Paris juge «inacceptables» les menaces de taxes américaines sur les vins «pour influencer sa politique étrangère»

AFP
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Les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français sont «inacceptables» et «inefficaces», a réagi mardi l'entourage d'Emmanuel Macron auprès de l'AFP.
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«Comme nous l’avons toujours souligné, les menaces tarifaires pour influencer notre politique étrangère sont inacceptables et inefficaces», a indiqué cet entourage.
Les menaces de Donald Trump font suite au refus d'Emmanuel Macron de rejoindre son «Conseil de paix», un projet encore flou du président américain qui semble vouloir créer une sorte d'alternative à l'ONU.
«C'est une menace, à ce stade, inadmissible, d'une brutalité inouïe et évidemment, qui ne peut pas rester sans réaction non seulement de la part de la France, mais de la part de l'Union européenne tout entière», a réagi de son côté la ministre de l'Agriculture Annie Genevard sur TF1.
«C'est choquant parce que c'est brutal, c'est fait pour faire plier, c'est un outil de chantage», a-t-elle ajouté, déplorant que cette menace «cible un secteur particulier qui est celui de la viticulture» qui «connaît des difficultés et qui est un fleuron de l'agriculture française».
La France est la première puissance agricole européenne et l'un des principaux pays producteurs de vin dans le monde, avec l'Italie. Les États-Unis sont le premier marché à l'export pour la France, qui assure à elle seule la moitié des exportations de vin de l'Union européenne.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
En 2024, la France a exporté 2,4 milliards d'euros de vin et 1,5 milliard de spiritueux aux États-Unis (environ 25% de ses exportations).
«La menace n’est pas œuvre de diplomatie, au bout d'un moment, se comporter de la même manière quel que soit votre interlocuteur interroge (sur le fait) de savoir quelle est la ligne diplomatique des Américains», a relevé Sébastien Martin, ministre délégué à l'Industrie, sur Public Sénat, estimant que cette attitude «incite encore plus l'Europe à réagir».
Les réactions sont à l'unisson, jusque dans les rangs de l'opposition.
«Emmanuel Macron a tout à fait raison de refuser de se joindre à ce Conseil de la paix qui est une manière pour Trump de finir de décrédibiliser la seule organisation qui est légitime à faire cela, c'est-à-dire l'Organisation des Nations unies», a déclaré la cheffe des députés LFI Mathilde Panot, sur France info.
«Il est inadmissible que nous cédions devant le président étasunien et je le dis, capituler devant Trump, céder devant Trump ne sert à rien. Il faut donc tenir bon et aider les producteurs de vin et de champagne s'il le faut», a-t-elle ajouté.
De son côté, le premier syndicat agricole français, la FNSEA a appelé l'Europe à arrêter de «subir ces bras de fer» avec Donald Trump, qui «est en train de détruire une partie de l'économie mondiale pour régner», a dit son secrétaire général Hervé Lapie sur Europe 1.