken de Seattle (1,23 milliard)
- Red Wings de Detroit (1,2 milliard)
- Penguins de Pittsburgh (1,18 milliard)
- Avalanche du Colorado (1,15 milliard)
- Golden Knights de Vegas (1,13 milliard)
- Flames de Calgary (1,1 milliard)
- Stars de Dallas (1,08 milliard)
- Wild du Minnesota (1,05 milliard)
* Les Coyotes de l’Arizona, évalués à 500 millions au bas de l’échelle de la valeur des franchises, ont été vendus à un groupe de Salt Lake City pour 1,2 milliard.
Les villes intéressées à une équipe d’expansion
* Selon le commissaire Gary Bettman
- Québec
- Houston
- Atlanta
- Kansas City
- Cincinnati
- Omaha